07 juin 2007

Un regard mixte et engagé sur l’école, les étudiants, l’enseignement

L’enseignement est un des éléments clés du développement social, culturel et économique. Personne ne le conteste, mais où en sommes nous vraiment ? Retrouvons-nous un fossé entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ? La démocratie de l’enseignement : un rêve, un échec, une volonté urgente ?

Lire ça va. Comprendre c’est autre chose !

« La Libre Belgique » du 23 mai intitulait l’article consacré à l’évaluation du français par une équipe de recherche dans le primaire et le secondaire « Lire ça va. Comprendre c’est autre chose »

Réactions de deux candidats socialistes ayant des choses à dire et à vivre.

Entretien réalisé par Jean Pierre Keimeul Journaliste

Madeleine Mairlot a derrière elle une carrière d’enseignante dans le technique secondaire et l’enseignement supérieur - graduat en communication, service social, bibliothécaire.

Hassan Bousetta travaille à l’Université de Liège au CEDEM, centre d’études de l’ethnicité et des migrations ; il est également chercheur au FNRS.

Madeleine Mairlot : « J’ai eu la chance d’accéder à l’université dans les années 1960, et de devenir prof de français au début des années 1970, la belle époque de la démocratisation de l’enseignement. Ce n’est pas un hasard si l’échec le plus évident à l’université, toutes facultés confondues, vient de ce que les étudiants ne comprennent pas des textes complexes. » « Lorsque j’enseignais dans le secondaire technique que l’on dévalorise à tort, mes étudiantes, je leur faisais lire dix bouquins par an. Nous pouvions aborder Camus, Sartre, la poésie surréaliste, la littérature italienne… Même si l’orthographe était souvent défaillante, on travaillait sur le sens, il y avait du fond » « À ce moment-là, on pouvait encore parler « d’humanités techniques ». Maintenant, les programmes visent à la rentabilité immédiate. On supprime le dessin, la musique, le latin, demain la littérature pour l’informatique… C’est oublier que l’apprentissage de la musique favorise celui des maths et que le latin aide à la maîtrise du français. »

Hassan Bousetta : « J’ai eu une scolarité sans problèmes. Dans un milieu rural où mon père et quelques autres ouvriers immigrés avaient atterri. Nous étions quatre frères et tous nous faisions des primaires impeccables. Ce qui « étonnait » certains parents… Je dois souligner que si nous avons eu des « beaux points » c’est aussi grâce à des enseignants qui nous donnaient le goût de l’école. L’école est soumise aux tensions sociales, la différence se marque toujours par ce que peut apporter le milieu familial. Il y a des parents qui ne connaissent pas l’école, ne savent pas faire passer cette confiance en l’école que généralement des parents intellectuels font passer. Quand il faut surmonter un handicap linguistique ou socio-culturel, c’est dur, et il faut inculquer une confiance en lui à l’enfant, à l’étudiant. C’est ce que j’appelle le degré de confiance avec l’institution scolaire. »


Comment appréhender les courants qui veulent de nouveau séparer garçons et filles dans les filières d’enseignement, parfois même au nom d’un certain féminisme ?

Madeleine Mairlot : « Je me refuse à cautionner un tel retour en arrière. Bien entendu il y a une différence d’appréhension de la scolarité. Les garçons ont besoin d’être en bande, de s’affirmer, je l’ai ressenti très fort quand j’enseignais à l’école technique. Les filles s’adaptent beaucoup plus vite à la réalité du moment, elles intègrent qu’une bonne scolarité est une promotion dans la société. Mais garçons et filles se stimulent, se découvrent, s’enrichissent de leurs différences. »

Hassan Bousetta : « J’ai lu cela aussi, cela me paraît un courant tout à fait marginal. « Question plus fondamentale, c’est le port du voile dans les écoles publiques. Je suis un adepte de cette notion d’école publique. L’école doit permettre aux étudiants de vivre et les laisser vivre. C’est leur apprentissage qui leur forge une personnalité. La dérive serait de précipiter les jeunes filles qui portent le voile par choix, conviction, même par révolte identitaire, dans des écoles religieuses éloignées du reste de la société. « L’interdiction du port du voile dans certaines écoles n’est pas la solution et ne favorisera pas la dynamique d’intégration. Je suis persuadé, quand je dis cela, que cela peut se faire sans toucher à la nécessaire séparation du champ politique et du champ religieux. »

Les hautes études et l’université : un mur infranchissable ?

Madeleine : « Dans le supérieur, je constate que le projet Bologne favorise des écoles mammouths. L’étudiant a des bâtiments fonctionnels, de beaux amphis, la province de Liège a fait un travail remarquable sur ce plan-là, mais une part de la relation humaine disparaît entre les profs et les étudiants. »

Hassan : « Effectivement, comme le souligne Madeleine l’enseignement fait face à des réformes lourdes. Nos universités doivent former en 5 ans au lieu de 4 ans mais sans moyens correspondants en investissements pédagogiques et humains. L’université d’aujourd’hui n’est plus celle d’il y a 15 ans, et on constate, en matière de recherche, qu’elle est soumise à la concurrence des labos, des centres de recherche et des lobby privés. « J’en reviens aussi à une notion fondamentale, « celle du 19ème siècle et de « l’Instruction Publique ». Ce n’est pas un combat d’hier c’est un combat d’aujourd’hui et de demain. « En Afrique il n’y a plus d’Instruction Publique, les écoles qui forment correctement sont privées. En Belgique le phénomène des « écoles européennes » très chères et performantes qu’affectionne un certain nombre d’entreprises, c’est déjà un révélateur. »

Des idées politiques concrètes ?

