03 janvier 2008

Heureuse année 2008 et 1429 !

A l'occasion du double nouvel an, grégorien (2008) et hégirien (1429), je vous adresse mes meilleurs voeux ainsi qu'à vos familles et vos proches. Que cette année nouvelle vous apporte ce qu'il y a de plus simple: le meilleur!

En guise de cadeau, je vous livre, en lien Internet, une carte animée de l'histoire du Moyen Orient qui vous fera parcourir 5000 ans d'histoire en 90 secondes.

Cliquez ici ou sur l'image









Traduction
:
Histoire impériale du Moyen Orient
Qui a conquis le Moyen Orien au cours de l'histoire mondiale?
Parcourez 5.000 ans d'histoire en 90 secondes
Play >> Créé par Maps-of-War





16 décembre 2007

Un nouveau point de vue belge ? Le point de vue d’un « nouveau Belge »

Mariage forcé, crispations identitaires, communautarisme, machisme, voilà des qualifications qui, en ces moments incertains que vit le pays, en viennent avec une certaine hardiesse à se détourner de leur destination initiale. Les discussions sur les tensions communautaires autour de la formation du gouvernement ont saturé l’espace médiatique mais on a finalement appris peu de choses sur la manière dont les étrangers et les personnes d’origine étrangère, habituellement visés par les problématiques précitées, vivent cette situation. Les « nouveaux belges » ont-ils un nouveau point de vue belge à faire valoir ? Sont-ils à l’instar de la minorité germanophone les derniers Belges, tel que cela a pu être avancé à l’occasion, ou s’alignent-ils sur les positions des communautés qui les ont historiquement reçus ? Pourquoi sont-ils si peu audibles sur les questions communautaires belges ? Pour intéressantes qu’elles soient, la réponse à ces questions est rendue malaisée par l’hétérogénéité des groupes concernés, les spécificités de leurs trajectoires et la diversité de leur vécu. Elle ne sera pas facilitée non plus par la disparition des visages symbolisant la diversité au sein du gouvernement Verhofstadt III.

Et pourtant, ces 15% de la population qui ont une expérience particulièrement intime des problèmes d’identité, de diversité linguistique et de cohabitation interculturelle, ne sont pas moins concernés que leurs concitoyens par la crise gouvernementale des derniers mois et l’enjeu de l’avenir du pays. On peut même avancer sans grand risque de se tromper que, vu leur poids à Bruxelles et la centralité de cette région dans les débats sur l’avenir du pays, ils seront concernés au premier chef par l’évolution de l’architecture fédérale que pourrait générer de nouvelles réformes institutionnelles. En aucun cas, les scénarios de réformes de l’état qui résulteront du rapport de force entre Francophones et Néerlandophones ne seront neutres pour cette partie de la population.

Trois réflexions particulières peuvent être avancées pour tenter d’articuler immigration et fédéralisme à la belge. Premièrement, il faut rappeler que les nouveaux Belges, comme les nouveaux arrivants, sont sans cesse sommés de s’intégrer. Mais de plus en plus, on est en droit de se poser la question : à quoi ? Quelles sont les contours de notre identité en tant qu’habitants de l’espace Belgique? Et à quelle communauté de citoyens appartenons-nous ? Opter pour la nationalité Belge est un choix que les étrangers sont de plus en plus nombreux à faire. S’identifier à leur ville est une démarche qu’ils pratiquent quotidiennement. Entrer en revanche dans une logique de sous-nationalités sous-tendues par des idéologies nationalistes exclusives n’est pas prêt de les enthousiasmer. Et comment pourrait-il en être autrement ? A l’heure où certains souhaitent la fin de la Belgique, il y a une vérité sur l’histoire de ce pays qu’il est bon de rappeler : être Belge, et être reconnu comme tel par les autres, a été, et reste pour beaucoup, un combat de tous les jours.

Deuxièmement, on peut anticiper qu’une réforme de l’état qui toucherait par exemple à la sécurité sociale, bien qu’en principe neutre sur le plan de la réalité multiculturelle, pourrait avoir des effets immédiats sur ces groupes. On sait que moins de solidarité interpersonnelle conduirait à des difficultés sociales à Bruxelles et en Wallonie, on ne rappelle pas suffisamment qu’elle est une catastrophe annoncée pour les nouveaux Belges et les migrants compte tenu du fait qu’une partie importante de la population immigrée vit déjà dans la pauvreté et que certains sont même en voie de quart-mondisation. Au Nord du pays, la situation sociale de l’immigration est également mauvaise, mais la question qui vient immédiatement à l’esprit si on évoque une réforme profonde de l’état est celle de savoir si elle pourrait être de nature à amener la Flandre à se montrer plus accueillante par rapport à la diversité culturelle. Dans l’état actuel des choses, rien ne permet de le supposer. L’isolement et la grande solitude des progressistes et autres multiculturalistes flamands que mon ex-collègue, la parlementaire Groen Tinne Vanderstraeten, a symbolisé lors de son abstention en commission de l’intérieur de la Chambre sur le vote de la scission de BHV en est une illustration annonciatrice.

Troisièmement, Bruxelles et sa périphérie restent plus que jamais le nœud de toute discussion sur l’avenir du pays. A elle seule, elle accueille un tiers des non-Belges du pays et plus d’un tiers de la population bruxelloise a des racines familiales non Belges. Il se trouve que la génération actuelle des décideurs politiques francophones prend pour acquis que la population d’origine étrangère est adossée aux intérêts bruxellois francophones. Or, si cela est vrai aujourd’hui, personne ne peut garantir qu’il en sera encore ainsi demain ? Tous les jeunes bruxellois, d’origine étrangère ou non, qui aujourd’hui considèrent que donner la meilleure éducation et les meilleures opportunités à leurs enfants passe par le réseau des écoles flamandes ne préparent-ils pas des ruptures d’équilibres linguistiques pour demain ? L’exemple de Montréal, et notamment de la loi 101 qui impose l’enseignement du français aux enfants de nouveaux arrivants, indique clairement que les équilibres linguistiques des grandes villes ne sont pas des réalités immuables. D’une ville dominée par la langue et la culture des élites anglophones dans les années 70, Montréal est aujourd’hui redevenue une ville majoritairement francophone, tout comme Bruxelles pourrait re-devenir plus flamande si les zinneke que nous produisons aujourd’hui dans les écoles flamandes à Bruxelles y trouvent davantage leur compte. Nous pourrions fort bien nous retrouver face à une génération de personnes qui se positionnerait de manière plus instrumentale qu’identitaire. Si on ajoute à cela, l’investissement flamand à Bruxelles, notamment dans le secteur associatif immigré, et l’émigration vers les communes wallonnes que l’on constate déjà aujourd’hui parmi les Bruxellois les moins armés culturellement et linguistiquement, parmi les paupérisés, les exclus du marché du travail et les mal logés, alors non seulement l’équilibre linguistique pourrait évoluer au détriment des Francophones mais aussi renforcer l’ambition de certains milieux flamands de faire progressivement main basse sur Bruxelles. S’ils veulent éviter ce scénario, les Francophones seraient bien inspirés de développer à Bruxelles une politique de la langue française articulée aux politiques de l’enseignement, de l’emploi et du logement.

La place de Bruxelles dans les scénarios de réforme de l’état évoqués en Flandre depuis 1999 ne pose pas moins de difficultés par rapport à l’immigration. Les résolutions du parlement flamand sur le fédéralisme 2+2 en lieu et place du 3+3 actuel où Bruxelles serait co-gérée par la Flandre et la Wallonie n’ont que très peu de sens pour répondre aux enjeux de coexistence interculturelle à Bruxelles. La création de la Région de Bruxelles Capitale en 1989 a progressivement permis aux Bruxellois de développer des instruments pour répondre à ces réalités. Les institutions bruxelloises ont progressivement appris à gérer ces questions dans la proximité, notamment suite aux émeutes urbaines de 1991, 1993 et 1997. On voit mal des responsables wallons et flamands solutionner demain ces questions depuis Namur ou Lanaken. Qui mieux en effet que les Bruxellois eux-mêmes peuvent gérer ce genre de tensions autour d’une jeunesse qui se sent différente et mal aimée ? L’idée parfois évoquée d’une fusion de 19 communes à une dizaine pose également question. En effet, cette hypothèse réduirait drastiquement le nombre d’élus que ces populations ont fait émerger dans les conseils communaux et qui tentent, vaille que vaille, de relayer les préoccupations de ses mandants. Enfin, et sans que ceci ne soit nécessairement en lien direct avec la réforme de l’état, si on considère que les nouveaux Belges doivent, en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre, être partie prenante à la résolution des problèmes et difficultés de cohabitation, on pourrait aussi ajouter que toute réforme du mode de scrutin qui toucherait au vote préférentiel serait néfaste parce qu’elle amoindrirait leur poids politique à tous les niveaux de pouvoir.

