17 mars 2009

Célébration de la journée internationale de lutte contre le racisme

Samedi prochain, nous célébrerons la journée internationale de lutte contre le racisme et les discrimination raciales. Différentes activités sont organisées à cette occasion partout dans le pays. A Liège, la ville participera aux côtés du secteur associatif à un festival de court-métrage. Celui-ci se déroulera le 16 mars avec une projection à 14h et une à 16h aux Territoires de la Mémoire (Bd d'Avroy, 86). D'autres activités sont également prévues (voir ici)

Pour ma part, je participerai ce jeudi à une conférence-débat avec Michel de Lamotte (CDH), Christine Defraigne (MR) et Bénédicte Heindrichs (Ecolo). Ce débat suivra la diffusion de l'excellent long-métrage de Mohamed Hamra "Aller-retour" (voir ici).

Par ailleurs, à l'occasion du Conseil communal du 23 mars prochain, j'interpellerai le collège communal, avec ma collègue Véronique Willemart (Ecolo), au sujet de la politique d'égalité des chances et de lutte contre le racisme de la ville.

18 février 2009

Incident au Conseil communal de Liège sur l'éducation à la paix des jeunes liégeois

Suite à l'incident de séance qu'a suscité l'interpellation conjointe de Mme Véronique De Keyser et M. Hassan Bousetta lors du conseil communal de ce lundi 16 février 2009, je tiens à exprimer une série de réactions (*).

1- Le texte de l'interpellation qui a provoqué la réaction véhémente du conseiller Miklatzki (MR) s'en tenait à souligner, dans le respect des compétences de l'autorité communale, l'importance de quelques grands principes auxquels nous sommes attachés: la citoyenneté, l'éducation à la paix et le respect mutuel.

2- Nous regrettons qu'un texte d'appel à la paix et à la non-importation des conflits ait pu faire l'objet d'une réaction aussi agressive de la part d'un membre de l'assemblée communale.

3- Chacun pourra mesurer que l'interpellation initiale ne contenait aucun caractère offensant pour aucune des parties impliquée dans le conflit au Moyen Orient et encore moins à l'endroit des différentes composantes de notre population qui s'identifient à l'une ou l'autre des parties en présence (Voir texte de l'interpellation dans le post précédent).

4- Il est impératif de rappeler que l'interpellation ne mentionnait aucune référence à une appartenance communautaire quelconque. Elle insistait au contraire sur nos responsabilités sociales et notre appartenance à une citoyenneté commune. Il est regrettable que le collègue à l'origine de cette polémique en soit venu, dans ses réactions en séance et hors séance, à réduire notre jeunesse à l'appartenance ethnique de leurs ancêtres.

5- Cette interpellation faisait suite à un travail d'éducation à la paix mené auprès de jeunes liégeois des quartiers populaires à l'initiative d'une série de conseillers communaux, au premier rang desquels les auteurs de l'interpellation. Le refus de l'indignation sélective et de la r
écupération politicienne de la souffrance des populations du Moyen Orient est précisément l'un des messages qu'ils leur ont fait passer. Ce reproche n'est donc pas recevable. Quant à l'accusation selon laquelle cette approche serait de nature à favoriser la montée de l'extrême-droite en Israël, elle est tout simplement ridicule.

6- Nous regrettons enfin le fait que la
réaction de M.Miklatzki se soit faite de manière intempestive car en parfaite contradiction avec le réglement d'ordre intérieur du Conseil communal qui prévoit que les interpellations ne peuvent donner lieu à débat.

7- Si le bourgmestre a jugé utile de rappeler Mme De Keyser à l'ordre sur le fait qu'elle s'est très légèrement écarté du texte de l'interpellation, un rappel à l'ordre à tout le moins équivalent aurait été de circonstance à l'endroit du conseiller Miklatzki.

(*) Le texte de cette réaction a fait l'objet d'un courrier à l'attention du bourgmestre de la ville de Liège Willy Demeyer. Ce courrier à reçu le soutien des conseillers communaux socialistes suivants: Mehmet Aydogdu, Mohammed Bougnouch, Hassan Bousetta, Véronique De Keyser, Jean-Pierre Goffin, Jean-Pierre Hupkens et Fatima Shaban.

Contribuer à l'éducation à la paix des jeunes liégeois

INTERPELLATION

Conseil communal de la ville de Liège

Séance publique du 16 février 2009

Contribuer à l’éducation de tous les jeunes Liégeois à la paix, à la citoyenneté et au respect mutuel.


Véronique De Keyser
Hassan Bousetta
Conseillers communaux
Groupe PS

Monsieur le bourgmestre,
Madame et Messieurs les membres du collège,

La ville de Liège aime à rappeler dans sa communication externe qu’elle abrite plus de 140 nationalités différentes. La multiplicité des origines de notre population est incontestablement un signe de grande richesse culturelle. A travers nos concitoyens d’origine étrangère, le monde est à Liège et Liège rayonne partout dans le monde. Depuis plus d’un siècle, les nouveaux venus ont coexisté avec le reste de la population liégeoise de manière harmonieuse et paisible jusqu’à s’y fondre. Néanmoins, une ville multiculturelle moderne ne peut pas se résumer à une statistique de la diversité. Elle nécessite de la part des pouvoirs publics la mise en œuvre de stratégies visant à faciliter les contacts interculturels et la compréhension mutuelle.

Dans le monde d’aujourd’hui, cette coexistence harmonieuse est parfois mise en danger par des événements lointains. Les tensions et crises internationales peuvent en effet se transformer en conflits importés dans nos villes et nos quartiers. C’est une réalité mais il faut toutefois rester très prudent et mesuré dans l’approche de ce phénomène. Si nous acceptons d’ouvrir ce débat, nous refusons en effet de verser dans ce discours qui consiste à exagérer l’importance de ces conflits importés pour mieux stigmatiser les populations étrangères. Notre approche de la question vise à encourager la ville de Liège à appréhender ce débat avec nuance, en particulier dans le cas du conflit israélo-palestinien.

Pour rappel, le 9 janvier dernier, les Liégeois se sont mobilisés en masse pour exprimer leur solidarité avec la population palestinienne de Gaza. D’autres manifestations de solidarité se sont également exprimées sur le territoire communal. Si dans l’ensemble ces manifestations se sont déroulées dans le calme et le respect, on a pu également noter quelques cas, circonscrits, de comportements violents, agressifs ou haineux.

Ces réactions, que nous condamnons fermement, nous interpellent néanmoins dans la mesure où elles sont souvent le fait de jeunes qui trouvent dans les discours politiques radicaux une réponse à leur malaise identitaire et social. Il y a donc un travail particulier à mener au niveau du secteur de la jeunesse et de l’enseignement pour éviter une mauvaise importation du conflit. Tout l’enjeu est de favoriser, au niveau de notre jeunesse, l’éducation à la paix, à la citoyenneté au respect mutuel et de promouvoir l’apprentissage du dialogue et de la résolution non-violente des conflits.

D’autres communes en Belgique ont pris, en la matière, des initiatives qui méritent d’être relevées (accueil d’enfants Palestiniens dans les Ardennes pendant les vacances scolaires par la commune de Molenbeek, création d’un cyberespace pour permettre aux jeunes de communiquer avec des jeunes palestiniens à Viroinval, etc.)