Madeleine Mairlot

« Il faut renforcer l’étude du français et des langues dès le plus jeune âge. Parce que c’est déjà entre 6 et 8 ans que les différences se marquent, parfois pour toute la vie… Il est tout aussi primordial de réintroduire la culture et l’art dans les cours dès l’école primaire. La musique, le théâtre, toutes les activités qui développent une créativité doivent se faire dès le départ. Ce serait aussi une manière de réintroduire les artistes dans une fonction pédagogique où ils sont trop peu présent. »

Hassan Bousetta

« Je trouve primordial dans le cadre de l’enseignement de répondre aux crises identitaires de manière sociale. Il y a des « écoles ghettos » que des élèves eux-mêmes qualifient d’ « écoles poubelles ». Or, pour s’identifier à l’école il faut s’y trouver dans des conditions positives. L’intégration scolaire comme je le soulignais est aussi une question de confiance, non seulement pour les parents mais pour les étudiants. Se sentir dans une école de « seconde zone » cela na favorise pas la confiance en soi et l’épanouissement. Concrètement je suis favorable à la création de classes de 15 élèves maximum. »


Madeleine Mairlot 6ème suppléante à la Chambre

www.madeleinemairlot.be

m.mairlot@skynet.be


Hassan Bousetta 9e effectif à la Chambre

www.bousetta.be

hassan.bousetta@skynet.be

29 mai 2007

Oeuvrer pour le rapprocherment interculturel

La semaine passée, le sociologue flamand Jan Hertogen a réussi un beau coup médiatique en publiant des données mises à jour concernant l'évolution des populations d'origine étrangères en Belgique. Sur base de statistiques liées à la nationalité et à la naturalisation arrêtées au 1er janvier 2006, Jan Hertogen démontre que les Marocains sont devenus quantitativement le premier groupe issu de l'immigration en Belgique (1). La presse en a abondamment parlé tout au long de la semaine et cela n'a pas manqué d'alimenter les discussions du café du commerce.

Fort présent sur le terrain pour ma campagne électorale, je ne compte plus le nombre de personnes qui m'ont interpellé sur le sujet. Beaucoup de Belgo-Marocains y ont vu le signe annonciateur d'une reconnaissance par le nombre. Un peu comme s'ils venaient de remporter une victoire en demi-fond. A tort ! Les choses ne fonctionnent malheureusement pas tout à fait de la sorte. La reconnaissance et le respect mutuels ne se conquièrent pas par un quelconque effet de masse, mais bien plutôt par une action politique structurée.













Pour moi qui suis biographiquement ancré dans l'immigration marocaine, ce moment singulier où se croisent les courbes statistiques des populations d'origine italienne et marocaine me fait surtout penser que ces deux 'communautés' ont partagé bien des choses dans leur histoire. C'est une belle occasion pour moi de dire combien ont été importantes les rencontres entre Belges, Italiens et Marocains à Liège et en Wallonie. On pourrait en parler longuement en ce qui concerne le combat syndical. Les Italiens étant les premiers à qui la Belgique a fait appel après-guerre, ils ont ouvert de nombreuses portes aux travailleurs étrangers qui leur ont succédé.

J'ai personnellement un souvenir fort précis de mes contacts avec l'immigration italienne. J'ai eu la chance de pronconcer l'an dernier un discours d'hommage à l'immigration italienne lors d'une séance thématique du Conseil provincial de Liège à l'occasion des 60 ans de l'accord bilatéral belgo-italien de 1946. Pas plus tard que dimanche passé sur le marché de la Batte, j'ai été chaleureusement interpellé en italien par un militant qui croyait reconnaître en moi un Buscetta napolitain.

En réalité, dès mon plus jeune âge, dès l'école communale, j'ai été bercé dans ce creuset interculturel liégeois où les Italiens étaient fort nombreux. Du fonds des années septante, je garde en mémoire l'image de la maman de mon camarade de classe Vito expliquant à ma mère un mercredi après-midi après l'école, et dans un sabir auquel seul les immigrés peuvent donner sens, le secret de la confection artisanale des pâtes. De mes humanités, je garde une amitié intacte pour mon ami Gianni. Je me suis retrouvé plus tard à la tête d'un club de volley-ball après avoir été initié par mon ami Ignazio (dit Noutcho) à toutes les subtilités du rôle de responsable d'un club sportif. Et je n'en dirai pas plus sur le rôle importantissime de mon actuel patron et ami Marco qui, dès 1993, a contribué décisivement à ce que j'embrasse la carrière de chercheur à l'université.