L’immigration est un phénomène essentiellement urbain. Nos villes n’ont pas encore su digérer cet enjeu majeur que d’autres enjeux plus fondamentaux encore s’annoncent. En effet, vu l’urgence environnementale, de plus en plus de personnes vivront demain dans les villes. Or, la focalisation actuelle de nos débats sur le communautaire occulte ce grand chantier de l’avenir qui est précisément celui d’aménager des villes plurielles et durables. La qualité de vie en ville et la qualité de la coexistence interculturelle dépendra de plus en plus des politiques menées pour répondre aux besoins des grandes villes. Et de ce point de vue, les enjeux ne divergent pas fondamentalement entre Anvers, Gand, Liège et Charleroi. Seule Bruxelles fait exception par l’acuité des contrastes qu’elle abrite et par sa structure de ville Région. Or, la tendance à vouloir tout régionaliser dès lors qu’une difficulté apparaît dans un dossier fédéral amoindrit le poids politique des élites politiques des grandes villes au détriment de celles des villes petites et moyennes. Qui peut penser qu’on va améliorer nos approches politiques des grands centres urbains en Wallonie et en Flandre en dévoluant davantage de compétences ? Régionaliser les éléments de politique de la ville qui sont en place aujourd’hui est une fausse bonne idée. C’est, au contraire, à travers une politique fédérale de la ville renforcée que les grandes villes wallonnes et flamandes devraient pouvoir mieux collaborer entre elles, et avec Bruxelles, tout en faisant mieux valoir leurs spécificités par rapport aux autres échelons de pouvoir. De la sorte, on se donnerait certainement de meilleures chances d'anticiper les enjeux de cohabitation interculturelle de demain et peut-être aussi de faire émerger un point de vue moins crispé sur l'institutionnel.

Hassan Bousetta
Chercheur qualifié FNRS à l’Université de Liège
Conseiller communal PS à Liège

07 décembre 2007

Investir dans le capital humain… sans discrimination… est un choix économiquement rationnel et socialement responsable

La Télévision locale RTC a diffusé ce jeudi 6 décembre un reportage intitulé « Patrons liégeois : la conjoncture est bonne !» (1)

La Fédération européenne des chambres de commerce et d’industrie y exprime sa satisfaction concernant le climat de confiance qui règne au sein des entreprises de la région. Elle exprime également ses difficultés à recruter des travailleurs qualifiés et annonce même des pénuries de main d’œuvre.

Conseiller communal à Liège depuis un an, je constate qu’il ne se passe pas une semaine sans que je sois interpellé par des Liégeois-e-s, et particulièrement par des Liégeois-e-s d’origine étrangère, à la recherche d’un emploi. En un an, j’ai rencontré des secrétaires, des comptables, des employés administratifs, des ouvriers, qualifiés ou non, des travailleurs sociaux, un géomètre, un ingénieur en hydrologie et même un docteur en sciences, tous plus désespérés les uns que les autres de ne pas trouver d’emploi correspondant à leur formation.

En tant que conseiller communal de la ville de Liège, je me réjouis de constater que de nouvelles perspectives économiques s’ouvrent aux entrepreneurs liégeois. Toutefois, je crois qu'il faut attirer l’attention du monde économique sur le sentiment qu’éprouvent un nombre croissant de nos concitoyens d’être tenus à l’écart du marché du travail en raison de leurs origines.

En 1997, le Bureau International du Travail avait démontré que la Wallonie affichait un taux de discrimination à l’embauche de 27%. Dix ans plus tard, rien ne permet d’affirmer que les choses se soient améliorées.

La plaie de la discrimination menace non seulement la cohésion de nos villes mais fragilisera inévitablement le développement équilibré de notre région à long-terme.

Investir dans le capital humain sans discrimination est un choix économiquement rationnel, socialement responsable, et dans tous les cas moins coûteux pour la collectivité que de recourir demain à de nouvelles immigrations d’appoint pour satisfaire des besoins de main d’œuvre conjoncturels.

Hassan Bousetta
Conseiller communal à Liège
Groupe PS

(1) Pour visionner le reportage, cliquez ici.

12 novembre 2007

Bravo à Résitances et au Front Anti-fasciste !










Le 10 août dernier, j'étais l'un des premiers à alerter sur ce blog de l'ouverture à Liège d'une librairie proche des milieux d'extrême-droite.

J'avais alors promis de revenir sur le sujet et je me permets donc aujourd'hui de procéder à une mise à jour concernant ce dossier.

Avant d'alerter mes amis, les médias, et certains acteurs du monde politique liégeois, ma première réaction avait été de me rendre sur place pour faire un constat de visu. Bilan: aucun doute n'est permis pour qui veut percer l'écran de fumée que cette librairie entretient en se présentant innocemment comme anti-conformiste. Le contenu de la littérature qui est diffusée par la libraire Primatice est clairement positionné à l'extrême-droite. Aucun doute possible non plus sur l'idéologie des promoteurs de cette librairie comme l'a révélé le site Résistances dans un article remarquablement documenté (lire ici).

Pour autant, les initiatives politiques et juridiques qu'il est possible de prendre face à ce genre de situations ne sont pas aussi évidentes qu'il n'y parait. Comme cela s'est passé en France à l'initiative de l'Union des Etudiants Juifs, il s'agirait ici, pour bien faire, de saisir des ouvrages dans l'endroit incriminé et de parvenir à prouver qu'ils tombent sous le coup de la loi sur le racisme ou le négationisme. Or, ce n'est pas si évident que cela.

En tant que nouvel élu communal, je n'ai pas attendu pour faire remonter l'information en direction du collège communal afin d'envisager les actions qu'il était possible d'entreprendre. Je ne vous cache pas que l'un de mes premiers soucis concernait la très grande population scolaire fréquentant le quartier. A la veille de la rentrée scolaire, mon objectif était de protéger les élèves des écoles alentours contre le genre d'idées haineuses propagées sournoisement par cette librairie.

A ma demande, l'échevin de l'instruction publique a immédiatement réagi et a pris l'initiative d'aborder la question en conférence des directeurs d'écoles de la ville pour alerter la communauté éducative. Sur mon intervention, le bourgmestre s'était également engagé à intervenir auprès de la propriétaire des lieux.

Ce 9 novembre, à l'occasion de la commémoration de la nuit de cristal, le Front Antifasciste de Liège a pris l'initiative d'organiser un rassemblement devant la librairie Primatice. Cette action a eu le très grand mérite d'alerter l'opinion de manière plus large encore. Le FAF a également décidé de mener une action en direction du conseil communal.

Je ne puis que me réjouir de ce que la société civile contribue à mettre la pression sur ce lieu borgne situé à l'angle des rues Velbruck et Hors-Château. Mais vu la stratégie de "normalisation par la loi" (voir ici) adoptée par Philippe Randa, le promoteur de ce lieu, j'ignore s'il existe, du point de vue de l'autorité communale, un moyen efficace lui permettant, techniquement, d'empêcher la création de ce genre de commerces dès lors que ceux-ci prennent bien soin de ne pas tomber sous le coup du droit commun d'une part, des lois anti-racisme et anti-négationisme, d'autre part.

J'espère que ce sera l'objet d'un débat utile, entre démocrates, lors du prochain Conseil communal du 19 novembre...

28 octobre 2007

Le projet de ville 2007-2015: un exercice de démocratie participative














La ville de Liège lance un large exercice de consultation de la population. Le projet de ville, annoncé en début de législature, a été lancé le 26 septembre dernier. Tous les ménages de la ville ont reçu une brochure de présentation du projet. Un formulaire est également disponible sur Internet (cliquez ici).

C'est une belle occasion qui est donnée à toutes les Liégeoises et tous les Liégeois, quelles que soient leurs nationalités, de s’exprimer sur l’avenir de leur cité. C'est aussi le moment de s'arrêter un instant sur les formules de démocratie participative qui doivent, dans une ville moderne, accompagner la démocratie représentative.

La formule de consultation mise en oeuvre l'occasion du projet de ville est l’une des nombreuses modalités possibles en vue d’associer plus étroitement nos concitoyens à la gestion de leur ville. Personnellement, je me réjouis de cette initiative mais j'y vois aussi une limite : son caractère ponctuel. C'est pour cette raison qu'en tant que conseiller communal, je suis attentif à d'autres formules et notamment au droit d'interpellation du citoyen devant le conseil communal.

Le droit pour le citoyen d'interpeller ses autorités communales est une mesure qui permet d'approfondir d'une autre manière la démocratie participative. Dans un contexte marqué par la crise de la démocratie représentative, l'ouverture d'un canal de communication immédiat avec la population est de nature à enrayer la perte de confiance du citoyen vis-à-vis de la politique et des institutions. Dans une grande ville comme Liège, il est clair qu'une telle mesure ne pourrait pas aller sans rencontrer quelques difficultés de mise en oeuvre, notamment dans sa phase initiale. Mais les obstacles ne sont pas, à mon avis, impossibles à surmonter. La preuve en est que ce droit est déjà d'application dans de très nombreuses communes du pays.