Nous avons nous-mêmes contribué à alimenter une démarche de dialogue sur ces questions avec des jeunes liégeois au niveau de la société civile. Via cette interpellation, nous souhaitons encourager le collège à initier à travers sa politique de la jeunesse et de l’instruction publique des initiatives nouvelles visant à mieux faire connaître la réalité du conflit au Moyen-Orient, à sensibiliser les intervenants du secteur de la jeunesse et de l’enseignement sur la nécessité de dialoguer pacifiquement, à prévenir toute importation du conflit et à promouvoir des initiatives en faveur d’une paix juste, équitable et respectueuse de la légalité internationale

10 février 2009

La Palestine, Israël et nous: l'après Gaza

En partenariat avec la FGTB Liège-Huy Waremme, l’Association Belgo-Palestinienne-Liège et le Centre culturel arabe en Pays de Liège, l’Union Liégeoise pour la Défense de la Paix organisait ce vendredi 6 février une conférence-débat consacrée aux conséquences de l’offensive israélienne à Gaza. Cette activité a rassemblé plus de 150 personnes qui ont pu assister à un débat d'une excellente facture.


Cette initiative que j'ai souhaité a été réalisée avec le soutien d’une série de conseillers communaux liégeois du groupe PS (Véronique De KEYSER, Mehmet AYDOGDU, Mohammed BOUGNOUCH, Jean-Pierre GOFFIN, Jean-Pierre HUPKENS, Fatima SHABAN).


Cette conférence-débat avait été préparée par un travail d’éducation à la paix de jeunes liégeois…


Soucieux d’éviter une importation conflictuelle du conflit et les réactions agressives ou haineuses qu’il peut engendrer, l’initiative avait été prise d’organiser une séance de préparation ce mardi 3 février au cours de laquelle une trentaine de jeunes ont pu participer. Cette réunion préparatoire a été l’occasion d’une présentation de l’histoire du conflit israélo-palestinien et d’un débat. Un dossier didactique a également été diffusé aux jeunes présents.















Cette rencontre sera suivie par une double interpellation du collège communal de la ville de Liège le 16 février prochain visant à :


  1. Appeler les écoles et les services d’aide à la jeunesse à proposer des animations et des séances d’éducation à la paix permettant aux jeunes de mieux comprendre les enjeux du conflit israélo-palestinien et d’éviter une importation conflictuelle du conflit.

  1. Demander au collège communal d’exprimer au Conseil d’Administration de DEXIA notre ferme opposition à la politique de financement de colonies en territoire palestinien occupé par sa filiale Dexia Public Finance Israël.

28 décembre 2008

Liège, capitale européenne de la culture en 2015? Réponse à Nicolas Ancion

[Voir mon post précédent et les réactions qu'il a suscité. Le texte qui suit est ma réponse à la réaction de Nicolas Ancion. (Voir ici). Afin de vous offrir un plus grand confort de lecture, je ne l'ai pas publiée en tant que commentaire du post précédent mais comme un nouveau sujet à part entière. Bonne lecture]


Cher Nicolas Ancion,


Merci pour votre réaction concernant mon post au sujet du dossier Liège 2015 et de la capitale européenne de la culture. Vous m’interpellez sur une série de points précis. J’y réponds volontiers. Même si je partage un grand nombre de vos appréciations, je constate, à vous lire, que je dois effectivement procéder à quelques clarifications. J’en profiterai aussi pour poursuivre le débat sur quelques points complémentaires.


Avant de tenter de vous répondre, je dois préciser que je me suis exprimé, et que je continue à le faire ici, à titre tout à fait personnel. Je le fais d’initiative, donc sans avoir été mandaté. Ceci doit être tout à fait clair entre nous car ce que je dis n’engage ni mes collègues du groupe des conseillers socialistes, ni le PS et encore moins le collège. Je pense d’ailleurs qu’en toute logique le collège ne devrait pas défendre la même position que la mienne. J’imagine que s’il avait voulu défendre l’abstention, la non-participation ou le « non », il aurait laissé s’enclencher la procédure de la consultation populaire d’initiative citoyenne puis procédé à un recomptage des signatures. Bref, il aurait gagné du temps. Or ce n’est pas ce qu’il a fait. Il a, au contraire, opté pour une consultation d’initiative communale. Et on imagine mal un collège quel qu’il soit venir sous les feux de la rampe solliciter de sa population et d’initiative un avis négatif sur un titre européen de prestige.


On ne peut donc pas dire que les autorités de la ville n’ont pas entendu l’appel citoyen. Personnellement, je le répète, je suis favorable à la consultation populaire sur la question précise soutenue par les 22 000 Liégeois-es. Avec la seule petite réserve que j’aurais trouvé plus normal de laisser aller la procédure de la consultation populaire d’initiative citoyenne. Mais fallait-il pour cette nuance rompre l’unanimité du Conseil ? Non, assurément. Pour autant, il n’y a, je crois, aucune ambigüité sur le sujet de ma part. Le titre de votre post (« Quand un OUI voté à l’unanimité cache des NON mal déguisés ») prête à confusion. On peut recueillir l’unanimité sur le principe de consulter la population et exprimer – avouez-le, de manière fort peu déguisée tout de même – une opinion négative sur l’objet du référendum.


Par ailleurs, il ne s’agit pour personne de prêcher contre sa ville, ses artistes et son milieu culturel. Ce serait un comble ! Je partage, Monsieur Ancion, votre admiration pour ce que le collectif à réalisé comme prouesse citoyenne. Il me semble que si nous visons probablement le même objectif de rehausser notre politique culturelle, nos positions divergent sur le plan des moyens. En prenant publiquement cette position, dont je sais à l’avance qu’elle ne sera pas populaire, j’essaie de faire correctement mon boulot d’élu, c'est-à-dire de faire preuve d’anticipation sur le déroulement des choses – ne dit-on pas d’ailleurs que gouverner c’est prévoir ? [@Raph : désolé, j’avais écrit ceci avant de te lire] – ; ce qui implique bien entendu aussi une évaluation un tant soit peu réaliste de notre propre capacité à influencer le cours des événements vers l’objectif souhaité. Pour moi, il ne faut pas en venir à sacraliser le titre de capitale européenne de la culture. D’autres initiatives de dimension internationale sont possibles à Liège à l’horizon 2015. Certaines moins coûteuses, certaines moins contraignantes du point de vue timing et certaines plus originales. Car si, comme je le crains, nous n’obtenons pas la capitale européenne de la culture, une grande partie des efforts déployés l’aura été en vain et il faudra reprendre tout à zéro dans un rapport de force moins favorable face à la Communauté française.


Selon mon point de vue, la ville serait dans une meilleure posture si la question avait été plus ouverte. Si nous avions par exemple demandé quelque chose comme: « Souhaitez-vous que la ville de Liège organise un événement culturel majeur, multi-disciplinaire et de dimension internationale en 2015 ? », nous ne serions pas enfermé dans un carcan aussi étroit. Mais ce regret est inutile. Il est trop tard. Il faut maintenant s’en tenir à la question posée et uniquement à celle-là.