Engagé aujourd'hui en politique, j'ai l'immense bonheur de figurer sur une liste qui compte des candidats Belges dont les parents italiens furent un jour accueilli à 'bras ouverts' par la Belgique. C'est le cas notamment de Christie Morreale et de Marc Tarabella. J'ai une sympathie profonde pour le travail qu'ils effectuent et j'espère qu'ils réaliseront un beau résultat le 10 juin prochain. Ceci dit, comme le montre cette photo que je viens de recevoir dans ma boîte email, il est des circonstances où les rapprochements interculturels peuvent être fort surprenants... (2)












(1) Ces données sont présentées sur son site Internet: www.npdata.be
(2) Vous reconnaîtrez à l'image mon ami Alain Declerck, un artiste liégeois qui oeuvre non seulement au rapprochement interculturel mais à la paix dans le monde. Son oeuvre d'art 'La Porte de la Paix' en faveur de la paix entre Israéliens et Palestiniens sera inaugurée au Rond Point Schuman le 4 juin prochain. Soyez nombreux à soutenir son appel en cliquant ici

21 mai 2007

50 personnalités qui font bouger Liège

Le Vif L'Express publie cette semaine une série de 50 portraits de Liégeois qui font bouger la ville et me fait l'honneur d'une mention. Avec le recteur Bernard Rentier, le Prof Bernadette Merenne-Schoumaker, le Prof. Jean Michel Foidart, le Dr Pierre Verjans, le Prof G.Hennen et moi-même, l'université de Liège est particulièrement bien représentée dans cette galerie. Ce résultat me conforte dans l'idée que c'est dans un partenariat renforcé entre université et pouvoirs publics locaux qu'on doit plus que jamais envisager la reconversion de la ville et de la région. Si les observateurs notent les frémissements d'une reprise économique, mon collègue Pierre Verjans rappelle toutefois dans son entretien qu'on ne parvient pas suffisamment à rassembler les énergies.


Seul petit bémol à l'égard de ce dossier, on n'explique pas vraiment ce qui a servi de fil rouge à la sélection de ces personnalités. Difficile par exemple d'expliquer l'omission de certaines éminences du monde politique, économique, médiatique et culturel qui font effectivement bouger Liège au quotidien. Mais bon, je ne voudrais pas être cabotin et je ne boude pas mon plaisir de me retrouver dans cette liste de personnalités au service de leur ville.



16 mai 2007

Résurrection?

Après mon activité de lancement de campagne au Père Lachaise, certains d'entre vous se sont inquiétés de ne plus avoir de nouvelles de moi sur ce blog. Je vous rassure, ce lancement de campagne ne fut pas un enterrement. Bien au contraire, ce fut une belle réussite. Et je tiens à remercier ici tous ceux qui se sont déplacés pour me témoigner leur soutien.

Il se trouve que depuis quatre semaines, les activités s'enchaînent à un rythme soutenu. Je n'ai plus une seconde à moi. Entre mes cours à l'université, les examens, mes recherches, la campagne après les heures de boulot et la famille tard le soir, il ne me reste littéralement plus rien comme temps libre. Pas même le temps de vous rédiger un petit billet alors que le nombre de visiteurs de ce blog s'est fortement accru depuis l'annonce de ma candidature.

Comment les choses s'annoncent-elles? Eh bien, plutôt pas mal. Comme d'habitude, j'ai réuni autour de moi une petite équipe qui s'est directement mise au travail. Et en quelques semaines, le boulot que nous avons abattu est considérable. Je tiens d'ailleurs à remercier sincèrement tous ceux qui nous ont déjà apporté leur concours.

Ce qui nous attend n'est pas moins exigeant. Faire campagne à l'échelle d'une province comme Liège nécessite en effet une sacrée dose d'investissement, de discipline et d'organisation. Il faut dire aussi que cette expérience est fort différente de celle d'une élection communale où tout se joue dans la proximité et le relationnel.

Politiquement parlant, le PS présente une liste solide avec d'excellents candidats. Si les rapports de force restent en l'état, ce ne sera pas facile de se faire une place au soleil. Le PS a aujourd'hui six élus sur quinze en province de Liège. Il se bat néanmoins pour décrocher un septième siège. Dans le climat de l'après victoire de Sarkozy à l'élection présidentielle française avec sa volonté affichée de tourner le dos à l'héritage de mai 68, restons donc réaliste et faisons advenir l'impossible.

16 avril 2007

Dimanche prochain au Père Lachaise

Quelque chose de prévu ce dimanche 22 avril en début de soirée? Je vous invite à venir partager un moment de rencontre à l'occasion du lancement de ma campagne pour les élections législatives du 10 juin prochain. Ce sera aussi l'occasion de faire connaissance avec quelques candidats PS également présents sur les listes.

Vous aviez prévu de passer la soirée devant votre petit écran à suivre la soirée électorale consacrée au premier tour des présidentielles françaises? Que celà ne vous arrête pas. Nous avons prévu avec mon équipe une projection des résultats et commentaires sur écran géant.

Que vient faire le Père Lachaise dans tout celà? Et bien, c'est le nom de la brasserie grivegnétoise où se déroulera l'événement. Mal choisi? Pas si sûr. Dimanche prochain risque fort d'être souvenu comme jour de deuil ... du sarkozysme ou du lepénisme.

Si le coeur vous en dit, n'hésitez pas à venir nous rejoindre dès 18h30.

Pour consulter l'invitation, cliquez ici.

01 avril 2007

Elections législatives 2007







La liste du PS pour les élections législatives 2007 dans la province de Liège a été présentée ce lundi 26 mars 2007. Elle sera emmenée par Michel Daerden tandis qu'Alain Mathot poussera la liste en 15e position. Après avoir raté de peu un 7e siège en 2003, la liste socialiste se donne pour ambition de repartir à la conquête de ce siège supplémentaire. Parmi les candidats de Liège-ville, on note la présence de Marie-Claire Lambert, à la fois en 2e position effective et 1ere suppléance, de Delphine Salou (13e effective) ainsi que celle de .... Hassan Bousetta, neuvième effectif et premier candidat d'ouverture.
Je vous donne rendez-vous ici même pour vous informer sur le déroulement de la campagne ainsi que sur www.bousetta.be. Le scrutin aura lieu le 10 juin prochain.