En Flandre, un décret du 2 juin 2006 a prévu la possibilité pour nos concitoyens du Nord d’exercer un droit d’interpellation directe du conseil communal. Par son ordonnance du 23 juillet 2006, la Région bruxelloise a suivi la même direction. Le droit d’interpellation du citoyen y est aujourd’hui organisé dans plusieurs communes dont Bruxelles, Ixelles, Anderlecht, etc. Certaines communes bruxelloises vont plus loin encore en organisant ce droit d’interpellation au niveau du Conseil de police comme c’est le cas depuis cette année au Conseil de police de Bruxelles-midi.

En Wallonie, le Code de la démocratie locale et de la décentralisation ne prévoit pas de disposition similaire. Il n’y fait toutefois pas obstacle ! De nombreuses communes de Wallonie n’ont d’ailleurs pas attendu que la matière soit réglée et uniformisée par le décret pour agir. Ce type d’expérience de démocratie participative est en effet déjà menée dans plusieurs dizaines de communes dont La Louvière, Wanze, Verviers, Dour, Amay, Herve, etc.

En mai 2006, le gouvernement wallon a adopté une note d’orientation relative à la démocratie participative. Le Ministre Courard, par son communiqué du 4 mai 2006, a précisé l’intention du gouvernement wallon de déposer des propositions au Parlement afin qu’il puisse être légiféré en la matière. D’après les renseignements que j’ai pu obtenir, cette réforme devrait faire l’objet d’une décision avant la fin de cette année. L’objectif annoncé est de permettre à « tout citoyen wallon d’interpeller directement le collège en séance publique afin d’obtenir des éclaircissements sur une question d'intérêt communal» (1). Vu les intentions annoncées par le gouvernement wallon, la question n’est donc plus tant de savoir si le droit d’interpellation pour le citoyen sera mis en œuvre dans d'autres communes wallonnes mais quand il le sera.

Je fais partie de ceux qui accueilleront cette réforme avec beaucoup d'intérêt et de satisfaction.


(1) Cliquez ici pour consulter la référence

30 août 2007

Djamel Boussetta simple flic: ce qu’il nous dit et ce qu'on peut en dire

Djamel Boussetta n’est ni mon frère, ni mon cousin, pas même lointain. Pourtant, il aurait pu l’être. Fils d’immigrants et issu d’un quartier populaire de la banlieue parisienne, il a le parcours classique d’un jeune de cité jusqu’au jour où il décide de s’engager dans les forces de l’ordre. Très jeune, il est formé à l’école nationale de police avant de rapidement devenir compagnon républicain de sécurité, CRS. En septembre 2006, il décide de se confier à des journalistes au sujet de dérives qu’il observe dans sa pratique professionnelle et qu’il dénonce comme relevant de pratiques policières abusives. Son interview publiée par Le Point passe mal et lui vaudra une révocation pour non respect du devoir de réserve. Dans « Jamel le CRS. Révélations sur la police de Sarkozy » qu’il publie aux Editions Duboiris (2007), Jamel revient sur ces événements et poursuis sa mise en cause des « méthodes » de certains agents de police dans un registre, disons-le, pamphlétaire.

Je ne sais trop quel crédit accordé aux éléments de fait et d’appréciation avancés par mon homonyme dans son ouvrage et ses interventions dans la presse. A vrai dire, que ses déclarations soient fiables ou non m’importe relativement peu par rapport à ce que j’ai envie de dire dans ce billet. Quand bien même tout ceci ne serait qu’un montage, il n’en reste pas moins vrai qu’en France, comme en Belgique, règne entre les jeunes et la police une sorte de climat de malaise, souvent de méfiance et parfois aussi de défi. Qu’il dise vrai ou non, l’audience que recueille son témoignage n’est avant tout qu’une manifestation de cela. Ce qu’il nous révèle, ce dont il est le révélateur, est pour moi bien plus préoccupant que ce qu’il révèle au sens propre.

En Belgique, un certain nombre de scientifiques (principalement des sociologues et criminologues) se sont penchés sur cette réalité (1). A la demande des services de la politique scientifique fédérale, une équipe interuniversitaire de recherche flamande est d’ailleurs en plein travail d’élaboration d’une enquête sur le « community policing » au cours de laquelle on cherche notamment à établir comment police et allochtones se perçoivent mutuellement. (Lire la présentation du projet ici). Il ne s’agit pas de laisser entendre que la police serait coupable indistinctement de traiter différemment les personnes d’origine étrangère mais le fait est qu’une proportion importante de jeunes qui vivent ce genres de difficultés sont d’origine étrangère.

Si je m’étends ici sur ce sujet, ce n’est pas uniquement par intérêt académique. C’est parce que, pas plus tard que cet été, j’ai été interpellé dans ma commune par une situation extrêmement délicate : une tentative d’interpellation de la police qui se solde par la mort d’un jeune. Les circonstances du drame ont été détaillées dans la presse (2). Inutile d’y revenir par le menu, d’autant que les versions du drame divergent et qu’il appartiendra donc à l’enquête en cours de déterminer l’exact déroulement des faits et les responsabilités éventuelles.

Le soir même de la découverte du corps, je me suis rendu auprès de la famille pour leur faire part de mes condoléances. J’ai rencontré une famille éplorée, on l’imagine aisément, mais qui manifestait aussi beaucoup de détermination. Très vite, les jeunes frères et sœurs de la victime se sont mobilisés pour chercher à comprendre comment au départ d’un soupçon d’arrachage de sac, très vite dissipé depuis lors, on en est arrivé à cette issue extrême. Ils ont rassemblé autour d’eux un comité de soutien et veulent qu’on n'oublie pas. Ils appellent d’ailleurs à manifester ce samedi 1er septembre dans les rues de Liège pour honorer la mémoire de leur frère, dire son innocence et pointer du doigt la méthode avec laquelle il a été interpellé (3).

Sortant d’une année 2006-2007 où je me suis présenté à deux reprises devant l’électeur pour défendre le projet politique d’une société de confiance, tournée vers la jeunesse, je me sens fortement interpellé par cette affaire. Je ne crois pas a priori qu’on puisse réduire le drame de la disparition de Khalid Cherai à un simple accident. Je crains par contre que nous ne soyons ici face à un échec collectif au principe duquel résident la méfiance et la peur. L’avocat de la famille a parlé d’un drame absurde qui aurait du être évité. C’est vrai qu’à réfléchir au scénario à la manière d’un film d’Alain Resnais et que l’on retranche ces deux ingrédients que sont la méfiance et la peur, on se dit que rien n’aurait pu empêcher un happy end. Ce n’est malheureusement pas ce qui s’est passé et c’est pour que cela soit évité à tout prix à l’avenir que je manifesterai ce samedi aux côtés de la famille.

(1) Je ne peux à ce sujet que conseiller la lecture du remarquable ouvrage d’Andrea Rea « Jeunes immigrés dans la cité » paru aux Editions Labor en 2001.
(2) Lire l'article de la DH en cliquant ici
(3) Lire la dépêche Belga en cliquant ici

10 août 2007

Une librairie proche des milieux d’extrême droite français installe un point de vente à Liège

« Se mobiliser pour combattre la banalisation des idées de la droite extrême !»

Sans pratiquement mener de campagne électorale, l’extrême droite a rassemblé plus de 6000 voix lors des dernières élections communales du 8 octobre 2006 à Liège. Alors qu’elle ne disposait plus de représentant au conseil communal sous la législature 2000-2006, l’extrême droite a refait ainsi son apparition à la Violette en 2006 avec l’élection d’un conseiller du Front National. Aux élections législatives du 10 juin dernier, l’extrême droite n’a pas franchi le seuil des 5% qu’elle avait pourtant frôlé lors des élections de 2003. Le résultat de ce dernier scrutin fut donc moins préoccupant. Toutefois, il faut regretter que le résultat cumulé des différentes listes d’extrême droite à la Chambre indique une légère progression en nombre de voix sur la Province de Liège.