Pour le coup, ce seront donc les Liégeoises et les Liégeois, et non plus le Conseil qui les représente, qui nous diront dans quel sens trancher la question. La question qui sera posée devra être celle posée par l’appel citoyen : « Souhaitez-vous que Liège dépose sa candidature au titre de capitale européenne de la culture en 2015 ? ». Quel que soit le résultat, le collège et le Conseil auront le devoir moral, plus que juridique, de se plier à la volonté populaire. Mais pour qu’elle puisse s’exprimer de manière informée, je crois qu’il faut accepter que les deux positions continuent à dialoguer et à se confronter. Dans ce contexte, je pense qu’il n’est pas démocratiquement malsain qu’un conseiller communal fasse œuvre de transparence, explique comment il va voter et pourquoi. Sur la forme, je pense l’avoir fait avec modération et en acceptant de reconnaître qu’aucun de mes arguments n’est décisif et définitif. Ils n’invalident en aucune manière le raisonnement de ceux qui souhaitent déposer la candidature de la ville. En théorie, on peut toujours résoudre l’équation des 5 mots en « è » et solutionner la question du projet, du porteur de projet, du budget, des relais et des délais. En pratique, j’ai plus de doutes. Même si nous n’en sommes qu’à l’étape des pré-projets, nous sommes par rapport à nos concurrents largement en retard (voir www.mons2015.eu).


Mes craintes concernant les délais sont aussi motivées par ma petite expérience personnelle. En 2004, j’ai eu l’occasion de diriger un programme de 80 journées d’activités culturelles, artistiques et scientifiques réparties sur l’ensemble de la Communauté Française. C’était à l’occasion de la commémoration des 40 ans de la convention bilatérale belgo-marocaine de recrutement des travailleurs. Autant dire que c’était un événement de taille microscopique face à l’organisation d’une capitale européenne de la culture. Cet événement m’a néanmoins conduit à programmer des expositions de photos, des pièces de théâtres, des journées consacrées au documentaire et à la fiction, des activités tournées vers la situation des femmes, des concerts, deux one-man show, une soirée d’ouverture au Palais des Beaux Arts à Bruxelles qui a rassemblé 2000 personnes une soirée de clôture qui en rassemblé près de la moitié, etc. Au total, l’organisation de cet événement m’a pris deux années de travail bénévole acharné en plus du travail d’une dizaine d’autres administrateurs bénévoles et de deux professionnels engagés à temps plein. Je mesure donc très bien le type d’énergie qu’il faut mobiliser pour réaliser un projet dont l’ampleur correspond à un budget de 100 millions €. Il est certain que la préparation ne peut être le fait que d’une équipe professionnelle de plusieurs personnes qui consacrent tout leur temps et toute leur énergie à cela.


Avec cette consultation populaire, je crois que nous pouvons tous nous réjouir de l’ambition retrouvée d’une génération entière de jeunes Liégeois-es. Mais, Liège a subi suffisamment de revers, pour savoir qu’il ne suffit pas de proclamer son ambition urbi et orbi pour que le redressement advienne. Retrouver une place en vue sur la scène internationale en matière culturelle, artistique, éducative, sportive, etc., nécessite de prendre appui sur un environnement politique, administratif, budgétaire, financier, économique et social solide. Il suffit de penser ici au type de sponsoring privé qui peut être mobilisé à Liège. On vient de voir avec le rabotage de la contribution d’Ethias dans l’expo Delvaux que le capitalisme liégeois n’est pas encore prêt de sauver la création et que la crise financière fragilise encore plus fort les villes moyennes en cours de redéploiement. Même si des avancées importantes ont été engrangées ces dernières années par les pouvoirs publics, nous sommes encore fragiles. Et, si on peut commencer progressivement à retrouver des ambitions, c’est aussi parce qu’une génération de décideurs a pris sur elle de travailler avec sérieux et abnégation à l’assainissement des finances de la ville et à son redressement. Il faut pouvoir reconnaître le rôle de ces acteurs au premier rang desquels figure notre actuel bourgmestre.


J’en viens à présent à votre interpellation qui est sans doute la plus directement provocatrice : quels sont mes projets culturels ? Vous croyez déceler une contradiction dans mon propos lorsque je plaide pour une augmentation linéaire des budgets culturels dans la période 2009-2015 sans en préciser l’affectation. Personnellement, je n’y vois pas de contradiction. Un événement one-shot comme la capitale culturelle européenne repose sur la définition préalable d’un axe de travail ou d’une thématique précise. C’est autour d’un concept qu’une ville se rassemble et fédère ses acteurs culturels pour projeter dans l’espace européen une certaine idée d’elle-même. Pour qu’il soit porteur et porté, le projet d’une ville doit tendre vers la déclinaison la plus fidèle de son identité. Pour dire les choses platement, Liège aurait bien du mal, même avec la meilleure volonté du monde, à se présenter comme l’avant-garde de la révolution post-industrielle ou du post-modernisme. Construire un dossier de capitale européenne de la culture implique des choix artistiques, esthétiques, mais aussi institutionnels. Cela sous-entend donc aussi l’exclusion d’options rivales. Autrement dit, ce n’est pas toute la production culturelle ni tous les acteurs culturels d’une ville qui sont concernés mais une sélection plus ou moins large. Certes, tout le monde pourra participer, mais tout le monde ne pourra pas décrocher les budgets espérés. Par contre, dans la démarche graduelle que j’évoque, il ne s’agit pas de rassembler sur un thème précis, mais d’augmenter nos dépenses de fonctionnement et d’investissement de manière constante de 2009 à 2014 mais autour de principes directeurs, bref d’étoffer notre politique culturelle sur base de l’existant et, au bout du compte, organiser un événement d’ampleur internationale. De mon point de vue, celui devrait être moins lourd budgétairement que les chiffres cités plus haut et, surtout, conçu dans la perspective d’une pérennisation. A ce sujet, je prends note au passage du scepticisme de certains collègues de l’opposition par rapport à une politique qui miserait excessivement sur l’événementiel (Alain Leens, « La culture à Liège. Analyse critique, partiale et prospective », Liège Septembre 2008).


Concernant notre politique culturelle, je partage de nombreux arguments, réflexions et propositions avancés tantôt par l’échevin de la culture (dont je ne suis pas toujours bien certain qu’on mesure tout le travail de fond qu’il mène depuis le début de la législature), tantôt par des collectifs comme celui de Liège 2015 et tantôt par d’autres intervenants. D’autres l’ont dit. Je les rejoins : la politique culturelle de la ville pourrait, c’est vrai, constituer une sorte d’aiguillon symbolique du redressement liégeois. Comment ? Au-delà de ce qui est proposé par le collège dans les actions prioritaires du projet de ville 2007-2015, ma préférence personnelle, puisque c’est sur cela que vous m’interrogez, irait vers une dynamisation de notre action culturelle autour de quelques grands principes (non exhaustifs):


- L’internationalisation : encourager les initiatives de mise en réseau transfrontalière et internationale. Personnellement, je souhaiterais par exemple (et ce n’est qu’un petit exemple parmi d’autres) qu’on soutienne davantage les résidences d’artistes de créateurs originaires de pays où la liberté et les droits humains sont menacés. J’ai eu l’occasion d’y réfléchir avec des amis algériens durant les années noires du terrorisme dans ce pays. Je sais ce que cela pourrait nous ouvrir comme horizons de fraternité avec le reste du monde et ce que cela pourrait apporter comme force de libération aux sociétés soumises à l’autoritarisme. Quand on sait que notre ville a été choisie pour accueillir le monument national à la Résistance, je me dis que la résistance, ça a encore du sens aujourd’hui aux quatre coins de la planète et que nous devons nous associer encore plus aux combats pour la dignité des êtres humains menés dans le reste du monde.