1. Michel Daerden
2. Marie-Claire Lambert
3. Guy Coëme
4. André Frédéric
5. Linda Musin
6. Thierry Giet
7. Josette Michaux
8. Edmund Stoffels
9. Hassan BOUSETTA
13. Delphine Salou
15. Alain Mathot

02 mars 2007

Le budget 2007 de la ville de Liège est adopté

Ce mardi 27 février, le conseil communal de la ville de Liège a adopté son budget 2007. Dans la foulée, il a également adopté ceux du CPAS et de la police.

Le vote du budget est un moment essentiel dans la vie d'une commune. Chaque dépense des autorités communales doit en effet être justifiée par un article budgétaire. D'où l'importance de ce document dans le fonctionnement quotidien de chaque service. Le budget, c'est en quelque sorte la traduction en chiffres de ce qu'on veut (ou doit) faire dans le courant de l'année.

Un budget communal se présente en deux parties. Il y a tout d'abord le budget ordinaire, qui reprend l'ensemble des dépenses habituelles de la ville. Ce sont l'essentiel des dépenses que l'on prévoit. Ensuite, il y a le budget extraordinare qui reprend les dépenses d'investissement que l'on envisage. A Liège, le montant du budget ordinaire de 2007 s'élève à 483 317 083 Euros soit près de 19 milliard de francs belges. Le budget extraordinaire de cette année quant à lui s'élève à 18 794 525 Euros, soit plus de 700 million de francs belges.

Il n'aura échappé à personne que la ville de Liège vit une situation budgétaire délicate. C'est l'héritage des années passées que nous continuons à assumer (avec notamment une très lourde charge des pensions du personnel retraité). J'ai eu l'occasion de l'expliquer plusieurs fois durant la campagne électorale, notamment lors d'une rencontre avec des jeunes de Bressoux-Droixhe (à qui, de mon point de vue, on explique pas suffisamment ce genre de choses). Mais cela n'a pas empêché le collège de présenter un budget 2007 en équilibre, c'est à dire que le montant total des dépenses est équivalent au montant total des recettes. L'équipe de Willy Demeyer a voulu s'inscrire dans une gestion prudente et a demandé à la plupart des départements de la ville de comprimer leurs frais de fonctionnement.

Je ne reviens pas sur les polémiques déclenchées par l'opposition sur la piscine Jonfosse, l'Opéra Royal de Wallonie ou le précompte immobilier. La presse en a suffisamment parlé. Mais il me plait par contre de souligner que le collège communal a décidé de répondre favorablement à la demande de réaménagement de la parcelle musulmane du cimetière de Robermont. Un crédit de 30 000 Euros a été inscrit au budget 2007 à cet effet.

J'aurai l'occasion d'y revenir.

16 février 2007

Le conseil communal des enfants: la ville au futur


Le troisième Conseil communal des enfants de la ville de Liège a été installé officiellement ce lundi 29 janvier 2007. Ce conseil un peu particulier a pour objectif d'initier les enfants à la vie communale et à l'apprentissage de la démocratie. Il cherche à leur faire percevoir l'importance du dialogue, de l'écoute réciproque et du travail en groupe. Comme leurs aînés, les 48 représentants des enfants, tous âgés de 10 à 12 ans, ont été élus démocratiquement et cela pour une période de deux ans.
Ce qui est fort remarquable dans cette élection, c'est l'extraordinaire diversité qui se dégage du conseil. Il y a tout d'abord plus de filles que de garçons (28/20). Ensuite, tous les quartiers de la ville sont représentés et on peut même observer une progression constante du taux de participation dans les quartiers moins favorisés. Enfin, les patronymes des élus laissent accroire qu'ils sont d'origines extrêmement diverses. Probablement plus de la moitié d'entre eux ont un parent ou un grand parent venu d'ailleurs.
Finalement, la composition du conseil communal des enfants est une photographie de ce que pourrait être la ville au futur, une ville encore plus riche de ses différentes couleurs et sensibilités. Et c'est ce me (ti) ssage qui m'apparaît comme particulièrement important. Je note aussi que dans les textes figurant sur leurs fiches de présentation, les enfants sont nombreux à souhaiter une ville sans racisme.
En cela, leurs préoccupations ne sont pas différentes de celles de nombreux membres du conseil des adultes. Toute la question est de savoir si nous, les actuels mandataires communaux liégeois, seront à la hauteur du défi de ce Liège en devenir. La tâche est énorme et le temps est compté.
PS: La liste complète des nouveaux élus n'est pas encore disponible en ligne, mais pour obtenir néanmoins des infos utiles sur le conseil communal des enfants, vous pouvez cliquer ici

06 février 2007

Les Marocains moins heureux à Liège ?

Un collègue, à qui rien n'échappe, me signale la publication dans La Dernière Heure d'aujourd'hui 6 février 2007 d'un article intitulé "Les Marocains plus heureux à Rotterdam et Anvers qu'à Bruxelles". Après vérification, il s'agit de la reproduction fidèle d'une dépêche Belga/ANP. Elle relate les conclusions d'une étude de psychologie sociale menée par Hilda Lubbers sous la supervision du Professeur Jan Pieter Van Oudenhoven de l'Université de Groningue.