Depuis la mi-juillet, les idées extrémistes viennent de trouver un nouveau terrain d’expression dans notre ville. La librairie parisienne Primatice qui commercialise les ouvrages de l’éditeur Dualpha, également diffusés par la société Francephi Diffusion et le site Internet Librad.com, lance un point de vente à Liège. Installée en Hors Château 58 (au coin de la rue Velbrück), dans un quartier historique appelé à devenir l’un des pôles de rayonnement culturel autour du futur grand musée Curtius, cette librairie se présente comme non-conformiste et anti-politiquement correcte. A la lecture du site Internet du promoteur du projet (www.philipperanda.com) et de ses déclarations dans diverses publications (1), ses affinités avec l'extrême-droite sont avérées. Il précise toutefois sur son site que sont écartés de son catalogue les ouvrages « qui tomberaient sous le coup des lois françaises et européennes … »

Selon le politologue Jérôme Jamin, spécialiste de l’extrême-droite à l’Université de Liège, les méthodes employées par Dualpha confirment l’idée de la « normalisation par la loi » (2) selon laquelle l’extrême-droite adapte stratégiquement son discours pour mieux contourner les législations anti-raciste, anti-discriminatoire et anti-négationniste. Parmi les ouvrages d’ores et déjà disponibles à la vente à la librairie Primatice à Liège, on retrouve un certain nombre d’auteurs issus de la nouvelle droite, de la droite identitaire et d’autres courants du même acabit. A égrener le catalogue de Dualpha et ses titres évocateurs (« La politique sociale du troisième Reich », « La Judéomanie », « L’Islam devant le National Socialisme », etc.), cette officine qui revendique le credo anti-politiquement correct mérite assurément celui d’antichambre de la haine.

La lutte contre les partis d’extrême droite et leurs idées dangereuses est plus que jamais d’actualité pour protéger la cohésion sociale de notre ville et la qualité de notre vie démocratique. Fort heureusement, Liège est l’une des villes belges où la mobilisation contre l’extrême droite sur les terrains politique, syndical, associatif, judiciaire, scientifique et journalistique a toujours été très vigoureuse et couronnée de nombreux succès.

Que peut-on faire aujourd’hui face à cette tâche noire qui assombrit la ville ? A minima, j’invite personnellement tous les démocrates à boycotter activement cette librairie. Dans un second temps, il conviendra, comme le recommandent les campagnes du Centre d’Action Laïque, des Territoires de la Mémoire ou de la FGTB, de mener une véritable politique de harcèlement démocratique et de ne céder aucune parcelle de terrain. Cela signifie aussi qu’il faudra entamer au plus vite une analyse juridique pointue afin d’évaluer si toutes les publications mises en circulation chez Primatice-Liège sont bien conformes à nos législations.

J’y reviendrai dans un prochain post.


Hassan Bousetta
Conseiller communal à Liège
Groupe PS

(1) « J'ai toujours assumé des idées politiques et des amitiés qui m'ont fait classer à “l'extrême droite” de l'échiquier politique. Je ne m'en suis jamais offusqué comme tant d'autres qui vivent dans la peur d'être “compromis” par une telle étiquette. Cela ne veut pas dire que je la revendique, puisque je refuse de participer au clivage politique “droite/gauche”. Je me définis comme un “nationaliste” européen (c'est-à-dire comme appartenant à une communauté de même “naissance”), fier de la civilisation française à laquelle je me rattache plus particulièrement et partisan d'un certain nombre d'options politiques (rétablissement de la peine de mort pour les criminels, droit du sang et donc préférence identitaire en matière d'emploi, lutte contre la ghettoïsation ethnique de notre continent - la société multiraciale est un leurre, il n'existe que des sociétés multiracistes, comme aux États-Unis d'Amérique par exemple -, etc.) », Pour consulter la source, cliquez ici.

(2) Lire la conclusion de Jamin, J. (2005) Faut-il interdire les partis d’extrême droite ? Démocratie, droit et extrême droite (Bruxelles/Liège : Editions Luc Pire/Les Territoires de la Mémoire). Voir aussi : http://www.parnasse.org/ouvrage3.html

25 juillet 2007

Vues de Liège: un site à visiter absolument













Cette semaine, je vous propose de visiter un site particulièrement bien fait. Il s'agit du projet de fin d'étude d'un étudiant liégeois, Lionel Mirbach, bachelier en techniques infographiques de la Haute Ecole Renquin Sualem.

Son travail permet de découvrir la ville de Liège sur le net de façon originale. Pour les oublieux, cela offre aussi la possibilité de se raffraîchir la mémoire sur le patrimoine historique et architectural de la ville.

Pour visiter le site, cliquez ici. Ca en vaut le détour. N"hésitez pas aussi à passer signer le livre d'or.

20 juin 2007

La gauche peut-elle encore changer la société?

Ce mois-ci, la revue de débats POLITIQUE sort son 50e numéro. Un numéro qui correspond au 10e anniversaire de la revue. Pour cette occasion, une même question a été posée à une soixantaine de personnes de toutes sensibilités à gauche: "La gauche peut-elle encore changer la société"? 51 personnes y ont répondu dont moi-même. Ces textes sont à découvrir dans le n°50 qui paraîtra le 20 juin 2007.

Il vous est dès maintenant possible de commander ce numéro de 120 pages au prix de 10 euros (frais de port compris) à la rédaction de POLITIQUE (Jérémie Detober, Secrétaire de rédaction, 68, rue Coenraets, 1060 Bruxelles, tel : 02/538.69.96, fax : 02/535.06.93, mail : redaction@politique.eu.org, site : www.politique.eu.org

La gauche peut-elle encore changer la société ? Mon point de vue en bref

Le déroulement et l’issue de l’élection présidentielle française ne manquent pas d’offrir matière à réflexion sur la capacité de la gauche tout d’abord à anticiper les mutations de nos sociétés, ensuite à accompagner et répondre de manière générale aux préoccupations de ceux qu’elle ambitionne de représenter, c’est à dire les plus vulnérables. Le fait que Le Pen arrive en tête des suffrages des ouvriers français au premier tour de l’élection et que Sarkozy fasse jeu égal avec Royal au sein de cette catégorie au deuxième tour est en soi un indicateur parlant d’une forme de rupture entre la gauche française et les classes populaires. La situation n’est problablement pas totalement comparable en Belgique, mais la gauche belge est-elle pour autant assurée de maintenir à terme une meilleure posture?

Bien sûr faudrait-il encore s’entendre sur ce que l’on entend par « la » gauche, par pouvoir de changement et par ce quasi nostalgique « encore »? La précision terminologique est en cette circonstance aussi nécessaire que l’explicitation des conditions historiques et politiques qui rendent cette interrogation possible et audible. Poser ce questionnement n’est en effet pas innocent et révèle en son principe l’idée plus fondamentale d’une crise de l’idée du progrès. Les gauches d’Europe occidentale se sont d’une manière ou d’une autre constituées autour de combats collectifs pour l’amélioration constante des conditions sociales des classes populaires. Et ce n’est pas pour rien si cette marche en avant se donne à penser dans l’imaginaire de la gauche comme une histoire de conquêtes. Les victoires engrangées sur le terrain du combat social se sont hissées les unes après les autres au rang d’acquis sociaux que l’Etat providence a su convertir en droits. A cette logique progressiste se substitue aujourd’hui une logique sociétale défensive sous-tendue par la notion de sécurité.

Cette évolution ne manque pas d’affecter le discours politique. Mais plutôt que de « la » gauche faudrait-il probablement parler des gauches. De mon point de vue, on ne peut véritablement en parler au singulier que par convention de langage tant les références doctrinales peuvent être contradictoires. S’identifier politiquement à gauche, comme nous le faisons ici, ne suffit pas, loin s’en faut, à créer une cohérence suffisante avec tous ceux qui en Belgique pratiquent la même démarche. Il suffit pour s’en convaincre de penser à certains enjeux de reconnaissance portés par les descendants de travailleurs immigrés et en particulier à la question brûlante des cultes minoritaires dans un espace public laïcisé. Il serait difficile en la matière d’avancer que le clivage structurant serait simplement celui d’une opposition gauche-droite tant la question divise au sein même des deux camps. Les enjeux contemporains de la reconnaissance semblent donc s’accomoder moins facilement de cette grille de lecture que les questions plus classiques de redistribution.

La problématique principale qui sous-tend mes engagements politiques et intellectuels à gauche consiste précisément à tenter de réconcilier ces deux dimensions que sont les inégalités sociales et culturelles. Pour cela, il m’apparaît nécessaire d’élargir l’échelle de la réflexion. Car qu’on le veuille ou non, changer la société dans l’ordre de notre réflexion sur ce thème, c’est changer la société nationale. L’emprise de l’ordre national sur nos catégories d’analyse est l’un des fardeaux duquel il faut commencer par se débarasser. La capacité de changer la société dépend aussi de notre capacité d’analyser nos interdépendances avec le reste du monde. Si comme l’avance Bourdieu, les démocraties occidentales font face à une vague d’idéologie néo-libérale qui jette les bases d’une révolution conservatrice, la gauche dans ses formations nationales ne peut que subir, se cantonner dans la défensive et le repli sécuritaire. Si par opposition, elle ambitionne de penser ses valeurs d’égalité, de solidarité et de fraternité, au delà des frontières réelles ou imaginaires, de nouveaux champs de luttes de progrès s’ouvrent. Ce combat doit bien entendu être conçu avec les progressistes du monde entier, en dehors de toute volonté hégémonique et donc à travers un dialogue interculturel sincère qui rompe avec le dialogue Nord Sud fondé sur ce que Bourdieu qualifie de chauvinisme de l’universel. Les mouvements altermondialistes ouvrent une des modalités possibles de ce réechellonement du combat de la gauche au sein de la société civile mondiale. Au niveau des partis politiques, tout ou presque est à inventer. Alors, oui je pense que la gauche est capable de changer le monde.