- L’interculturalisation : celle-ci est liée à la première dimension. Je pourrais écrire des pages entières sur ce sujet. Mais je me limiterai à dire qu’inscrire cette perspective dans nos politiques culturelles comme nous le faisons pour la première fois sous cette législature est fondamental. L’échevin Hupkens se bat pour que l’interculturel ne soit pas un sous-secteur de la culture réservé à des populations ghettoïsées et dont les cultures sont folklorisées. L’interculturalisation est une démarche pertinente pour l’ensemble du secteur de la création.

- La régénération urbaine : la ville en tant qu’espace territorial et humain doit être réinterrogée. Notre ville est malade d’une fusion des communes mal digérée. Redéployer la culture à l’échelle de la communauté urbaine, notamment par la création d’un centre culturel régional serait déjà une étape intéressante. Réfléchir à la participation des habitants des quartiers vulnérables et à leur place dans les politiques culturelles comme nous souhaitons le faire à travers le projet de Charte de coopération culturelle est une autre voie. A l'heure, où nous sommes engagés dans une réflexion sur de nouveaux grands chantiers (Médiacité, Droixhe, Esplanade de la Gare des Guillemins, Grand Curtius, Emulation, etc.), il n'est pas inutile de mieux comprendre ce que nous plaçons comme identité culturelle dans la brique, et ce que nous plaçons comme briques dans notre identité culturelle.

- La démocratisation : le collectif Liège 2015 peut légitimement se targuer d’avoir contribué à secouer le dossier des liens entre culture et démocratie. Je n’en dirai pas plus. Mais c’est un énorme chantier qui ne fait que commencer.

- Une attention renouvelée à l’implémentation : les objectifs les plus louables sont tributaires des conditions de leur mise en œuvre. Il faut donc en parallèle continuer à réfléchir à des questions complémentaires comme l’accessibilité des infrastructures, leur financement, leur entretien, leur rénovation, la nécessaire transversalité de la politique culturelle, les conditions de financement, les lieux de valorisation du travail des artistes, les articulations entre culture d’excellence et culture populaire, etc.


Sur base de ces éléments, on pourrait, me semble-t-il, dériver des thématiques et des projets sur l’univers de la ville, l’universalité de la ville et l’universel dans la ville. Mais bon, je ne fais qu’exprimer ici un tropisme personnel. Comme je l’ai dit plus haut, rédiger un projet de haut niveau pour une capitale européenne de la culture ne peut être que le fruit du travail d’une équipe de professionnels de haut niveau entièrement consacrés à la tâche.


J’en viens finalement à ma place au sein de la commission culture et interculturalité. Vous me demandez, ni plus ni moins, de me démettre de ladite commission, qui est, je le rappelle au passage, une commission permanente du Conseil. Je n’en reviens toujours pas qu’un homme de culture puisse formuler de tels arguments. Et j’ai le plus grand mal à comprendre comment d’autres militants du collectif peuvent se laisser aller à glisser sur cette pente. Mais, nô didjo, quelle est cette conception de la démocratie au nom de laquelle vous parlez ! Ce que vous racontez manque de pertinence. Depuis quand est-ce qu’on compose les assemblées représentatives à la carte ? Les mandats au sein de la commission de la culture comme dans toutes les autres commissions sont répartis proportionnellement entre les groupes qui composent le conseil, et dont les membres sont élus au SUFFRAGE UNIVERSEL. Moi aussi, j’aimerais que M. Frérard ne participe plus à la commission du Bourgmestre. Mais il se trouve que plus de 1000 Liégeois ont décidé qu’il devait y être. Que devons-nous faire ? L’éjecter du Conseil. L’interdire de commission ? Allez, soyons sérieux. Cet argument n’a pas de sens, ni sur le fond et encore moins sur le plan procédural. Vous devez en effet traduire l’accord de lundi passé. Par l’implication de la commission de la culture dans le montage du dossier, il faut comprendre qu’elle agira comme une instance de contrôle démocratique. Pour rappel, « Les Commissions du Conseil sont chargées, chacune pour ce qui la concerne, de l’examen des affaires qui sont inscrites à l’ordre du jour du Conseil communal ou qui leur sont soumises par le Collège communal. » (Article 13 du règlement d’ordre intérieur du Conseil communal de Liège). Elle ne sera pas un groupe de travail chargé de faire un brainstorming ou de produire les textes de la fiche et du dossier qui seront soumis au jury de sélection, sauf si l’échevin Hupkens, comme il l’annonce dans La Meuse de vendredi 26 décembre, décide d’ouvrir la commission à toutes les forces vives du milieu artistique et culturel.


En temps normal et en fonction du règlement, les conseillers peuvent, tout au plus, soumettre des points additionnels à l’ordre du jour de la commission. Ceux qui souhaitent contribuer par des textes et des réflexions au montage du projet devront donc s’adresser en direct à l’échevin de la culture et non au président de la commission de la culture. Je les y encourage vivement d’ailleurs. Et rien ne pourra empêcher les « conseillers enthousiastes », comme vous dites, de se faire entendre en commission comme en séance publique du Conseil d’ici au 1er mars.


Pour ma part, j’en resterai là dans ce débat. Croyez-bien, Monsieur Ancion, que mon respect et ma sympathie pour les ardents défenseurs du dossier restent entiers. Et je n’ai nulle intention de faire obstruction à leur belle mobilisation. Toutefois, je ne peux pas me contraindre à partager une conclusion politique à laquelle je ne crois pas. Je ne pense pas que nous seront encore en mesure de l’emporter le 1er juin prochain. Voilà donc. J’ai dit mon point de vue. Il sera probablement minoritaire mais j’ai parlé en conscience. A nos concitoyens à présent de nous dire ce qu’ils en pensent.


Avec l’expression de mes meilleures salutations,


Hassan Bousetta


Commentaire posté par Nicolas Ancion sur son blog (cliquez ici)

Merci, monsieur Bousetta, d'avoir pris le temps de répondre en détail, d'une fort belle façon et votre nom propre. Je comprends mieux le fonctionnement de la commission culture à présent. Je m'étonne tout de même que, puisque votre groupe politique soutient la candidature officiellement à présent, vous puissiez adopter une position "en retrait" dans cette commission. Ce n'est pas avec cette attitude que l'on gagne un combat mais j'ai bien compris que vous n'avez pas l'ambition de le remporter, vous êtes si bien persuadé que nous allons échouer, que vous préférer ne pas vous lancer dans l'aventure. Il y a des jours où l'Echevin de la Culture doit se sentir seul...
Merci d'avoir également présenté, en termes fort politiques et abstraits, malheureusement, votre projet culturel. Je préfère les listes concrètes et les accumulations d'idées, mais chacun est libre d'adopter le ton qui lui convient.
Vous me donnez l'envie de commencer à lancer quelques idées sur ce blog et ailleurs pour lancer des pistes concrètes pour que le projet ne soit pas un simple procès de bonnes intentions ;-)
Bonne soirée à vous et bonne chance pour la suite de votre combat. Pour celui-ci, vous nous l'avez bien expliqué, nous devrons faire sans vous.

