29 mars 2009

La liste du PS pour les élections européennes du 7 juin 2009: analyse et commentaires








Ce matin, le président du PS, Elio Di Rupo, a dévoilé la liste du PS pour les élections du Parlement européen du 7 juin 2009. Je vous la livre avec quelques commentaires:

Jean-Claude MARCOURT, Premier effectif
Véronique DE KEYSER, 2ème effective
Christiane VIENNE, 3ème effective
Patrick MORIAU, 4ème effectif
Frédéric DAERDEN, 5ème effectif
Valérie DEOM, 6ème effective
Fadila LAANAN, 7ème effective
Philippe COURARD, 8 ème effectif

Marc TARABELLA, 1er suppléant
Simone SUSSKIND, 2ème suppléante
Giovanna CORDA, 3ème suppléante
Fabienne WINCKEL, 4ème suppléante
Nicolas MARTIN, 5ème suppléant
Philippe BUSQUIN, dernier suppléant

Commentaires:

1. Suite à l'élargissement de l'Union européenne, le nombre de sièges qui reviennent à la Belgique au sein du Parlement européen passe de 24/785 à 22/736. Dans le collège électoral français, il y aura 8 sièges à pourvoir au lieu de 9 par le passé (Flandre 13 et Communauté germanophone 1). Le nombre de candidats effectifs sur les listes des partis francophones s'en trouve donc automatiquement réduit à huit.
2. Lors de la législature 2004-2009, la répartition des sièges était la suivante: PS (4 sièges), MR (3), CDH (1) et Ecolo (1). Inutile de faire de grands calculs de probabilités pour avancer que le PS perdra plus que probablement le siège que perdent les Francophones.
3. La liste PS est parfaitement paritaire sur le plan du genre: elle comprend 7 femmes et 7 hommes. Sur le plan géographique, elle comprend 6 hennuyers, 4 liégeois, 2 bruxelloises, 1 namuroise et 1 Luxembourgeois. Il est à noter tout de même que les Liégeois occupent parmi les meilleures places sur la liste, notamment la première et deuxième place effective et la première suppléance.
4. En juin 2004, la liste était emmenée par Elio Di Rupo, élu directement avec 483.644 voix. Furent élus également: Véronique De Keyser (2e effective-46.832 voix), Michel Daerden (9e et dernier candidat effectif-63.565 voix) et Alain Hutchinson (3e effectif-28.672 voix). Elio Di Rupo et Michel Daerden ont immédiatement cédé leur siège à leurs suppléants respectifs: Philippe Busquin et Marc Tarabella. En juillet 2007, Marc Tarabella fut désigné Ministre de la Jeunesse, de l'enseignement de promotion sociale et de la formation. Il cédera son mandat à Giovanna Corda (4e suppléante en 2004)
5. Sur les quatre parlementaires sortants, trois sont à nouveau candidats (V.De Keyser, G.Corda et P.Busquin). Alain Hutchinson, autre parlementaire sortant, ne se représente pas à l'Europe. Il occupe la première suppléance sur la liste du PS à la Région bruxelloise. Marc Tarabella, deuxième suppléant en 2004, et qui avait siégé jusqu'à sa désignation comme Ministre des gouvernements wallon et de la Communauté Française, reprend la première suppléance.
6. La liste présente des candidats très expérimentés, dont la majorité ont fait de la politique leur professsion. Parmi eux, on compte:
- 4 ministres en exercice (J-C.Marcourt, F.Laanan, P.Courard et M.Tarabella)
- une Sénatrice cooptée (C.Vienne), deux parlementaires fédéraux (P.Moriau et V.Déom) et un député régional et communautaire (F.Daerden)
- un parlementaire européen, ancien ministre, ancien président de parti et ancien Commissaire européen (P.Busquin)
- + les deux autres parlementaires européens sortants (V.De Keyser et G.Corda)
- trois experts et collaborateurs de cabinets
7. Cinq candidats seront (à ma connaissance, mais il y en a peut-être d'autres) également présents sur une liste régionale: Christiane Vienne (2e suppléante en province de Hainaut dans l'arrondissement de Tournai-Ath-Mouscron), Patrick Moriau (9e suppléant en province de Hainaut dans l'arrondissement de Charleroi), Fadila Laanan (7e effective à la Région bruxelloise), Philippe Courard (1er effectif en province de Luxembourg dans l'arrondissement d'Arlon, Marche, Bastogne) et Philippe Busquin (9e effectif en province de Hainaut dans l'arrondissement de Charleroi).
8. Sur les 3 députés européens sortants qui se représentent, seule Véronique De Keyser semble pouvoir assurer sa ré-élection sans autre forme de discussion. Non seulement sa deuxième position devrait la mettre à l'abri, mais son bilan au Parlement européen plaidera en sa faveur durant la campagne électorale (Voir le bilan publié par Le Soir d'hier - Cliquez ici). Philippe Busquin avait annoncé sa volonté de se retirer. Il occupe néanmoins la dernière suppléance. Certes, il ne renouvellera pas son mandat mais, par sa présence, il permet à la liste de profiter de sa notoriété et de son expérience. Giovanna Corda qui a siégé à peine un an et demi et dont Le Soir dressait hier un bilan, à mon avis, exagérément sévère (précisément vu la durée de sa suppléance) occupera cette fois la troisième suppléance. Cela ne ne devrait en principe pas lui permettre de siéger. Mais, sait-on jamais, alors qu'elle était 4e suppléante en 2004, elle a néanmoins été promue lorsque M.Tarabella fut désigné Ministre.
9. S'il est difficile de tirer des plans sur la comète par rapport aux noms des personnalités qui seront élues, d'une part, et de celles qui seront amenées à siéger, d'autre part, on peut néanmoins avancer quelques considérations. Tout d'abord, je pense qu'on peut raisonnablement fonctionner sur base d'une perspective de 3 sièges pour le PS. Dans cette hypothèse, je vois mal les premiers et deuxième effectifs ne pas être élus directement. Par contre, l'élection risque d'être fort ouverte et fort disputée à partir de la troisième et jusqu'à la huitième place (pour autant que l'effet dévolutif de la case de tête s'estompe au niveau du deuxième candidat). Entre les ministres et les parlementaires positionnés de la 3e à la 8e place, cela va donc se jouer à l'huile de bras. On verra très vite aussi où chacun place sa priorité. A cet effet, il faut noter que les parlementaires fédéraux dont C.Vienne (3e), P.Moriau (4e) et V.Deom (6e) sont, sauf dissolution anticipée du Parlement fédéral, en place jusqu'en 2011. Quant aux Ministres régionaux et communautaires F.Laanan (7e) et P.Courard (8e), j'ai signalé plus haut qu'ils sont également en position éligible sur une liste régionale.
10. Reste donc le cas de Frédéric Daerden (5e effectif). Initialement pressenti sur la liste pour le parlement wallon à Liège, il a été amené à se repositionner sur la liste européenne pour cause d'incompatibilité. Etant donné que Michel Daerden, son père, sera dans les prochains jours désigné tête de liste dans l'arrondissement de Liège, Frédéric doit s'expatrier à l'Europe. Les pronostiqueurs attendaient Frédo en première suppléance. Il occupe finalement la 5e place effective. Ce sera incontestablement une place de combat. Néanmoins, le siège reste à sa portée, pour autant toutefois qu'il parvienne à capter la sympathie et le potentiel électoral qu'attire habituellement Michel Daerden.