La recherche vise à comparer le "bonheur" de vivre dans deux villes francophones et deux villes néerlandophones. Selon cette recherche, les Marocains (pour être précis, les Marocains, les Hollando-marocains et les Belgo-marocains) se sentent plus heureux à Rotterdam et Anvers qu'à Bruxelles ou Liège. Les Marocains de Rotterdam accordent une note de 7,4/10 sur leur bonheur de vivre dans cette ville. Le chiffre est parfaitement identique à Anvers. La note est de 6,4/10 à Bruxelles et de 6,2/10 à Liège.

L'explication qui est avancée par le Professeur Van Oundenhoven dans la presse pour éclairer ces résultats mérite d'être citée intégralement tant elle me semble déroutante pour ne pas dire complètement tirée par les cheveux. La voici résumée:

"Nous avions en effet à l'idée que les Marocains, compte tenu de leur langue et de leur origine culturelle, se sentiraient plus proches du monde francophone (..) Nous pensions donc que les Marocains à Bruxelles et Liège auraient été plus satisfaits que leurs compatriotes vivant à Anvers et Rotterdam.(...) Quand ta propre culture présente des similitudes avec la culture dans laquelle tu es immiscé -comme c'est le cas pour les Marocains vivant en Wallonie - tu essayes de t'y fondre et de t'y adapter. Mais tu n'y parviens jamais complètement et un sentiment de frustration demeure. Si tu n'agis pas de la sorte et que tu restes dans ton propre groupe, tu as moins de frustrations et tu es donc plus heureux (...) ".

N'ayant pas lu la recherche en question, il est difficile de pouvoir en faire une critique informée. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai dès ce soir contacté les auteurs pour obtenir une copie du travail. Celà étant, pour bien connaître ces quatre villes et pour bien connaître les cuisines de la recherche tant en Belgique qu'aux Pays-Bas, je trouve les résultats présentés dans la presse pour le moins surprenants. Cinq points méritent commentaire:

1. J'ai moi-même mené une recherche comparative sur les Marocains dans 4 villes dont 2 sont également étudiées par Lubbers et Van Oudenhoven (i.e. Anvers et Liège). Même si c'est souvent ce que l'on attend de ce type de recherches, je crois qu'il faut résister à la tentation de tirer des conclusions trop normatives du genre "C'est mieux ici", "C'est plus efficace là-bas", "Ils sont mieux intégrés là-bas". Personnellement, je n'aime pas trop émettre des conclusions normatives sans un minimum de précaution. Je n'aime pas non plus lorsque des collègues le font, a fortiori par voie de presse et avec de péremptoires cotations sur 10 à l'appui.

2. Tout qui a procédé à des recherches comparatives sait pertinemment qu'on est inévitablement confronté à des problèmes méthodologiques sérieux. Comment être assuré que les réponses aux questions des enquêteurs ont la même signification d'un contexte à l'autre? Comment s'assurer que les questions sont comprises par les enquêtés de la même manière d'un contexte à l'autre? Comment s'assurer de l'équivalence des significations lors de la traduction d'un questionnaire? Etc, etc. Tout cela demande un travail de réflexion minutieux. Et je crains fort que l'approche quantitativiste et behavioriste de mes collègues psychologues sociaux néerlandais n'aient ici fait l'impasse sur ces questions.

3. Toute précaution méthodologique gardée, il y a deux informations qui me semblent confirmer mes propres observations. Cela concerne tout d'abord la perception de la discrimination. Selon Van Oudenhoven: "Aux yeux des Marocains, il n'y a pas de différence à ce sujet entre la Belgique et les Pays-Bas" Les conclusions de ma thèse n'abordaient pas précisément la question de la discrimination, mais pointaient du doigt l'idée selon laquelle il y a une plus grande convergence dans les réalités vécues par les Marocains que ce qu'on pourrait penser au départ d'une réflexion basée sur des modèles d'intégration supposés radicalement différents. La deuxième chose qui me semble parfaitement plausible concerne l'impact des mouvements xénophobes du type Vlaams Belang à Anvers ou Pim Fortuyn à Rotterdam. C'est une des choses qui m'a le plus frappé à Anvers. Je n'ai pas perçu dans les très nombreux entretiens que j'ai fait à Anvers d'inquiétude ou de crainte spécifiquement liée à l'importance du Vlaams Belang dans cette ville. En revanche, j'ai pu observer partout où j'ai enquêté un sentiment d'injustice par rapport aux phénomènes de racisme et de discrimination ordinaires.

4. Je trouve l'explication des résultats non seulement tirée par les cheveux mais à la limite de l'insupportable. Si l'on suit Van Oudenhoven, l'intégration ne pourrait qu'avorter: "tu essaies de t'y fondre et de t'adapter, mais tu n'y parviens complètement jamais". Et cet échec de l'intégration, pour reprendre l'idée chère à Daniel Ducarme, produirait de la frustration et par voie de conséquence un "bonheur" moindre dans des villes comme Liège ou Bruxelles. A l'opposé, vivre à l'écart de la société (dans son propre groupe, sic) conduirait à moins de frustration et donc plus de bonheur ! On croit rêver. Tout cela pourrait finalement se résumer par la formule "Pour vivre heureux, vivons séparés" Un peu comme s'il n'y avait pas à Anvers et Rotterdam des Marocains qui tous les jours s'efforcent de s'intégrer individuellement à la société flamande ou hollandaise ! Comme s'il n'y avait pas d'intégration, et je dirais même d'assimilation complète, de Marocains à Bruxelles ou à Liège !