Ecrit par : Nicolas Ancion | 28/12/2008

Sans moi cette fois ci, mais je ne désespère pas de vous retrouver dans tous les cas après le 1er juin. S'il faut reprendre les choses à zéro en cas de défaite, nous les reprendrons ensemble. Si j'ai eu tort et que Liège l'emporte, il me restera encore l'art-haha-kiri
HB

Ecrit par : Hassan Bousetta | 28/12/2008

23 décembre 2008

Liège, capitale européenne de la culture en 2015 ? Pourquoi je voterai « Non » lors de la consultation populaire du 22 février 2009.



Auto-interview

Hassan Bousetta

Conseiller communal

Groupe PS.





Peux-tu nous expliquer ce qui s’est récemment passé au Conseil communal concernant le dossier de candidature de Liège au titre de capitale culturelle européenne en 2015?


Ce lundi 22 décembre 2008, le Conseil communal de notre bonne cité a pris, à l’unanimité, la décision de consulter la population liégeoise sur l’opportunité d’introduire la candidature de la ville de Liège au titre de capitale européenne de la culture en 2015. C’est la deuxième fois que le Conseil était ainsi amené à s’exprimer sur cette question. Le 26 mai 2008, il s’était déjà exprimé une première fois. J’avais, à l’époque, voté contre l’introduction de la candidature de la ville, de même que j’avais refusé ensuite de signer l’appel à signature pour l’organisation d’une consultation populaire. Et pourtant depuis le début de cette campagne menée tambour battant par le collectif Liège 2015, j’ai suivi cette revendication avec une grande attention, pour ne pas dire avec une certaine empathie et même une sympathie certaine pour certains de ses protagonistes.


Jusqu’à présent, je me suis astreint à une certaine discrétion sur ce blog. Je me suis même abstenu de m’exprimer publiquement tout court sur ce dossier. Pourquoi ? Parce que si l’on veut réaliser un travail collectif structuré à l’intérieur de son groupe politique, il importe, me semble-t-il, de ne pas s’exprimer trop rapidement à titre personnel et de respecter le temps politique nécessaire à ce que les politologues appellent l’agrégation des préférences et qu’on pourrait traduire par la période nécessaire à la construction d’un consensus ou encore plus simplement l’élaboration d’une opinion majoritaire. Dans ce dossier, et compte tenu de sa forte politisation par l’opposition écolo-libérale, j’ai pensé qu’il valait mieux éviter de m’étaler sur tous ces supports que j’utilise abondamment et dont je raffole (Blog, site Internet, Facebook, etc) mais qui créent une fausse impression d’immédiateté de l’action politique. Si l’on veut être sérieux et efficace en la matière, mieux vaut ne pas s’épancher, étaler ses humeurs ou dévoiler ses états d’âme. Mais comme il appartient à présent à nos concitoyens de trancher la question par la voie de la démocratie directe, je pense qu’il est à présent de mon devoir d’exprimer avec le plus de clarté et de détails possibles les raisons qui m’amèneront à voter « Non » lors de la consultation populaire qui sera organisée par la ville de Liège le 22 février 2009.


Pourquoi est-ce que tu t’es opposé au mois de mai dernier à la demande d’introduction d’un dossier liégeois au titre de capitale européenne de la culture ?


A ce moment là, nous étions davantage face à une mobilisation identitaire qu’à un véritable projet culturel pensé et articulé. Le contexte euphorique dans lequel baignait notre région suite à la victoire du championnat de Belgique par le Standard le 21 avril 2008 n’y était pas complètement étranger. Bouli Lanners l’a d’ailleurs clairement exprimé dans une interview à La Libre le 16 mai dernier : « Le foot n’est pas ma tasse de thé, mais quelque chose revit à Liège avec le Standard. Je sens que les Liégeois ont besoin de cela. Liège en a ramassé plein la gueule pendant 25 ans. C’est normal que la roue tourne un peu. » C’est donc comme en écho au titre du Standard que certains acteurs culturels ont ressuscité la demande d’un refinancement de la culture qu’ils avaient déjà eu l’occasion de mettre sur la table à l’occasion de la campagne électorale communale de 2006. Le vendredi 2 mai 2008, les initiateurs du collectif Liège 2015 publient sur Internet un « Appel public pour que Liège soit capitale européenne de la culture en 2015 ». Ces artistes et intellectuels « en devenir » comme les qualifiera le bourgmestre avec un brin d’amertume perçoivent l’importance, bien légitime au demeurant, de développer une idée forte au service de la culture à Liège. Très rapidement, grâce à une mobilisation bien orchestrée sur Internet, ils rassemblent 7 000 signatures à la veille du Conseil communal du 26 mai 2008, puis 9 000 par la suite. Et c’est cet élan qui dès le lendemain du vote négatif du Conseil communal finira par se transformer en demande de consultation populaire.


Personnellement, mon analyse était parfaitement convergente avec celle de l’échevin de la culture Jean-Pierre Hupkens et reposait sur quatre motivations essentielles. Primo, il y avait l’absence d’un projet culturel digne de ce nom dans le chef des pétitionnaires. Et cela reste d’ailleurs vrai à ce jour. Si Mons à choisi de travailler sur la rencontre entre la technologie et la culture, nous sommes, aujourd’hui encore, bien en peine de dire sur quoi nous pourrions rassembler une plateforme d’acteurs autour d’un projet cohérent. Et ce n’est pas faute d’y consacrer énormément de temps. Depuis qu’il est en place, l’échevin de la culture a pris de nombreuses initiatives, y compris internationales, pour redéfinir un concept culturel fort pour la ville. Bien entendu, cela commande inévitablement un temps de mise en œuvre. Secundo, nous étions face à l’absence d’un porteur de projet. Lors d’une conférence de presse dont les extraits sonores sont encore disponibles en ligne (cliquez ici) , le collectif Liège 2015 déclarait assez étonnamment que son rôle consistait à lancer le débat sans qu’il lui incombe d’organiser d’aucune manière que ce soit le service après-vente, et notamment le montage du dossier! C’est là un argument qui m’a beaucoup surpris et qui révèle une certaine légèreté dans la démarche. Mon troisième argument concernait la rareté des budgets disponibles. Considérant qu’il faut au minimum rassembler une centaine de millions d’Euros pour organiser un événement digne de ce nom, et considérant nos moyens actuellement disponibles au budget communal, il me paraissait aventureux de s’avancer vers un horizon fait d’autant d’inconnues. Alors bien entendu, on peut escompter des moyens en provenance de la Communauté française, de la Région Wallonne et de l’Europe. Cela n’empêche que la démarche menacera directement la mise en œuvre de notre politique culturelle pour toute la période 2009-2014, comme l’a rappelé le Ministre Jean-Claude Marcourt lors du débat au Conseil du 26 mai dernier. Quatrièmement, et finalement, le projet de capitale culturelle européenne à Liège est, et restera confronté, à une carence au niveau des relais mobilisables tant au niveau du monde des décideurs politiques, que des administrations publiques ou même des grandes institutions culturelles de la ville qui, majoritairement, ne se sont pas prononcées en faveur de Liège 2015.


Ton vote positif d’aujourd’hui est-il un revirement par rapport à ton vote du mois de mai dernier ?