Comme je l'annonçais dans mon billet précédent, je soutiendrais tous les candidats de la liste, mais plus particulièrement les 4 candidats liégeois (J-C. Marcourt, V. De Keyser, F.Daerden et M.Tarabella)


27 mars 2009

L'Europe au coeur de l'actualité de la semaine: ses démons, ses conquêtes et ses horizons méditerranéens

L'Europe était partout dans l'actualité de la semaine. Ainsi Jean-Marie Le Pen vient-il de s'offrir l'une de ses dernières pirouettes médiatiques. En qualité de doyen, le spectre de sa présidence pourrait peser sur l'ouverture des travaux de la prochaine législature du Parlement européen. Dans le flot des actualités qui ont rythmé la semaine, c'est sans doute, pour moi, la nouvelle qui symbolise le mieux l'affrontement entre l'ancien et le nouveau. Collision entre un monde ancien qui se fracasse, et nous avec, et un monde nouveau qu'il nous faut inventer. Le Pen et ses épigones ne pouvaient probablement espérer meilleur terreau que cette crise financière, économique et sociale dans laquelle nous a emmené la pensée libérale. L'extrême-droite ne pouvait espérer meilleure dramatisation pour remobiliser ses antiennes éculées de l'anti Europe, de l'anti-immigration et de l'anti-globalisation. A travers Le Pen, je vois non seulement le nationalisme, le racisme et le négationisme, mais aussi le colonialisme et le poujadisme dans sa version historiquement la plus fidèle (1). Des idéologies et des pratiques politiques qui symbolisent précisément un monde ancien dont le 20è siècle a porté tous les excès et toutes les blessures.

Au delà de cette péripétie dont il faudrait se réjouir si l'action politique de son protagoniste principal devait rester un point de détail dans la mémoire des générations futures, mon sentiment personnel est que l'Europe élargie est depuis quelques années confrontée à un tournant historique. Un tournant qui impose des choix profonds sur la définition même du projet européen. Intuitivement, je pressens que ce combat porte en lui les germes de confrontations politiques sur des bases nouvelles et des affrontements idéologiques sur des clivages renouvelés. Entre la tentation du tout au marché portée par plusieurs générations de décideurs européens, celui du retour au nationalisme et au populisme et celui de la construction d'un projet ouvert sur notre voisinage, solidaire et écologique, le choix de la gauche devrait s'imposer comme une évidence. C'est pourtant loin d'être acquis, y compris parmi les rangs de la gauche européenne.