Hassan Bousetta, le 13 mai 2007

11 juin 2007

Merci aux 7 863 personnes qui m'ont fait confiance !

Cher-e-s ami-e-s,

Les élections législatives viennent de s'achever sur un résultat que peu d'observateurs avaient anticipé. Les titres de la presse du matin donnent la mesure de la recomposition des rapports de force politique qui est en cours. Du côté francophone, le PS réalise un mauvais résultat d'ensemble. Les autres formations démocratiques connaissent des fortunes diverses. Le CDH et le MR progressent légèrement alors qu'Ecolo regagne une partie du terrain qu'il avait perdu en 2003.

A Liège, le PS se défend bien. C'est l'une des bonnes nouvelles de ce dimanche. Une autre bonne nouvelle, c'est que je réalise un résultat très encourageant. Avec 7863 voix de préférence dans la Province et 3330 voix à Liège (soit le double de mon résultat aux communales), mon bilan est positif. Certes, cela ne suffit pas pour être élu mais j'estime néanmoins avoir fait le maximum de ce qu'un candidat d'ouverture, sans notoriété médiatique particulière, peut réaliser dans cette grande circonscription.

Au terme de ce marathon électoral, je tiens à adresser mes plus sincères félicitations à mes six colistiers élus. Bravo à Michel Daerden, Guy Coëme, Marie-Claire Lambert, Alain Mathot, André Frédéric et Linda Musin.

Je tiens enfin à adresser mes plus sincères remerciements à tous ceux qui m'ont permis d'obtenir ce beau résultat. Et je tiens à leur dire qu'ils pourront à nouveau compter sur moi pour les défendre lors de prochains rendez-vous électoraux.

Hassan Bousetta
9e effectif à la Chambre
Liste PS en Province de Liège

07 juin 2007

Un regard mixte et engagé sur l’école, les étudiants, l’enseignement

L’enseignement est un des éléments clés du développement social, culturel et économique. Personne ne le conteste, mais où en sommes nous vraiment ? Retrouvons-nous un fossé entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ? La démocratie de l’enseignement : un rêve, un échec, une volonté urgente ?

Lire ça va. Comprendre c’est autre chose !

« La Libre Belgique » du 23 mai intitulait l’article consacré à l’évaluation du français par une équipe de recherche dans le primaire et le secondaire « Lire ça va. Comprendre c’est autre chose »

Réactions de deux candidats socialistes ayant des choses à dire et à vivre.

Entretien réalisé par Jean Pierre Keimeul Journaliste

Madeleine Mairlot a derrière elle une carrière d’enseignante dans le technique secondaire et l’enseignement supérieur - graduat en communication, service social, bibliothécaire.

Hassan Bousetta travaille à l’Université de Liège au CEDEM, centre d’études de l’ethnicité et des migrations ; il est également chercheur au FNRS.

Madeleine Mairlot : « J’ai eu la chance d’accéder à l’université dans les années 1960, et de devenir prof de français au début des années 1970, la belle époque de la démocratisation de l’enseignement. Ce n’est pas un hasard si l’échec le plus évident à l’université, toutes facultés confondues, vient de ce que les étudiants ne comprennent pas des textes complexes. » « Lorsque j’enseignais dans le secondaire technique que l’on dévalorise à tort, mes étudiantes, je leur faisais lire dix bouquins par an. Nous pouvions aborder Camus, Sartre, la poésie surréaliste, la littérature italienne… Même si l’orthographe était souvent défaillante, on travaillait sur le sens, il y avait du fond » « À ce moment-là, on pouvait encore parler « d’humanités techniques ». Maintenant, les programmes visent à la rentabilité immédiate. On supprime le dessin, la musique, le latin, demain la littérature pour l’informatique… C’est oublier que l’apprentissage de la musique favorise celui des maths et que le latin aide à la maîtrise du français. »

Hassan Bousetta : « J’ai eu une scolarité sans problèmes. Dans un milieu rural où mon père et quelques autres ouvriers immigrés avaient atterri. Nous étions quatre frères et tous nous faisions des primaires impeccables. Ce qui « étonnait » certains parents… Je dois souligner que si nous avons eu des « beaux points » c’est aussi grâce à des enseignants qui nous donnaient le goût de l’école. L’école est soumise aux tensions sociales, la différence se marque toujours par ce que peut apporter le milieu familial. Il y a des parents qui ne connaissent pas l’école, ne savent pas faire passer cette confiance en l’école que généralement des parents intellectuels font passer. Quand il faut surmonter un handicap linguistique ou socio-culturel, c’est dur, et il faut inculquer une confiance en lui à l’enfant, à l’étudiant. C’est ce que j’appelle le degré de confiance avec l’institution scolaire. »


Comment appréhender les courants qui veulent de nouveau séparer garçons et filles dans les filières d’enseignement, parfois même au nom d’un certain féminisme ?

Madeleine Mairlot : « Je me refuse à cautionner un tel retour en arrière. Bien entendu il y a une différence d’appréhension de la scolarité. Les garçons ont besoin d’être en bande, de s’affirmer, je l’ai ressenti très fort quand j’enseignais à l’école technique. Les filles s’adaptent beaucoup plus vite à la réalité du moment, elles intègrent qu’une bonne scolarité est une promotion dans la société. Mais garçons et filles se stimulent, se découvrent, s’enrichissent de leurs différences. »

Hassan Bousetta : « J’ai lu cela aussi, cela me paraît un courant tout à fait marginal. « Question plus fondamentale, c’est le port du voile dans les écoles publiques. Je suis un adepte de cette notion d’école publique. L’école doit permettre aux étudiants de vivre et les laisser vivre. C’est leur apprentissage qui leur forge une personnalité. La dérive serait de précipiter les jeunes filles qui portent le voile par choix, conviction, même par révolte identitaire, dans des écoles religieuses éloignées du reste de la société. « L’interdiction du port du voile dans certaines écoles n’est pas la solution et ne favorisera pas la dynamique d’intégration. Je suis persuadé, quand je dis cela, que cela peut se faire sans toucher à la nécessaire séparation du champ politique et du champ religieux. »

Les hautes études et l’université : un mur infranchissable ?

Madeleine : « Dans le supérieur, je constate que le projet Bologne favorise des écoles mammouths. L’étudiant a des bâtiments fonctionnels, de beaux amphis, la province de Liège a fait un travail remarquable sur ce plan-là, mais une part de la relation humaine disparaît entre les profs et les étudiants. »

Hassan : « Effectivement, comme le souligne Madeleine l’enseignement fait face à des réformes lourdes. Nos universités doivent former en 5 ans au lieu de 4 ans mais sans moyens correspondants en investissements pédagogiques et humains. L’université d’aujourd’hui n’est plus celle d’il y a 15 ans, et on constate, en matière de recherche, qu’elle est soumise à la concurrence des labos, des centres de recherche et des lobby privés. « J’en reviens aussi à une notion fondamentale, « celle du 19ème siècle et de « l’Instruction Publique ». Ce n’est pas un combat d’hier c’est un combat d’aujourd’hui et de demain. « En Afrique il n’y a plus d’Instruction Publique, les écoles qui forment correctement sont privées. En Belgique le phénomène des « écoles européennes » très chères et performantes qu’affectionne un certain nombre d’entreprises, c’est déjà un révélateur. »

Des idées politiques concrètes ?

Madeleine Mairlot

« Il faut renforcer l’étude du français et des langues dès le plus jeune âge. Parce que c’est déjà entre 6 et 8 ans que les différences se marquent, parfois pour toute la vie… Il est tout aussi primordial de réintroduire la culture et l’art dans les cours dès l’école primaire. La musique, le théâtre, toutes les activités qui développent une créativité doivent se faire dès le départ. Ce serait aussi une manière de réintroduire les artistes dans une fonction pédagogique où ils sont trop peu présent. »

Hassan Bousetta

« Je trouve primordial dans le cadre de l’enseignement de répondre aux crises identitaires de manière sociale. Il y a des « écoles ghettos » que des élèves eux-mêmes qualifient d’ « écoles poubelles ». Or, pour s’identifier à l’école il faut s’y trouver dans des conditions positives. L’intégration scolaire comme je le soulignais est aussi une question de confiance, non seulement pour les parents mais pour les étudiants. Se sentir dans une école de « seconde zone » cela na favorise pas la confiance en soi et l’épanouissement. Concrètement je suis favorable à la création de classes de 15 élèves maximum. »


Madeleine Mairlot 6ème suppléante à la Chambre

www.madeleinemairlot.be

m.mairlot@skynet.be


Hassan Bousetta 9e effectif à la Chambre

www.bousetta.be

hassan.bousetta@skynet.be

29 mai 2007

Oeuvrer pour le rapprocherment interculturel

La semaine passée, le sociologue flamand Jan Hertogen a réussi un beau coup médiatique en publiant des données mises à jour concernant l'évolution des populations d'origine étrangères en Belgique. Sur base de statistiques liées à la nationalité et à la naturalisation arrêtées au 1er janvier 2006, Jan Hertogen démontre que les Marocains sont devenus quantitativement le premier groupe issu de l'immigration en Belgique (1). La presse en a abondamment parlé tout au long de la semaine et cela n'a pas manqué d'alimenter les discussions du café du commerce.