Absolument pas. Selon moi, on ne peut en aucune manière reprocher aux conseillers de la majorité d’avoir changé de position. Ils n’ont tout simplement pas changé de position. On ne peut procéder à une telle affirmation sans sacrifier à un minimum d’honnêteté intellectuelle. En mai dernier, nous étions face à une pétition de citoyens sur Internet. Avec tout le respect qu’on peut avoir pour la cyber-militance, une pétition online ne peut pas être de nature à suspendre le travail délibératif des représentants élus. Ce que j’ai lu à ce moment là sur les blogs au sujet de la démocratie bafouée est de l’ordre de l’exagération et me fait penser que certains de nos concitoyens actifs ont une définition des procédures démocratiques particulièrement dépouillée. Jamais, je n’accepterai qu’une pétition sur Internet puisse servir d’argument définitif pour contester une délibération d’un conseil librement et démocratiquement élu. Je considère évidemment ce type de prises de positions comme des éléments à prendre en compte dans un dossier global. Mais, je sais aussi qu’on pourrait rassembler davantage de signatures encore via Internet pour des projets nettement moins bien intentionnés. Je mesure aussi très bien le fait que stimuler des passions identitaires via des pétitions ne peut se faire sans un minimum de vigilance démocratique. Dans le cas de la consultation populaire, par contre, nous sommes dans un autre registre. Une demande de consultation populaire introduite dans les formes prescrites est un droit du citoyen, encadré par des normes et une procédure précise. Dès lors qu’elle est activée, elle suspend, sur la question posée, le processus démocratique représentatif. Et la conséquence logique que le collège de la ville aurait peut-être dû mieux anticiper est qu’il n’existe aucune autre solution possible que le respect de la procédure et de l’initiative citoyenne. Nulle tergiversation, nul compromis possibles, quand bien même les initiateurs de la pétition auraient eux-mêmes formulés cette demande de compromis. Faut-il vraiment s’étonner que le projet d’accord autour d’une fondation des arts émergents sur le site de la Dentisterie à Bavière se soit soldé par un plomb dans la gencive autant que dans l’aile ?


Pourquoi voteras-tu « Non » lors de la consultation populaire ?


Je voterai « Non » pour les mêmes raisons que celles qui m’ont amené à voter « Non » lors du Conseil communal du 26 mai dernier. Vous remarquerez qu’à aucun moment n’interviennent dans mon raisonnement des considérations concernant des accords pris à d’autres niveaux de pouvoir ou l’influence d’une chefferie quelconque. Soyons par ailleurs de bon compte sur toute la ligne. Aucune des quatre motivations que j’ai exposées plus haut ne constitue une cause rédhibitoire à l’introduction d’un dossier de pré-candidature. Après tout, lorsque la motivation est présente, et elle doit l’être à chaque instant dans une ville en plein redressement comme la nôtre, ces obstacles peuvent être surmontés. Comment d’ailleurs ne pas se laisser séduire par l’idée que sa ville puisse être dans un futur proche capitale culturelle de l’Europe ? Comment ne pas céder à l’enthousiasme que suscite une telle perspective ? Comment ne pas voir que la culture, comme le tourisme, sont appelés à jouer un rôle déterminant dans le redressement économique de notre région ? Comment ne pas voir qu’à Liège, nous pourrions faire de cette capitale européenne de la culture autre chose, et bien plus, qu’une capitale des cultures européennes ? Comment ne pas tirer un brin de fierté de cet élan populaire pour la culture que le collectif Liège 2015 a réussi à créer ? Comment ne pas voir que les artistes mobilisés au sein de ce collectif n’expriment rien qui soit de l’ordre de la politique partisane mais seulement et uniquement un cri d’amour pour leur ville ? Tout cela m’apparait de manière limpide.


Mais si nous voulons éviter de préparer la candidature de Malines 2015 ou une gueule de bois le 2 juin 2009, lendemain de la réunion du comité de présélection, nous devons assumer de soutenir une collaboration active avec la candidature de Mons 2015 au nom des arguments que j’ai évoqués plus haut mais aussi de cette solidarité wallonne dont nous avons encore récemment été les grands bénéficiaires sur d’autres matières. Mons décompte les heures (voir ici). Elle se veut cigale et prête à chanter du printemps à l’automne 2015. Soyons Fourmi durant la période intermédiaire. Battons-nous pour obtenir une croissance linéaire des budgets consacrés à la culture à Liège d’ici à 2015 afin de nous illustrer dans des initiatives parallèles mais pérennes. Travaillons à ce scénario Fourmi 2015 car nous partons définitivement trop tard dans la course et nous risquons de nous heurter à un mur, comme le remarque avec beaucoup de lucidité l’un des initiateurs de la pétition (voir ici).Que ce soit au niveau de la consultation populaire au cas où elle n’obtiendrait pas les 10% requis pour le dépouillement ou après avoir déposé notre candidature, évitons de nous aventurer vers cette situation délicate où notre tableau de bord nous indiquerait de manière prématurée : LIEGE 2015, GAME OVER.



15 décembre 2008

De Khroutchtchev à Bush: la savate comme arme politique !

On connaissait l'épisode au cours duquel, Nikita Khrouchtchev avait joué de la savate sur son pupitre lors d'une séance des Nations Unies en 1960 suite à un débat sur le manque de liberté dans les pays satellites de l'ex URSS. Inspiré par cet illustre précédent, un journaliste irakien a eu l'idée d'améliorer cette technique de la savate politique. Voyez vous-même le résultat sur les images ci-dessous. Appréciez également le sens de l'esquive du Président américain. C'est une qualité qui sera probablement de peu de secours au moment où sa présidence devra affronter le jugement de l'histoire.

22 novembre 2008

De Mitterand à Royal, du Congrès d'Epinay à celui de Reims


Mitterrand Epinay 1971

Le dimanche 13 juin 1971, je fête mes onze mois d'existence. Au même moment, à Epinay, François Mittérand monte à la tribune du Congrès du Parti Socialiste pour prononcer un discours qui restera gravé si ce n'est dans les mémoires, à tout le moins dans les annales de la gauche française. Survitaminé sur le plan idéologique et visant essentiellement à conquérir la gauche de la gauche, Mitterand avance un discours de rupture (Lire en cliquant ici). Dans un contexte social, intellectuel et universitaire marqué par un marxisme vigoureux et fougeux (et pourquoi ne pas le rappeler, souvent aussi très rigoureux intellectuellement), il avance une stratégie de conquête de l'appareil qui mobilise une rhétorique révolutionnaire: "(...) Violente ou pacifique, la révolution c'est d'abord une rupture. Celui qui n'accepte pas la rupture - la méthode, cela passe ensuite -, celui qui ne consent pas à la rupture avec l'ordre établi, politique, cela va de soi, c'est secondaire..., avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste."

37 ans plus tard, le PS français est au bord de la rupture ... interne cette fois. Le Congrès de Reims édition 2008 du PS vient en effet de se terminer sur fond de divisions profondes. L'amorce d'une crise économico-financière mondiale d'une ampleur inédite n'y aura pas changé grand chose. Pire, on aura même vu un prétendant malheureux au poste de premier secrétaire, mais néanmoins maire de Paris, se présenter comme candidat libéral ! Cette confusion idéologique y est certainement pour quelque chose dans la déroute de ce Congrès et dans le fait que l'on ait connu un dégré de défiance personnelle entre candidats rarement atteint. En attendant les résultats définitifs de l'élection au suffrage universel qui devra trancher la course à la tête du PS, et qui à nouveau pose davantage de problèmes de confiance que d'idées, je ne peux m'empêcher de penser que le PS français, tout comme notre PS, auraient avantage à réfléchir à la stratégie au long cours de François Mitterand. Dans les circonstances actuelles, réinvestir un discours de rupture sur le plan social et économique n'est-il pas la condition d'un retour en grâce des idées de la gauche et d'une reconquête idéologique face au (néo-) conservatisme, au Sarkozysme et au Berlusconisme? Ségolène Royal qui a pour elle d'avoir mieux compris que ses adversaires, l'importance d'une communication politique moderne, saura-t-elle jeter les bases d'une gauche offensive, ancrée, crédible, moderne et ambitieuse? C'est tout le mal que je lui souhaite, si elle devait finalement être investie au bout de cette nuit.