5. Finalement, on peut s'étonner que la situation de l'emploi, du logement, de l'éducation, les législations sur le séjour, celles sur le regroupement familial (et Dieu sait si elles posent des problèmes aux Maroco-néerlandais), les réglements communaux sur le port du voile comme ceux récemment adoptés à Anvers, etc, n'apparaissent pas comme influençant le bonheur des enquêtés.

Si j'avais du répondre aux enquêteurs, j'aurais certainement donné un classement exactement inverse. Sans vouloir être injuste vis à vis de Bruxelles, je sais que j'ai un parti pris évident pour Liège. Mais pour avoir beaucoup bourlingué, je sais aussi qu'on a souvent tendance à juger la vie ailleurs avec des critères de jugement formattés chez soi. L'autre et l'ailleurs sont toujours un peu plus ceci ou un peu moins cela. Ceci étant, je pense que Liège garde encore quelque chose de son passé industriel et ouvrier qui facilite l'intégration dans la vie sociale. Mais je pense aussi que ce creuset est menacé. Celà est perceptible chez les plus jeunes. Il fonctionne de moins en moins efficacement à cause de la situation dramatique que nous vivons sur le terrain de l'emploi. Mais de là à penser que les Marocains sont moins heureux à Liège qu'à Anvers ou Rotterdam ....

Et vous qu'en pensez-vous ?

29 janvier 2007

Liège: nouveau logo, nouveau slogan


Le 17 janvier dernier, le collège communal a dévoilé le nouveau logo de la ville de Liège à l'occasion de la cérémonie de présentation des voeux au personnel de l'administration. A en juger par le brouhaha qui a suivi l'apparition du logo sur les écrans géants de la Foire de Coronmeuse, les premières réactions sont plutôt mitigées. Depuis lors, il y a visiblement débat au sein du personnel de l'administration communale tout comme sur les blogs d'ailleurs. Beaucoup d'antis-nouveau logo s'émeuvent de la confusion entre la représentation stylisée du Perron et ce qui pourrait bien être un majeur tendu bien haut. Pour ma part, je trouve fort heureux qu'on ait décidé de moderniser l'image institutionnelle de la ville. L'ancien logo n'était pas mal. Mais la mention qui l'accompagnait sur le site de la ville et qui disait quelque chose du genre "dessiné par un employé communal", trahissait un certain amateurisme (quels que soient les mérites indéniables du fonctionnaire en question). Quant à la lecture du nouveau logo à double niveau qui est aujourd'hui faite par certains Liégeois, mais qui n'était évidemment pas dans l'intention des concepteurs, je la trouve plutôt amusante et, en tous cas, assez cohérente avec le slogan. Car Liège, c'est définitivement, un certain état d'esprit !

Pour tout savoir sur ce nouveau logo, cliquez ici

06 décembre 2006

Mobilisation anti-fasciste à l'occasion de l'installation du conseil communal à Liège



Voir aussi les liens suivants:
"Le vrai débat en janvier", La Meuse, 05/12/2006 >> Cliquez ici
"Le collège PS-CDH souhaite un nouveau projet de ville. Le match Willy-Didier est lancé >> Cliquez ici

22 novembre 2006

Fin des pronostics pour le prochain collège communal à Liège

"Je mise l’ouverture et Chamas " auraient pu se dire les plus perspicaces parieurs à l'approche du vote d'investiture des futurs échevins socialistes à Liège. En effet, comme annoncé par la presse et relayé sur ce blog, la principale incertitude concernait la désignation ou non d'un candidat d'ouverture au poste d'échevin de la jeunesse et des sports. Et dans l'affirmative, qui de Fouad Chamas ou d'Hassan Bousetta allait être appelé à occuper la fonction. La situation était inédite, puisque pour la première fois à ma connaissance, le PS envisageait sérieusement l'attribution du poste en dehors des candidatures émanant du centre ou de la périphérie. Le verdict est tombé hier dans la soirée. Ce sera finalement bien un candidat d'ouverture qui assurera cette responsabilité en la personne de Fouad Chamas. Son expérience au sein du conseil communal et son résultat en voix de préférence auront fait la différence.

Qu'il me soit permis ici d'adresser toutes mes félicitations à Fouad ainsi qu'à tous les autres échevins désignés par le vote de leurs instances: Maggy Yerna (Affaires économiques), Jean-Géry Godeaux (Travaux), Pierre Stassart (Instruction publique), Jean-Pierre Hupkens (Culture) et Julie Fernandez-Fernandez (Etat civil). C'est là une double preuve tangible d'ouverture: aux non-affiliés, d'une part, et à la réalité multiculturelle de la ville, d'autre part, vu que le collège comptera deux élus d'origine étrangère. C'est aussi une pierre supplémentaire à ajouter à l'édifice de la rénovation du PS entreprise à Liège sous la houlette de Willy Demeyer.

16 novembre 2006

Liège: un échevin asexué politiquement?






Dans son édition du lundi 13 novembre, La Meuse spécule sur la formation du prochain collège communal, selon la nouvelle terminologie, et s'interroge sur la nomination possible d'un échevin "asexué politiquement". Sont ici visés le conseiller communal sortant Fouad Chamas (4e résultat de la liste PS) et moi-même (8e). Triste sort! A peine élus, nous voilà donc déjà émasculés.