Fort présent sur le terrain pour ma campagne électorale, je ne compte plus le nombre de personnes qui m'ont interpellé sur le sujet. Beaucoup de Belgo-Marocains y ont vu le signe annonciateur d'une reconnaissance par le nombre. Un peu comme s'ils venaient de remporter une victoire en demi-fond. A tort ! Les choses ne fonctionnent malheureusement pas tout à fait de la sorte. La reconnaissance et le respect mutuels ne se conquièrent pas par un quelconque effet de masse, mais bien plutôt par une action politique structurée.













Pour moi qui suis biographiquement ancré dans l'immigration marocaine, ce moment singulier où se croisent les courbes statistiques des populations d'origine italienne et marocaine me fait surtout penser que ces deux 'communautés' ont partagé bien des choses dans leur histoire. C'est une belle occasion pour moi de dire combien ont été importantes les rencontres entre Belges, Italiens et Marocains à Liège et en Wallonie. On pourrait en parler longuement en ce qui concerne le combat syndical. Les Italiens étant les premiers à qui la Belgique a fait appel après-guerre, ils ont ouvert de nombreuses portes aux travailleurs étrangers qui leur ont succédé.

J'ai personnellement un souvenir fort précis de mes contacts avec l'immigration italienne. J'ai eu la chance de pronconcer l'an dernier un discours d'hommage à l'immigration italienne lors d'une séance thématique du Conseil provincial de Liège à l'occasion des 60 ans de l'accord bilatéral belgo-italien de 1946. Pas plus tard que dimanche passé sur le marché de la Batte, j'ai été chaleureusement interpellé en italien par un militant qui croyait reconnaître en moi un Buscetta napolitain.

En réalité, dès mon plus jeune âge, dès l'école communale, j'ai été bercé dans ce creuset interculturel liégeois où les Italiens étaient fort nombreux. Du fonds des années septante, je garde en mémoire l'image de la maman de mon camarade de classe Vito expliquant à ma mère un mercredi après-midi après l'école, et dans un sabir auquel seul les immigrés peuvent donner sens, le secret de la confection artisanale des pâtes. De mes humanités, je garde une amitié intacte pour mon ami Gianni. Je me suis retrouvé plus tard à la tête d'un club de volley-ball après avoir été initié par mon ami Ignazio (dit Noutcho) à toutes les subtilités du rôle de responsable d'un club sportif. Et je n'en dirai pas plus sur le rôle importantissime de mon actuel patron et ami Marco qui, dès 1993, a contribué décisivement à ce que j'embrasse la carrière de chercheur à l'université.

Engagé aujourd'hui en politique, j'ai l'immense bonheur de figurer sur une liste qui compte des candidats Belges dont les parents italiens furent un jour accueilli à 'bras ouverts' par la Belgique. C'est le cas notamment de Christie Morreale et de Marc Tarabella. J'ai une sympathie profonde pour le travail qu'ils effectuent et j'espère qu'ils réaliseront un beau résultat le 10 juin prochain. Ceci dit, comme le montre cette photo que je viens de recevoir dans ma boîte email, il est des circonstances où les rapprochements interculturels peuvent être fort surprenants... (2)












(1) Ces données sont présentées sur son site Internet: www.npdata.be
(2) Vous reconnaîtrez à l'image mon ami Alain Declerck, un artiste liégeois qui oeuvre non seulement au rapprochement interculturel mais à la paix dans le monde. Son oeuvre d'art 'La Porte de la Paix' en faveur de la paix entre Israéliens et Palestiniens sera inaugurée au Rond Point Schuman le 4 juin prochain. Soyez nombreux à soutenir son appel en cliquant ici

21 mai 2007

50 personnalités qui font bouger Liège

Le Vif L'Express publie cette semaine une série de 50 portraits de Liégeois qui font bouger la ville et me fait l'honneur d'une mention. Avec le recteur Bernard Rentier, le Prof Bernadette Merenne-Schoumaker, le Prof. Jean Michel Foidart, le Dr Pierre Verjans, le Prof G.Hennen et moi-même, l'université de Liège est particulièrement bien représentée dans cette galerie. Ce résultat me conforte dans l'idée que c'est dans un partenariat renforcé entre université et pouvoirs publics locaux qu'on doit plus que jamais envisager la reconversion de la ville et de la région. Si les observateurs notent les frémissements d'une reprise économique, mon collègue Pierre Verjans rappelle toutefois dans son entretien qu'on ne parvient pas suffisamment à rassembler les énergies.


Seul petit bémol à l'égard de ce dossier, on n'explique pas vraiment ce qui a servi de fil rouge à la sélection de ces personnalités. Difficile par exemple d'expliquer l'omission de certaines éminences du monde politique, économique, médiatique et culturel qui font effectivement bouger Liège au quotidien. Mais bon, je ne voudrais pas être cabotin et je ne boude pas mon plaisir de me retrouver dans cette liste de personnalités au service de leur ville.



16 mai 2007

Résurrection?

Après mon activité de lancement de campagne au Père Lachaise, certains d'entre vous se sont inquiétés de ne plus avoir de nouvelles de moi sur ce blog. Je vous rassure, ce lancement de campagne ne fut pas un enterrement. Bien au contraire, ce fut une belle réussite. Et je tiens à remercier ici tous ceux qui se sont déplacés pour me témoigner leur soutien.

Il se trouve que depuis quatre semaines, les activités s'enchaînent à un rythme soutenu. Je n'ai plus une seconde à moi. Entre mes cours à l'université, les examens, mes recherches, la campagne après les heures de boulot et la famille tard le soir, il ne me reste littéralement plus rien comme temps libre. Pas même le temps de vous rédiger un petit billet alors que le nombre de visiteurs de ce blog s'est fortement accru depuis l'annonce de ma candidature.

Comment les choses s'annoncent-elles? Eh bien, plutôt pas mal. Comme d'habitude, j'ai réuni autour de moi une petite équipe qui s'est directement mise au travail. Et en quelques semaines, le boulot que nous avons abattu est considérable. Je tiens d'ailleurs à remercier sincèrement tous ceux qui nous ont déjà apporté leur concours.

Ce qui nous attend n'est pas moins exigeant. Faire campagne à l'échelle d'une province comme Liège nécessite en effet une sacrée dose d'investissement, de discipline et d'organisation. Il faut dire aussi que cette expérience est fort différente de celle d'une élection communale où tout se joue dans la proximité et le relationnel.

Politiquement parlant, le PS présente une liste solide avec d'excellents candidats. Si les rapports de force restent en l'état, ce ne sera pas facile de se faire une place au soleil. Le PS a aujourd'hui six élus sur quinze en province de Liège. Il se bat néanmoins pour décrocher un septième siège. Dans le climat de l'après victoire de Sarkozy à l'élection présidentielle française avec sa volonté affichée de tourner le dos à l'héritage de mai 68, restons donc réaliste et faisons advenir l'impossible.

16 avril 2007

Dimanche prochain au Père Lachaise

Quelque chose de prévu ce dimanche 22 avril en début de soirée? Je vous invite à venir partager un moment de rencontre à l'occasion du lancement de ma campagne pour les élections législatives du 10 juin prochain. Ce sera aussi l'occasion de faire connaissance avec quelques candidats PS également présents sur les listes.

Vous aviez prévu de passer la soirée devant votre petit écran à suivre la soirée électorale consacrée au premier tour des présidentielles françaises? Que celà ne vous arrête pas. Nous avons prévu avec mon équipe une projection des résultats et commentaires sur écran géant.

Que vient faire le Père Lachaise dans tout celà? Et bien, c'est le nom de la brasserie grivegnétoise où se déroulera l'événement. Mal choisi? Pas si sûr. Dimanche prochain risque fort d'être souvenu comme jour de deuil ... du sarkozysme ou du lepénisme.

Si le coeur vous en dit, n'hésitez pas à venir nous rejoindre dès 18h30.

Pour consulter l'invitation, cliquez ici.