HB

PS: Il est 3h02, je ne peux pas attendre plus longtemps le résultat final. Je m'en vais dormir !

07 novembre 2008

Zoom Jeunes à Liège le 20 décembre 2008













L'asbl Promo Jeunes organise depuis trois ans un grand évènement visant à jeter un éclairage positif sur la jeunesse et à mettre en valeur les talents, les compétences et les réalisations des jeunes de la Communauté Française. Organisé en alternance à Bruxelles et en Wallonie, l'édition 2008 de cet évènement aura lieu à Liège à l'ancienne Grand Poste et sera parrainée par deux jeunes sportifs qui se sont particulièrement distingués cette année aux JO de Pékin, Olivia Borlée et Faris Haroun.

Depuis la création de ce rendez-vous, j'en suis un soutien actif et un partisan convaincu. J'ai eu l'occasion de promouvoir le concept de cette soirée auprès du bourgmestre de la ville de Liège, Willy Demeyer, et de l'échevin de la jeunesse et des sports, Monsieur Fouad Chamas. J'ai été heureux de voir qu'ils ont immédiatement répondu présents à mon appel. L'arrivée à Liège de la caravane de Zoom Jeunes cette année me fait donc un plaisir tout particulier. Je suis convaincu qu'elle enthousiasmera également l'ensemble des associations de jeunes et tout le secteur de l'aide à la jeunesse.

D'ores et déjà, j'invite chacun d'entre vous à bloquer dans son agenda la date du 20 décembre prochain.

Je tiens également à saluer à l'avance le savoir-faire de toute l'équipe rassemblée autour de Chico, de Caroline, des autres membres du conseil d'administration de Promo Jeunes, ainsi que l'ensemble des bénévoles.

Pour de plus amples informations, n'hésitez pas à visiter le site du projet: www.zoomjeunes.be

20 octobre 2008

L'homme et la ville: l'urbanisme à Liège de 1950 à 1973


Cela fait un moment que je n'ai plus eu l'occasion de poster de billet sur ce blog. C'est probablement déjà l'un des effets collatéraux de Facebook. Je l'avoue volontiers: Facebook me prend l'essentiel du temps libre derrière l'ordinateur que je parviens à dégager.

Ceci étant, je trouvais absolument nécessaire de dire un petit mot ici pour une initiative remarquable de l'asbl "Homme et Ville". C'est le genre de petites perles, dont on éprouve un réel plaisir à la découverte.

C'est une exposition en ligne qui propose de brosser en textes et en images ces années charnières pour la ville de Liège qui sont celles qui vont de 1950 à 1973. Loin de chercher à offrir un bilan ou un essai de synthèse, cette expo est comme un regard jeté dans le rétroviseur. A l'heure, où nous sommes engagés dans une réflexion sur de nouveaux grands chantiers (Médiacité, Droixhe, Esplanade de la Gare des Guillemins, Grand Curtius, Emulation, etc), il n'est pas inutile de mieux comprendre ce que nous plaçons comme identité dans la brique, voire même tout ce que nous plaçons comme brique dans notre identité.

Bonne découverte !

Cliquez ici ou sur le logo en haut

11 septembre 2008

Nouveautés sur mon blog et mon site















Un petit message pour vous signaler quelques mises à jour sur mon site et mon blog. La principale concerne l'agenda. Sous l'onglet Agenda du site www.bousetta.be, vous avez dorénavant la possibilité de consulter le planning de mes activités politiques. Grâce à une fonctionnalité de Gmail, mon agenda est en permanence disponible sur le Net. Vous y trouverez l'ensemble des événements publics auxquels je suis convié en tant que conseiller communal et au cours desquels vous avez une grande chance de me croiser.

Le blog connait également quelques petites améliorations puisque j'y ai installé une radio via Deezer. Vous l'entendez déjà certainement au moment de lire ces quelques lignes. Vous aurez également remarqué que j'ai inséré à la fois sur le blog et le site Bousetta.be les widgets du Soir et celui des actualités du PS. Il s'agit de deux petits programmes graphiquement assez jolis et qui, me semble-t-il, se fondent plutôt bien dans le décor général de mes deux pages. Ils ont surtout l'avantage de donner accès en temps réel aux principaux titres du Soir et aux communiqués et brèves du PS.

Enfin, je signale à ceux qui l'ignorent que je souffre depuis environ un an d'une assuétude qui porte le nom de Facebook. Ceux qui sont frappés par la même "pathologie" savent déjà que j'ai une activité assez régulière à l'intérieur de ce réseau. Avis à ceux qui voudraient nous rejoindre....

N'hésitez pas à me faire part de vos remarques ou suggestions concernant ce blog et le site Bousetta.be.

31 août 2008

Borzée bientôt aan zee, selon RTL

Le JT de 19h de la chaîne RTL de ce samedi 30 août présentait un petit sujet sur les Rencontres d'été du parti Ecolo qui avait lieu comme chaque année à Borzée. Jusque là, on savait que c'était un coin bien planqué, une sorte de camp de vacance perdu au fin fond de la Wallonie. Mais là, RTL se fait fort de nous le retrouver et fait effectivement très fort.

Regardez bien l'illustration graphique qui précède ce sujet du JT. Ça vaut le détour. Borzée y est renseigné dans le Limbourg, à deux pas de Hasselt ! Probablement un effet du dérèglement du climat ... médiatique .... du côté de l'avenue Georgin. A ce rythme là, Borzée sera bientôt en bord de mer. Borzée aan zee quoi!

Pour voir l'image, cliquez ici.

23 août 2008

Joe Biden

Fin du sondage et des pronostics. Barack Obama a cette nuit choisi Joe Biden comme candidat vice-président. Bravo à Philip Herman qui s'est mouillé et avait visé juste (voir son commentaire du billet précédent). Bravo aussi à François Gemenne qui avait shortlisté Biden et qui va au delà en se mouillant un peu plus en anticipant sur ses qualités d'homme de campagne. A voir...

Personnellement, mais j'avoue volontiers être très mauvais pronostiqueur, j'attendais plutôt Evan Bayh, qui aurait eu le mérite de rassurer les partisans du camp Clinton.

Par ce choix, Barack Obama perd en crédibilité mais gagne en réalisme. Joe Biden, sénateur du Delaware, est en effet l'archétype du politicien et de la politique qui se fait à Washington et que Barack dénonce depuis le début de sa campagne. Il a aussi été un partisan de la guerre en Irak, ce qui est aussi en contradiction avec l'un des messages les plus forts de la campagne d'Obama.

Ci-dessous son premier message vidéo en tant que co-listier d'Obama

18 août 2008

Our moment is now !

