29 mai 2007

Oeuvrer pour le rapprocherment interculturel

La semaine passée, le sociologue flamand Jan Hertogen a réussi un beau coup médiatique en publiant des données mises à jour concernant l'évolution des populations d'origine étrangères en Belgique. Sur base de statistiques liées à la nationalité et à la naturalisation arrêtées au 1er janvier 2006, Jan Hertogen démontre que les Marocains sont devenus quantitativement le premier groupe issu de l'immigration en Belgique (1). La presse en a abondamment parlé tout au long de la semaine et cela n'a pas manqué d'alimenter les discussions du café du commerce.

Fort présent sur le terrain pour ma campagne électorale, je ne compte plus le nombre de personnes qui m'ont interpellé sur le sujet. Beaucoup de Belgo-Marocains y ont vu le signe annonciateur d'une reconnaissance par le nombre. Un peu comme s'ils venaient de remporter une victoire en demi-fond. A tort ! Les choses ne fonctionnent malheureusement pas tout à fait de la sorte. La reconnaissance et le respect mutuels ne se conquièrent pas par un quelconque effet de masse, mais bien plutôt par une action politique structurée.













Pour moi qui suis biographiquement ancré dans l'immigration marocaine, ce moment singulier où se croisent les courbes statistiques des populations d'origine italienne et marocaine me fait surtout penser que ces deux 'communautés' ont partagé bien des choses dans leur histoire. C'est une belle occasion pour moi de dire combien ont été importantes les rencontres entre Belges, Italiens et Marocains à Liège et en Wallonie. On pourrait en parler longuement en ce qui concerne le combat syndical. Les Italiens étant les premiers à qui la Belgique a fait appel après-guerre, ils ont ouvert de nombreuses portes aux travailleurs étrangers qui leur ont succédé.

J'ai personnellement un souvenir fort précis de mes contacts avec l'immigration italienne. J'ai eu la chance de pronconcer l'an dernier un discours d'hommage à l'immigration italienne lors d'une séance thématique du Conseil provincial de Liège à l'occasion des 60 ans de l'accord bilatéral belgo-italien de 1946. Pas plus tard que dimanche passé sur le marché de la Batte, j'ai été chaleureusement interpellé en italien par un militant qui croyait reconnaître en moi un Buscetta napolitain.

En réalité, dès mon plus jeune âge, dès l'école communale, j'ai été bercé dans ce creuset interculturel liégeois où les Italiens étaient fort nombreux. Du fonds des années septante, je garde en mémoire l'image de la maman de mon camarade de classe Vito expliquant à ma mère un mercredi après-midi après l'école, et dans un sabir auquel seul les immigrés peuvent donner sens, le secret de la confection artisanale des pâtes. De mes humanités, je garde une amitié intacte pour mon ami Gianni. Je me suis retrouvé plus tard à la tête d'un club de volley-ball après avoir été initié par mon ami Ignazio (dit Noutcho) à toutes les subtilités du rôle de responsable d'un club sportif. Et je n'en dirai pas plus sur le rôle importantissime de mon actuel patron et ami Marco qui, dès 1993, a contribué décisivement à ce que j'embrasse la carrière de chercheur à l'université.

Engagé aujourd'hui en politique, j'ai l'immense bonheur de figurer sur une liste qui compte des candidats Belges dont les parents italiens furent un jour accueilli à 'bras ouverts' par la Belgique. C'est le cas notamment de Christie Morreale et de Marc Tarabella. J'ai une sympathie profonde pour le travail qu'ils effectuent et j'espère qu'ils réaliseront un beau résultat le 10 juin prochain. Ceci dit, comme le montre cette photo que je viens de recevoir dans ma boîte email, il est des circonstances où les rapprochements interculturels peuvent être fort surprenants... (2)












(1) Ces données sont présentées sur son site Internet: www.npdata.be
(2) Vous reconnaîtrez à l'image mon ami Alain Declerck, un artiste liégeois qui oeuvre non seulement au rapprochement interculturel mais à la paix dans le monde. Son oeuvre d'art 'La Porte de la Paix' en faveur de la paix entre Israéliens et Palestiniens sera inaugurée au Rond Point Schuman le 4 juin prochain. Soyez nombreux à soutenir son appel en cliquant ici

21 mai 2007

50 personnalités qui font bouger Liège

Le Vif L'Express publie cette semaine une série de 50 portraits de Liégeois qui font bouger la ville et me fait l'honneur d'une mention. Avec le recteur Bernard Rentier, le Prof Bernadette Merenne-Schoumaker, le Prof. Jean Michel Foidart, le Dr Pierre Verjans, le Prof G.Hennen et moi-même, l'université de Liège est particulièrement bien représentée dans cette galerie. Ce résultat me conforte dans l'idée que c'est dans un partenariat renforcé entre université et pouvoirs publics locaux qu'on doit plus que jamais envisager la reconversion de la ville et de la région. Si les observateurs notent les frémissements d'une reprise économique, mon collègue Pierre Verjans rappelle toutefois dans son entretien qu'on ne parvient pas suffisamment à rassembler les énergies.


Seul petit bémol à l'égard de ce dossier, on n'explique pas vraiment ce qui a servi de fil rouge à la sélection de ces personnalités. Difficile par exemple d'expliquer l'omission de certaines éminences du monde politique, économique, médiatique et culturel qui font effectivement bouger Liège au quotidien. Mais bon, je ne voudrais pas être cabotin et je ne boude pas mon plaisir de me retrouver dans cette liste de personnalités au service de leur ville.



16 mai 2007

Résurrection?

Après mon activité de lancement de campagne au Père Lachaise, certains d'entre vous se sont inquiétés de ne plus avoir de nouvelles de moi sur ce blog. Je vous rassure, ce lancement de campagne ne fut pas un enterrement. Bien au contraire, ce fut une belle réussite. Et je tiens à remercier ici tous ceux qui se sont déplacés pour me témoigner leur soutien.

Il se trouve que depuis quatre semaines, les activités s'enchaînent à un rythme soutenu. Je n'ai plus une seconde à moi. Entre mes cours à l'université, les examens, mes recherches, la campagne après les heures de boulot et la famille tard le soir, il ne me reste littéralement plus rien comme temps libre. Pas même le temps de vous rédiger un petit billet alors que le nombre de visiteurs de ce blog s'est fortement accru depuis l'annonce de ma candidature.

Comment les choses s'annoncent-elles? Eh bien, plutôt pas mal. Comme d'habitude, j'ai réuni autour de moi une petite équipe qui s'est directement mise au travail. Et en quelques semaines, le boulot que nous avons abattu est considérable. Je tiens d'ailleurs à remercier sincèrement tous ceux qui nous ont déjà apporté leur concours.

Ce qui nous attend n'est pas moins exigeant. Faire campagne à l'échelle d'une province comme Liège nécessite en effet une sacrée dose d'investissement, de discipline et d'organisation. Il faut dire aussi que cette expérience est fort différente de celle d'une élection communale où tout se joue dans la proximité et le relationnel.

Politiquement parlant, le PS présente une liste solide avec d'excellents candidats. Si les rapports de force restent en l'état, ce ne sera pas facile de se faire une place au soleil. Le PS a aujourd'hui six élus sur quinze en province de Liège. Il se bat néanmoins pour décrocher un septième siège. Dans le climat de l'après victoire de Sarkozy à l'élection présidentielle française avec sa volonté affichée de tourner le dos à l'héritage de mai 68, restons donc réaliste et faisons advenir l'impossible.