01 avril 2007

Elections législatives 2007







La liste du PS pour les élections législatives 2007 dans la province de Liège a été présentée ce lundi 26 mars 2007. Elle sera emmenée par Michel Daerden tandis qu'Alain Mathot poussera la liste en 15e position. Après avoir raté de peu un 7e siège en 2003, la liste socialiste se donne pour ambition de repartir à la conquête de ce siège supplémentaire. Parmi les candidats de Liège-ville, on note la présence de Marie-Claire Lambert, à la fois en 2e position effective et 1ere suppléance, de Delphine Salou (13e effective) ainsi que celle de .... Hassan Bousetta, neuvième effectif et premier candidat d'ouverture.
Je vous donne rendez-vous ici même pour vous informer sur le déroulement de la campagne ainsi que sur www.bousetta.be. Le scrutin aura lieu le 10 juin prochain.

1. Michel Daerden
2. Marie-Claire Lambert
3. Guy Coëme
4. André Frédéric
5. Linda Musin
6. Thierry Giet
7. Josette Michaux
8. Edmund Stoffels
9. Hassan BOUSETTA
13. Delphine Salou
15. Alain Mathot

02 mars 2007

Le budget 2007 de la ville de Liège est adopté

Ce mardi 27 février, le conseil communal de la ville de Liège a adopté son budget 2007. Dans la foulée, il a également adopté ceux du CPAS et de la police.

Le vote du budget est un moment essentiel dans la vie d'une commune. Chaque dépense des autorités communales doit en effet être justifiée par un article budgétaire. D'où l'importance de ce document dans le fonctionnement quotidien de chaque service. Le budget, c'est en quelque sorte la traduction en chiffres de ce qu'on veut (ou doit) faire dans le courant de l'année.

Un budget communal se présente en deux parties. Il y a tout d'abord le budget ordinaire, qui reprend l'ensemble des dépenses habituelles de la ville. Ce sont l'essentiel des dépenses que l'on prévoit. Ensuite, il y a le budget extraordinare qui reprend les dépenses d'investissement que l'on envisage. A Liège, le montant du budget ordinaire de 2007 s'élève à 483 317 083 Euros soit près de 19 milliard de francs belges. Le budget extraordinaire de cette année quant à lui s'élève à 18 794 525 Euros, soit plus de 700 million de francs belges.

Il n'aura échappé à personne que la ville de Liège vit une situation budgétaire délicate. C'est l'héritage des années passées que nous continuons à assumer (avec notamment une très lourde charge des pensions du personnel retraité). J'ai eu l'occasion de l'expliquer plusieurs fois durant la campagne électorale, notamment lors d'une rencontre avec des jeunes de Bressoux-Droixhe (à qui, de mon point de vue, on explique pas suffisamment ce genre de choses). Mais cela n'a pas empêché le collège de présenter un budget 2007 en équilibre, c'est à dire que le montant total des dépenses est équivalent au montant total des recettes. L'équipe de Willy Demeyer a voulu s'inscrire dans une gestion prudente et a demandé à la plupart des départements de la ville de comprimer leurs frais de fonctionnement.

Je ne reviens pas sur les polémiques déclenchées par l'opposition sur la piscine Jonfosse, l'Opéra Royal de Wallonie ou le précompte immobilier. La presse en a suffisamment parlé. Mais il me plait par contre de souligner que le collège communal a décidé de répondre favorablement à la demande de réaménagement de la parcelle musulmane du cimetière de Robermont. Un crédit de 30 000 Euros a été inscrit au budget 2007 à cet effet.

J'aurai l'occasion d'y revenir.

16 février 2007

Le conseil communal des enfants: la ville au futur


Le troisième Conseil communal des enfants de la ville de Liège a été installé officiellement ce lundi 29 janvier 2007. Ce conseil un peu particulier a pour objectif d'initier les enfants à la vie communale et à l'apprentissage de la démocratie. Il cherche à leur faire percevoir l'importance du dialogue, de l'écoute réciproque et du travail en groupe. Comme leurs aînés, les 48 représentants des enfants, tous âgés de 10 à 12 ans, ont été élus démocratiquement et cela pour une période de deux ans.
Ce qui est fort remarquable dans cette élection, c'est l'extraordinaire diversité qui se dégage du conseil. Il y a tout d'abord plus de filles que de garçons (28/20). Ensuite, tous les quartiers de la ville sont représentés et on peut même observer une progression constante du taux de participation dans les quartiers moins favorisés. Enfin, les patronymes des élus laissent accroire qu'ils sont d'origines extrêmement diverses. Probablement plus de la moitié d'entre eux ont un parent ou un grand parent venu d'ailleurs.
Finalement, la composition du conseil communal des enfants est une photographie de ce que pourrait être la ville au futur, une ville encore plus riche de ses différentes couleurs et sensibilités. Et c'est ce me (ti) ssage qui m'apparaît comme particulièrement important. Je note aussi que dans les textes figurant sur leurs fiches de présentation, les enfants sont nombreux à souhaiter une ville sans racisme.
En cela, leurs préoccupations ne sont pas différentes de celles de nombreux membres du conseil des adultes. Toute la question est de savoir si nous, les actuels mandataires communaux liégeois, seront à la hauteur du défi de ce Liège en devenir. La tâche est énorme et le temps est compté.
PS: La liste complète des nouveaux élus n'est pas encore disponible en ligne, mais pour obtenir néanmoins des infos utiles sur le conseil communal des enfants, vous pouvez cliquer ici

06 février 2007

Les Marocains moins heureux à Liège ?

Un collègue, à qui rien n'échappe, me signale la publication dans La Dernière Heure d'aujourd'hui 6 février 2007 d'un article intitulé "Les Marocains plus heureux à Rotterdam et Anvers qu'à Bruxelles". Après vérification, il s'agit de la reproduction fidèle d'une dépêche Belga/ANP. Elle relate les conclusions d'une étude de psychologie sociale menée par Hilda Lubbers sous la supervision du Professeur Jan Pieter Van Oudenhoven de l'Université de Groningue.

La recherche vise à comparer le "bonheur" de vivre dans deux villes francophones et deux villes néerlandophones. Selon cette recherche, les Marocains (pour être précis, les Marocains, les Hollando-marocains et les Belgo-marocains) se sentent plus heureux à Rotterdam et Anvers qu'à Bruxelles ou Liège. Les Marocains de Rotterdam accordent une note de 7,4/10 sur leur bonheur de vivre dans cette ville. Le chiffre est parfaitement identique à Anvers. La note est de 6,4/10 à Bruxelles et de 6,2/10 à Liège.

L'explication qui est avancée par le Professeur Van Oundenhoven dans la presse pour éclairer ces résultats mérite d'être citée intégralement tant elle me semble déroutante pour ne pas dire complètement tirée par les cheveux. La voici résumée:

"Nous avions en effet à l'idée que les Marocains, compte tenu de leur langue et de leur origine culturelle, se sentiraient plus proches du monde francophone (..) Nous pensions donc que les Marocains à Bruxelles et Liège auraient été plus satisfaits que leurs compatriotes vivant à Anvers et Rotterdam.(...) Quand ta propre culture présente des similitudes avec la culture dans laquelle tu es immiscé -comme c'est le cas pour les Marocains vivant en Wallonie - tu essayes de t'y fondre et de t'y adapter. Mais tu n'y parviens jamais complètement et un sentiment de frustration demeure. Si tu n'agis pas de la sorte et que tu restes dans ton propre groupe, tu as moins de frustrations et tu es donc plus heureux (...) ".

N'ayant pas lu la recherche en question, il est difficile de pouvoir en faire une critique informée. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai dès ce soir contacté les auteurs pour obtenir une copie du travail. Celà étant, pour bien connaître ces quatre villes et pour bien connaître les cuisines de la recherche tant en Belgique qu'aux Pays-Bas, je trouve les résultats présentés dans la presse pour le moins surprenants. Cinq points méritent commentaire:

1. J'ai moi-même mené une recherche comparative sur les Marocains dans 4 villes dont 2 sont également étudiées par Lubbers et Van Oudenhoven (i.e. Anvers et Liège). Même si c'est souvent ce que l'on attend de ce type de recherches, je crois qu'il faut résister à la tentation de tirer des conclusions trop normatives du genre "C'est mieux ici", "C'est plus efficace là-bas", "Ils sont mieux intégrés là-bas". Personnellement, je n'aime pas trop émettre des conclusions normatives sans un minimum de précaution. Je n'aime pas non plus lorsque des collègues le font, a fortiori par voie de presse et avec de péremptoires cotations sur 10 à l'appui.

2. Tout qui a procédé à des recherches comparatives sait pertinemment qu'on est inévitablement confronté à des problèmes méthodologiques sérieux. Comment être assuré que les réponses aux questions des enquêteurs ont la même signification d'un contexte à l'autre? Comment s'assurer que les questions sont comprises par les enquêtés de la même manière d'un contexte à l'autre? Comment s'assurer de l'équivalence des significations lors de la traduction d'un questionnaire? Etc, etc. Tout cela demande un travail de réflexion minutieux. Et je crains fort que l'approche quantitativiste et behavioriste de mes collègues psychologues sociaux néerlandais n'aient ici fait l'impasse sur ces questions.