Dans quelques jours, Barack Obama va naturellement recevoir l'investiture du Parti Démocrate dans la course à l'élection présidentielle américaine. Quelques jours auparavant, probablement dans le courant de cette semaine, le sénateur de l'Illinois devrait procéder à la désignation d'un-e candidat-e vice-président-e. Comme il l'a suffisamment répété lui-même, il s'agit là d'une des décisions les plus importantes que le candidat devra prendre avant l'élection.

Plusieurs candidats sont en lice. D''après tous les observateurs, il faut retenir les noms de Evan Bayh, Joe Biden, Hillary Rodham Clinton, Tim Kayne et Bill Richardson. Pour le plaisir d'accompagner cette élection historique, je vous propose un petit sondage (voir fenêtre en haut à droite). Pour vous aider à faire votre choix, je vous propose ci-dessous une petite présentation de chacun-e de ces candidats potentiels.

Soyez-nombreux à tester vos talents de pronostiqueurs !

Evan Bayh, sénateur de l'Indiana, ancien gouverneur







Joe Biden, sénateur du Delaware







Hillary Rodham Clinton, sénatrice de New York







Tim Kaine, gouverneur de Virginie







Bill Richardson, gouverneur du Nouveau Mexique






Autre ?







11 juin 2008

Groupe de réflexion "Evidence de la gauche"













Avec quelques amis, je suis actif depuis près d'un an au sein d'un collectif liégeois de citoyens engagés qui s'est donné pour nom "Evidence de la gauche".

Le groupe a produit une carte blanche et un texte d'analyse un peu plus long. Ces deux textes sont disponibles et consultables en ligne sur le blog du collectif (cliquez ici)

Je vous invite à lire ces textes et, pourquoi pas, à venir nous rejoindre pour une discussion ouverte autour de l'enjeu de la redynamisation de la gauche ce samedi 14 juin 2008 de 9.30 à 12.30 à la FGTB, Place Saint Paul 9-11, à 4000 Liège.

04 juin 2008

Yes we can !














3h00 précises (GMT+2). CNN l'annonce. Barack Obama sera le candidat du Parti Démocrate à l'élection présidentielle américaine. Il a rassemblé ce soir derrière sa candidature les 2118 délégués nécessaires pour recevoir l'investiture du Parti Démocrate lors de la Convention qui se tiendra du 25 au 28 août prochain à Denver (Colorado).

Ce résultat tout à fait exceptionnel est la victoire de l'éloquence et de l'élégance, du mérite et du talent.

Inutile de dire que cette victoire me touche particulièrement. D'abord et avant tout par sa symbolique; probablement moins par le contenu des propositions précises du programme des deux candidats démocrates.

Deux siècles exactement après l'abolition de la 'traite négrière' par Thomas Jefferson, voir un fils du mouvement des droits civiques émerger dans la dernière ligne droite d'une présidentielle américaine est une idée qui m'a toujours parue invraissemblable. Et pourtant, nous y sommes. Cette nouvelle est porteuse d'espoir pour tous les oubliés de l'Amérique, selon la formule du Professeur William Julius Wilson. Elle est aussi porteuse d'espoir pour tous les minorisés dans le monde. Après avoir symbolisé le contre-exemple de la responsabilité globale pendant huit longues années, l'Amérique nous redonne des raisons d'y croire.

Du 4 juin au 4 novembre, la route est encore longue qui mène à la Maison Blanche. Dès ce soir, le candidat républicain a concentré toutes ses charges contre le Sénateur de l'Illinois tout en saluant la vivacité de sa campagne. Comme toujours, la bagarre s'annonce féroce et impitoyable. Pour les démocrates, la victoire ne pourra passer que par le dépassement des divisions profondes qui se sont crystalisées autour de ses deux candidats durant les primaires.

Dans ce nouveau chapitre qui s'ouvre au cours duquel la question de la guerre en Irak sera omniprésente, on ne pourra pas dénier à Obama la clarté de sa ligne politique sur le sujet. Obama pourra continuer à montrer qu'il est plus avisé de conquérir les coeurs et les esprits que de laisser l'Oncle Sam s'enfoncer pitoyablement dans cette aventure militaire au Moyen Orient qu'il aurait été bien inspiré de ne jamais entamer.

29 avril 2008

Clauses sociales et environnementales dans les marchés publics

A l'occasion du Conseil communal de la ville de Liège d'hier soir (28 avril 2008), j'ai interpellée le collège communal sur l'opportunité d'introduire des clauses sociales et environnementales dans l'exécution des marchés publics. Voici le texte de mon intervention:

Monsieur le bourgmestre,
Madame et Messieurs les membres du collège,

Depuis le début de la législature, le collège a soumis pas loin de 2000 points à l’approbation du conseil communal. Une proportion très appréciable d’entre eux concernait la passation de marchés publics de travaux, de fournitures et de services. Cela témoigne de l’importance de la commande publique dans l’organisation de la vie politique, économique et sociale de la commune.

Comme vous le savez, les évolutions de la législation sur les marchés publics de ces dernières années permettent d’actionner la procédure dite des clauses sociales et environnementales en vue de rencontrer des objectifs d’emploi, de formation professionnelle et de protection de l’environnement. Mieux : elles permettent de faciliter la prise en compte des préoccupations environnementales de manière sociale.

L’Europe, le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux se sont engagés à des degrés divers dans l’application de ces clauses. Au niveau de la Région wallonne, des clauses sociales sont intégrées dans certains marchés publics à titre expérimental depuis 1996 et de façon plus générale depuis 1999. D’autres communes wallonnes se sont avancées également dans la mise en œuvre de ces clauses, notamment pour bénéficier d’une intervention plus favorable de la Région dans le cadre de la réalisation de travaux subsidiés.

L’inclusion d’une clause sociale dans les critères d’exécution d’un marché public peut à titre d’exemple permettre de promouvoir la formation professionnelle de jeunes tout en stimulant le secteur de l’économie sociale. L’efficacité de la mesure semble relativement bonne. Près de 50% des stagiaires qui ont bénéficié d’une formation par le biais des clauses sociales trouveraient in fine un emploi stable en entreprise.

Considérant l’importance des enjeux sociaux et environnementaux auxquels nous faisons face, je souhaite interroger le collège afin qu’il puisse nous communiquer l’état de sa réflexion concernant l’introduction de clauses sociales et environnementales dans les marchés publics.

Monsieur le bourgmestre,
Madame et Messieurs les membres du collège,

  1. Je voudrais savoir si le collège communal a par le passé recouru à cette procédure et dans quelles circonstances ?
  2. Le cas échéant, quelle est l’évaluation qui en a été faite ? Quelles sont les éventuelles difficultés liées à la mise en œuvre d’une telle démarche ?
  3. Le collège communal envisage-t-il de recourir à l’avenir à l’introduction de clauses sociales et environnementales pour certains marchés de travaux, de fournitures ou de services ?
  4. Le collège partage-t-il le point de vue selon lequel cette mesure pourrait contribuer à répondre aux défis de l’emploi, notamment des jeunes des quartiers populaires, de la protection de l’environnement, voire aux deux objectifs simultanément ? En d’autres mots, la généralisation de clauses sociales et environnementales dans les marchés publics de la ville ne pourrait-elle pas contribuer à orienter sa politique de promotion de l’emploi et de la formation auprès de groupes cibles au sein de la population liégeoise ?
Je vous proposerai sous peu un résumé de la réponse du bourgmestre au nom du collège communal.