Pour faire bref, mon sentiment est que l'horizon politique de l'Europe doit passer par la Méditerranée. De tout temps, la Méditerranée a été l'objet de perceptions contradictoires entre ceux qui prétendaient y construire un rempart et ceux qui ambitionnaient d'y fonder un creuset de civilisations. Aujourd'hui, la fracture entre les rives Nord et Sud de la Méditerranée représente le contraste de richesse et de bien-être le plus important aux frontières extérieures de l'Union européenne. Cédant à une gestion hyper-sécuritaire de la migration, l'espace maritime méditerranéen est aussi devenu le lieu le plus symbolique du refoulement et de l'Europe forteresse. Enfin, et probablement, de manière plus fondamentale, les relations israélo-palestiniennes en Méditerranée orientale portent en elles tous les espoirs, toutes les inquiétudes et tous les démons de l'Europe. Malgré la tentative sarkozienne de sauver le processus de Barcelone via l'Union pour la Méditerranée, il doit maintenant devenir évident pour tous ceux qui en douteraient que si une partie importante de l'avenir de l'Europe se joue en Méditerranée, l'avenir de la Méditerranée se jouera autour de la paix au Moyen Orient et plus précisément autour de la création d'un état palestinien indépendant et viable, aux côtés de l'état d'Israël.

L'Europe est au coeur de l'actualité politique de la semaine, disais-je. Jeudi dernier, précisément, j'intervenais au Parlement européen sur le thème de la citoyenneté de l'Union européenne à l'initiative du Parti Socialiste européen. L'occasion de faire le bilan sur les débats autour de la construction de citoyennetés plus inclusive dans l'Union européenne. Souvenez-vous, c'est en effet, suite à l'adoption du Traité de Maastricht qu'est née la volonté, à travers la citoyenneté de l'UE (CUE), de faire participer les européens qui vivent dans un pays membre dont ils ne possèdent pas la nationalité à la vie politique locale et européenne. C'est aussi le débat qu'a occasionné la CUE qui a permis d'ouvrir en Belgique un débat parallèle sur la citoyenneté politique des étrangers non-européens.

A quelques encablures d'une nouvelle échéance en ce qui concerne les élections européennes, il n'est pas inutile de souligner combien il est important d'encourager tous les européens qui vivent dans notre pays à s'inscrire pour aller voter le 7 juin prochain. En Wallonie, les centres régionaux d'intégration lancent une campagne d'information et de sensibilisation sur le sujet. J'espère qu'elle portera ses fruits et permettra de résorber les déficits de participation que nous avions connus en 2004.

Europe toujours. Samedi dernier, le Parti Socialiste annonçait sa tête de liste pour les élections européennes. La liste sera emmenée par un Liégeois: Jean-Claude Marcourt. Si je suis fort heureux du choix que le parti a fait tant Jean-Claude Marcourt est un excellent Ministre et un excellent collègue au conseil communal, j'éprouve quelques inquiétudes pour le sort qui sera réservé à une autre collègue exceptionnelle: Véronique De Keyser. La liste européenne du parti sera présentée ce samedi lors d'un congrès à Bruxelles, j'espère qu'elle apportera son lot de bonnes nouvelles pour Véronique. En tout état de cause, je participerai à cette campagne européenne en tant que militant, puisque je ne suis candidat à rien lors de cette élection, aux côtés de tous les candidats socialistes et, plus particulièrement de tous les candidats socialistes liégeois, en lice pour le Parlement européen.

Hassan BOUSETTA

(1) Le Pen a été élu député en 1955 sur la liste du parti Union et fraternité française fondé par Pierre Poujade.

17 mars 2009

Célébration de la journée internationale de lutte contre le racisme

Samedi prochain, nous célébrerons la journée internationale de lutte contre le racisme et les discrimination raciales. Différentes activités sont organisées à cette occasion partout dans le pays. A Liège, la ville participera aux côtés du secteur associatif à un festival de court-métrage. Celui-ci se déroulera le 16 mars avec une projection à 14h et une à 16h aux Territoires de la Mémoire (Bd d'Avroy, 86). D'autres activités sont également prévues (voir ici)

Pour ma part, je participerai ce jeudi à une conférence-débat avec Michel de Lamotte (CDH), Christine Defraigne (MR) et Bénédicte Heindrichs (Ecolo). Ce débat suivra la diffusion de l'excellent long-métrage de Mohamed Hamra "Aller-retour" (voir ici).

Par ailleurs, à l'occasion du Conseil communal du 23 mars prochain, j'interpellerai le collège communal, avec ma collègue Véronique Willemart (Ecolo), au sujet de la politique d'égalité des chances et de lutte contre le racisme de la ville.