3. Toute précaution méthodologique gardée, il y a deux informations qui me semblent confirmer mes propres observations. Cela concerne tout d'abord la perception de la discrimination. Selon Van Oudenhoven: "Aux yeux des Marocains, il n'y a pas de différence à ce sujet entre la Belgique et les Pays-Bas" Les conclusions de ma thèse n'abordaient pas précisément la question de la discrimination, mais pointaient du doigt l'idée selon laquelle il y a une plus grande convergence dans les réalités vécues par les Marocains que ce qu'on pourrait penser au départ d'une réflexion basée sur des modèles d'intégration supposés radicalement différents. La deuxième chose qui me semble parfaitement plausible concerne l'impact des mouvements xénophobes du type Vlaams Belang à Anvers ou Pim Fortuyn à Rotterdam. C'est une des choses qui m'a le plus frappé à Anvers. Je n'ai pas perçu dans les très nombreux entretiens que j'ai fait à Anvers d'inquiétude ou de crainte spécifiquement liée à l'importance du Vlaams Belang dans cette ville. En revanche, j'ai pu observer partout où j'ai enquêté un sentiment d'injustice par rapport aux phénomènes de racisme et de discrimination ordinaires.

4. Je trouve l'explication des résultats non seulement tirée par les cheveux mais à la limite de l'insupportable. Si l'on suit Van Oudenhoven, l'intégration ne pourrait qu'avorter: "tu essaies de t'y fondre et de t'adapter, mais tu n'y parviens complètement jamais". Et cet échec de l'intégration, pour reprendre l'idée chère à Daniel Ducarme, produirait de la frustration et par voie de conséquence un "bonheur" moindre dans des villes comme Liège ou Bruxelles. A l'opposé, vivre à l'écart de la société (dans son propre groupe, sic) conduirait à moins de frustration et donc plus de bonheur ! On croit rêver. Tout cela pourrait finalement se résumer par la formule "Pour vivre heureux, vivons séparés" Un peu comme s'il n'y avait pas à Anvers et Rotterdam des Marocains qui tous les jours s'efforcent de s'intégrer individuellement à la société flamande ou hollandaise ! Comme s'il n'y avait pas d'intégration, et je dirais même d'assimilation complète, de Marocains à Bruxelles ou à Liège !

5. Finalement, on peut s'étonner que la situation de l'emploi, du logement, de l'éducation, les législations sur le séjour, celles sur le regroupement familial (et Dieu sait si elles posent des problèmes aux Maroco-néerlandais), les réglements communaux sur le port du voile comme ceux récemment adoptés à Anvers, etc, n'apparaissent pas comme influençant le bonheur des enquêtés.

Si j'avais du répondre aux enquêteurs, j'aurais certainement donné un classement exactement inverse. Sans vouloir être injuste vis à vis de Bruxelles, je sais que j'ai un parti pris évident pour Liège. Mais pour avoir beaucoup bourlingué, je sais aussi qu'on a souvent tendance à juger la vie ailleurs avec des critères de jugement formattés chez soi. L'autre et l'ailleurs sont toujours un peu plus ceci ou un peu moins cela. Ceci étant, je pense que Liège garde encore quelque chose de son passé industriel et ouvrier qui facilite l'intégration dans la vie sociale. Mais je pense aussi que ce creuset est menacé. Celà est perceptible chez les plus jeunes. Il fonctionne de moins en moins efficacement à cause de la situation dramatique que nous vivons sur le terrain de l'emploi. Mais de là à penser que les Marocains sont moins heureux à Liège qu'à Anvers ou Rotterdam ....

Et vous qu'en pensez-vous ?

29 janvier 2007

Liège: nouveau logo, nouveau slogan


Le 17 janvier dernier, le collège communal a dévoilé le nouveau logo de la ville de Liège à l'occasion de la cérémonie de présentation des voeux au personnel de l'administration. A en juger par le brouhaha qui a suivi l'apparition du logo sur les écrans géants de la Foire de Coronmeuse, les premières réactions sont plutôt mitigées. Depuis lors, il y a visiblement débat au sein du personnel de l'administration communale tout comme sur les blogs d'ailleurs. Beaucoup d'antis-nouveau logo s'émeuvent de la confusion entre la représentation stylisée du Perron et ce qui pourrait bien être un majeur tendu bien haut. Pour ma part, je trouve fort heureux qu'on ait décidé de moderniser l'image institutionnelle de la ville. L'ancien logo n'était pas mal. Mais la mention qui l'accompagnait sur le site de la ville et qui disait quelque chose du genre "dessiné par un employé communal", trahissait un certain amateurisme (quels que soient les mérites indéniables du fonctionnaire en question). Quant à la lecture du nouveau logo à double niveau qui est aujourd'hui faite par certains Liégeois, mais qui n'était évidemment pas dans l'intention des concepteurs, je la trouve plutôt amusante et, en tous cas, assez cohérente avec le slogan. Car Liège, c'est définitivement, un certain état d'esprit !

Pour tout savoir sur ce nouveau logo, cliquez ici

06 décembre 2006

Mobilisation anti-fasciste à l'occasion de l'installation du conseil communal à Liège



Voir aussi les liens suivants:
"Le vrai débat en janvier", La Meuse, 05/12/2006 >> Cliquez ici
"Le collège PS-CDH souhaite un nouveau projet de ville. Le match Willy-Didier est lancé >> Cliquez ici

22 novembre 2006

Fin des pronostics pour le prochain collège communal à Liège

"Je mise l’ouverture et Chamas " auraient pu se dire les plus perspicaces parieurs à l'approche du vote d'investiture des futurs échevins socialistes à Liège. En effet, comme annoncé par la presse et relayé sur ce blog, la principale incertitude concernait la désignation ou non d'un candidat d'ouverture au poste d'échevin de la jeunesse et des sports. Et dans l'affirmative, qui de Fouad Chamas ou d'Hassan Bousetta allait être appelé à occuper la fonction. La situation était inédite, puisque pour la première fois à ma connaissance, le PS envisageait sérieusement l'attribution du poste en dehors des candidatures émanant du centre ou de la périphérie. Le verdict est tombé hier dans la soirée. Ce sera finalement bien un candidat d'ouverture qui assurera cette responsabilité en la personne de Fouad Chamas. Son expérience au sein du conseil communal et son résultat en voix de préférence auront fait la différence.

Qu'il me soit permis ici d'adresser toutes mes félicitations à Fouad ainsi qu'à tous les autres échevins désignés par le vote de leurs instances: Maggy Yerna (Affaires économiques), Jean-Géry Godeaux (Travaux), Pierre Stassart (Instruction publique), Jean-Pierre Hupkens (Culture) et Julie Fernandez-Fernandez (Etat civil). C'est là une double preuve tangible d'ouverture: aux non-affiliés, d'une part, et à la réalité multiculturelle de la ville, d'autre part, vu que le collège comptera deux élus d'origine étrangère. C'est aussi une pierre supplémentaire à ajouter à l'édifice de la rénovation du PS entreprise à Liège sous la houlette de Willy Demeyer.

16 novembre 2006

Liège: un échevin asexué politiquement?






Dans son édition du lundi 13 novembre, La Meuse spécule sur la formation du prochain collège communal, selon la nouvelle terminologie, et s'interroge sur la nomination possible d'un échevin "asexué politiquement". Sont ici visés le conseiller communal sortant Fouad Chamas (4e résultat de la liste PS) et moi-même (8e). Triste sort! A peine élus, nous voilà donc déjà émasculés.

Mais qu'est-ce que celà veut dire au juste? Soyons clair, cette expression n'a aucun sens autre que métaphorique. Si les deux personnes visées, en leurs qualités de candidats d'ouverture, ne sont effectivement pas membres du Parti Socialiste, ils ont bien été élus sur cette liste en défendant son programme. Contrairement au Premier ministre fédéral ou au Ministre-Président de la Région bruxelloise qui sont considérés fonctionnellement comme axexués linguistiquement à partir de leur entrée en fonction dans l'optique de dépasser le clivage communautaire, on voit mal comment un échevin pourrait situer son action au dessus des clivages politiques pour respecter des équilibres entre partis ou à l'intérieur de la liste qui les a fait élire. D'autant plus que dans mon cas, j'ai annoncé durant la campagne à qui voulait l'entendre que j'adhérerais en temps voulu à une section du PS liégeois (a priori celle de mon quartier).

Ceci étant, je continue à penser que mon élection est déjà en soi une belle récompense pour le sérieux du travail accompli avec ma petite équipe durant la campagne électorale. Une fonction scabinale serait certes la cerise sur le gâteau et un formidable amplificateur de l'action que je compte mener ... mais ce serait aussi un choix terriblement difficile puisque je devrais immanquablement renoncer à mon activité professionnelle à l'université.

Pour lire l'intégralité de l'article, rendez-vous sur mon site >>> Cliquez ici