Mais qu'est-ce que celà veut dire au juste? Soyons clair, cette expression n'a aucun sens autre que métaphorique. Si les deux personnes visées, en leurs qualités de candidats d'ouverture, ne sont effectivement pas membres du Parti Socialiste, ils ont bien été élus sur cette liste en défendant son programme. Contrairement au Premier ministre fédéral ou au Ministre-Président de la Région bruxelloise qui sont considérés fonctionnellement comme axexués linguistiquement à partir de leur entrée en fonction dans l'optique de dépasser le clivage communautaire, on voit mal comment un échevin pourrait situer son action au dessus des clivages politiques pour respecter des équilibres entre partis ou à l'intérieur de la liste qui les a fait élire. D'autant plus que dans mon cas, j'ai annoncé durant la campagne à qui voulait l'entendre que j'adhérerais en temps voulu à une section du PS liégeois (a priori celle de mon quartier).

Ceci étant, je continue à penser que mon élection est déjà en soi une belle récompense pour le sérieux du travail accompli avec ma petite équipe durant la campagne électorale. Une fonction scabinale serait certes la cerise sur le gâteau et un formidable amplificateur de l'action que je compte mener ... mais ce serait aussi un choix terriblement difficile puisque je devrais immanquablement renoncer à mon activité professionnelle à l'université.

Pour lire l'intégralité de l'article, rendez-vous sur mon site >>> Cliquez ici

03 novembre 2006

Toujours pas de fumée blanche sur la Violette...

L'installation du nouveau conseil communal de Liège aura lieu le 4 décembre prochain. En ville, les spéculations vont bon train concernant la formation du prochain collège. En attendant, Willy Demeyer a, semble-t-il, décidé de lever un coin du voile sur la composition d'une partie de son équipe. Mon nom est évoqué. Mais toute cela reste au conditionnel car rien d'officiel n'est attendu avant la fin novembre. >>>Suite ici

01 novembre 2006

Polémique à propos des vols Liège-Casablanca

Il y a un mois, je vous parlais du lancement prévu pour ce 1er novembre d'une liaison aérienne low-cost entre Liège et Casablanca, via Charleroi. Ces derniers jours, le dossier a pris un tour polémique. Le Ministre wallon André Antoine en charge des transports et des aéroports a finalement décidé de s'opposer aux vols en 'sauts de puce' entre Charleroi et Liège (85km) qui doivent précéder l'envol vers Casablanca.

Raison invoquée? Le dommage causé à l'environnement. Pas moins de 33 tonnes de CO2 par semaine seraient en effet déversés dans l'environnement par ces vols selon l'association 'Bruxelles Air Libre'. A l'heure de Kyoto et après avoir récemment vu le film d'Al Gore "Une vérité qui dérange", je pense que l'argument mérite d'être retenu.

La sortie fort médiatique du Ministre Antoine soulève toutefois quelques questions. Primo, dès lors que la Région wallonne et le pouvoir fédéral décident de laisser se développer deux aéroports proches qui ont vocation à assurer le transport de passagers, il ne faut pas s'étonner que des compagnies privées cherchent à les relier. Tout celà était finalement assez prévisible et on ne peut que regretter cette façon de gouverner au pied du mur. Secundo, si la compagnie Jet4you opte pour une liaison via Charleroi, c'est que BSCA (Brussels South Charleroi Airport) n'est pas en mesure de faire décoller des boeing 737-400 tels que ceux utilisés par Jet4you à pleine charge. Il faudrait pour cela une piste d'au moins 3200 mètres pour 2500 actuellement disponibles à Charleroi (voir La Libre Belgique 27/10/06). Quid alors d'une extension de la piste qui aurait par exemple permis d'alterner les vols Casablanca-Liège et Casablanca-Charleroi? Antoine n'en pipe mot. Tertio, Jet4you est loin d'être la seule compagnie à assurer ce genre de liaison. A quand une interdiction équivalente des vols Charter Liège-Ostende?

Ces questions méritent des réponses porteuses de visions à long terme car l'établissement d'une liaison Liège-Casablanca et d'une liaision Charleroi-Casablanca sont importantes à plus d'un titre. L'avenir économique des villes wallonnes comme Liège et Charleroi passe aussi par une meilleure connectivité avec la périphérie immédiate de l'Union européenne, et a fortiori avec l'une des plus grandes villes d'Afrique. Deuxièmement, la population marocaine de Wallonie et de Bruxelles, longtemps considérée comme clientèle captive par la compagnie aérienne nationale marocaine RAM, voit dans le développement de ces compagnies low-cost une formidable opportunité: celle de pouvoir enfin se libérer du piège des tarifs usuraires, du laisser-aller commercial et du mépris qui caractérisent la politique de Royal Air Maroc (Lire notamment ceci).

23 octobre 2006

Des chiffres et des signes

Quand on veut faire parler les chiffres à tout prix.... il y a toujours moyen d'y parvenir.

C'est ce qu'on pourrait tirer comme enseignement de la faillite spectaculaire des instituts de sondage à prévoir le résultat des dernières élections communales. A Liège, par exemple, ils donnaient le PS à 29,1% en juin (voir ici) alors qu'il réalisera finalement 38%. A Schaerbeek, le PS a été donné un moment à 18% d'intentions de vote pour 25% dans l'urne. Ceux qui ont voulu traduire ces chiffres en signes y sont restés pour leurs frais.

Vous doutiez peut-être qu'on puisse faire parler des chiffres arabes en langage des signes? En voici un autre exemple.

Prenez le chiffre 1763, c'est mon résultat personnel aux élections communales du 8 octobre 2006. Que peut-on en dire?

Eh bien, 1763, c'est la date à laquelle Charles-Nicolas d'Oultremont devient prince-évêque de Liège. Bien moins connu que son successeur, Francois-Charles de Velbruck, l'histoire n'a en effet pas retenu grand chose de son règne (un signe?) sauf peut-être que son élection fut contestée et fort mouvementée (tiens donc!) ... mais confirmée par le pape Clément XIII (himself!). A propos d'Outremont, surnommé par les Liégeois "noss binamé", les historiens Demoulin et Kupper écrivent ceci: "Le comte d'Oultremont, représentant d'une famille riche et influente, soutenu, semble-t-il par les Provinces Unies qui le soupçonnaient néanmoins d'être soumis aux jésuites, l'emporta au cours d'une double élection [ndhb: probablement une anticipation de Liège-centre versus périphérie!] dans une atmosphère d' acharnement et de méfiance rarement atteinte [ndhb: une anticipation sur la formation du prochain collège?]."(1) Les historiens et démographes se souviendront également qu'il a mis de l'ordre dans l'état civil en améliorant l'enregistrement des naissances et des décès au sein de registres paroissiaux qui jusque là étaient très peu fiables en principauté. Il s'intéressera également au sort des milieux populaires à travers 'l'association des citoyens', faisant ainsi évoluer les affaires sociales de son temps.

Et quoi d'autre à Liège en 1763? Eh bien, c'est l'époque où l'on mise sur des architectes étrangers pour lancer de grands travaux: construction de la façade méridionale du palais de justice (celle visible depuis la place Saint-Lambert où se dressait encore à l'époque la cathédrale du même nom, celle qui fut passée à la lance incendie par les pompiers de Liège après l'arrêt Spaghettis désaisissant le juge Connerotte dans l'affaire Julie & Mélissa) par l'architecte bruxellois Jean-André Anneessens, premiers projets d'aménagement d'une place publique, construction de l'hotel de Hayme de Bomal (inclus aujourd'hui dans l'ensemble musuéal du Grand Curtius, autrement dit la où se constuit aujourd'hui l'un des projets les plus importants par rapport à la culture), embellissement du Val Saint Lambert (un coin où l'an 9 annonce l'éclipse de l'an-nuit et où même si un froid glacial viendra inexorablement éteindre le chaud, on sait aussi que le souffle du froid dans le chaud continuera à donner le meilleur produit de la région), etc. (2). Ah oui, j'oubliais, la visite du petit Mozart à Liège accompagné de papa et maman le 2 octobre de la même année 1763. Et, au passage, on peut rappeler que 2006 n'est autre que le 250e anniversaire de sa naissance.

Ailleurs en Europe, 1763, c'est la signature du Traité de Paris qui met fin à la guerre de sept ans. Sept ans, c'est aussi la durée du combat que Willy Demeyer a mené jusqu'à ce jour à la tête de la ville de Liège pour la faire grandir. Il a succédé à Jean Maurice Dehousse en 1999. Et, si je compte bien, il lui faudra encore quatorze ans pour relever le défi tracé par le rapport Liège 2020 du prospectiviste Hugues de Jouvenel, soit deux nouvelles guerres de sept ans à affronter l'ogre et actuel Ministre fédéral des finances. Tiens, quatorze unités, c'est exactement la distance qui sépare Willy Demeyer (18 999) de Didier Reynders (17 250) en termes de voix de préférence quand on retranche 1763 à son score.

Je vous l'avais dit: quand on veut faire parler les chiffres à tout prix ...

PS: Si vous n'avez pas tout 16i, revenez après le 04 décembre 2006.

(1) Demoulin, B. et Kupper, JL. (2002) "Histoire de la principauté de Liège", Toulouse: Editions Privat
(2) Voir le très bel ouvrage "Liège et l'exposition universelle de 1905" sous la direction de Christine Renardy, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 2005

Stop ou encore ?

Ce blog n'est probablement pas le plus visité de la blogosphère. Il a néanmoins démontré une utilité certaine de mon point de vue. Il m'a en effet permis d'entrer en contact avec vous et de maintenir le contact avec d'autres. C'est la raison pour laquelle, j'ai décidé de poursuivre l'expérience de ce blog et de le renommer: "B Liège, blog B6" (traduction: Soyez Liège, bloggez B6, c'est à dire avec Bousetta, setta signifiant six en arabe) remplacera désormais "Bousetta Liège 2006".

J'ai également décidé d'activer la fonction "commentaires" (comments ci-dessous). Elle sera toutefois modérée: ce qui signifie que je me réserve le droit de ne pas tout publier.

09 octobre 2006

1763 fois merci !

Les résultats des élections communales à Liège sont finalement tombés tard dans la soirée. Le succès était au bout de l'attente. Les Liégeoises et les Liégeois m'ont offert un succès inespéré. J'entrerai au conseil communal fort du huitième résultat de la liste PS (1 763 voix) alors que je n'étais initialement qu'en 27e position. Je tiens à remercier tous ceux qui m'ont soutenu du fond du coeur. Merci !