A Lire dans La Meuse et les journaux du groupe Sud Presse, "Bousetta, le presque secrétaire d'état!", Mercredi 16 avril 2008, pg 17
16 avril 2008
Le nouveau vocabulaire politique en quatre temps
A Lire dans La Meuse et les journaux du groupe Sud Presse, "Bousetta, le presque secrétaire d'état!", Mercredi 16 avril 2008, pg 17
01 avril 2008
Dangers nucléaires: la ville de Liège bouge !
Cliquez sur l'image pour visionner le film
26 mars 2008
Expérience originale au Kirghizstan

Quelques jours plus tard, du 8 au 12 mars dernier, j'ai eu l'occasion de participer, sur un plan professionnel cette fois, à un séminaire à Bishkek, capitale du Kirghizstan, ainsi qu'à une mission de terrain dans la vallée de la Ferghana. Cela me donnait, en quelque sorte, l'occasion de passer sans désemparer de la théorie à la pratique, du politique à l'académique.
Ce déplacement s'inscrivait dans le cadre du projet Each-For, un projet coordonné à l'université de Liège par mon collègue François Gemenne. Sur place, notre mission consistait à étudier les relations entre dégradation de l'environnement et migrations. Pour découvrir quelques images des scènes proprement saisissantes dont nous avons été les témoins, je vous invite à consulter la série de pastilles vidéos réalisées par les deux journalistes-bloggers qui nous accompagnaient dans cette mission, Tristan Mendès-France et Alban Fischer. >> Cliquez ici
Voir aussi ceci sur le site de l'Université de Liège >> Cliquez
13 février 2008
Je ne suis pas raciste, mais...
Je vous signale la parution d'un ouvrage que j'ai co-rédigé avec Malika Madi et intitulé "Je ne suis pas raciste, mais...".
Il est à présent disponible à la vente dans toutes les bonnes librairies pour le prix de 14 Euros (Editions Luc Pire, 2008)
Découvrez cette nouvelle publication et le projet pédagogique qui l'accompagne en visitant le site qui leur est consacré: Cliquez ici
18 janvier 2008
Les nouveaux Belges en balance
13 janvier 2008
03 janvier 2008
Heureuse année 2008 et 1429 !
En guise de cadeau, je vous livre, en lien Internet, une carte animée de l'histoire du Moyen Orient qui vous fera parcourir 5000 ans d'histoire en 90 secondes.
Cliquez ici ou sur l'image

Traduction:
Histoire impériale du Moyen Orient
Qui a conquis le Moyen Orien au cours de l'histoire mondiale?
Parcourez 5.000 ans d'histoire en 90 secondes
Play >> Créé par Maps-of-War
16 décembre 2007
Un nouveau point de vue belge ? Le point de vue d’un « nouveau Belge »
Mariage forcé, crispations identitaires, communautarisme, machisme, voilà des qualifications qui, en ces moments incertains que vit le pays, en viennent avec une certaine hardiesse à se détourner de leur destination initiale. Les discussions sur les tensions communautaires autour de la formation du gouvernement ont saturé l’espace médiatique mais on a finalement appris peu de choses sur la manière dont les étrangers et les personnes d’origine étrangère, habituellement visés par les problématiques précitées, vivent cette situation. Les « nouveaux belges » ont-ils un nouveau point de vue belge à faire valoir ? Sont-ils à l’instar de la minorité germanophone les derniers Belges, tel que cela a pu être avancé à l’occasion, ou s’alignent-ils sur les positions des communautés qui les ont historiquement reçus ? Pourquoi sont-ils si peu audibles sur les questions communautaires belges ? Pour intéressantes qu’elles soient, la réponse à ces questions est rendue malaisée par l’hétérogénéité des groupes concernés, les spécificités de leurs trajectoires et la diversité de leur vécu. Elle ne sera pas facilitée non plus par la disparition des visages symbolisant la diversité au sein du gouvernement Verhofstadt III.
Et pourtant, ces 15% de la population qui ont une expérience particulièrement intime des problèmes d’identité, de diversité linguistique et de cohabitation interculturelle, ne sont pas moins concernés que leurs concitoyens par la crise gouvernementale des derniers mois et l’enjeu de l’avenir du pays. On peut même avancer sans grand risque de se tromper que, vu leur poids à Bruxelles et la centralité de cette région dans les débats sur l’avenir du pays, ils seront concernés au premier chef par l’évolution de l’architecture fédérale que pourrait générer de nouvelles réformes institutionnelles. En aucun cas, les scénarios de réformes de l’état qui résulteront du rapport de force entre Francophones et Néerlandophones ne seront neutres pour cette partie de la population.
Trois réflexions particulières peuvent être avancées pour tenter d’articuler immigration et fédéralisme à la belge. Premièrement, il faut rappeler que les nouveaux Belges, comme les nouveaux arrivants, sont sans cesse sommés de s’intégrer. Mais de plus en plus, on est en droit de se poser la question : à quoi ? Quelles sont les contours de notre identité en tant qu’habitants de l’espace Belgique? Et à quelle communauté de citoyens appartenons-nous ? Opter pour la nationalité Belge est un choix que les étrangers sont de plus en plus nombreux à faire. S’identifier à leur ville est une démarche qu’ils pratiquent quotidiennement. Entrer en revanche dans une logique de sous-nationalités sous-tendues par des idéologies nationalistes exclusives n’est pas prêt de les enthousiasmer. Et comment pourrait-il en être autrement ? A l’heure où certains souhaitent la fin de
Deuxièmement, on peut anticiper qu’une réforme de l’état qui toucherait par exemple à la sécurité sociale, bien qu’en principe neutre sur le plan de la réalité multiculturelle, pourrait avoir des effets immédiats sur ces groupes. On sait que moins de solidarité interpersonnelle conduirait à des difficultés sociales à Bruxelles et en Wallonie, on ne rappelle pas suffisamment qu’elle est une catastrophe annoncée pour les nouveaux Belges et les migrants compte tenu du fait qu’une partie importante de la population immigrée vit déjà dans la pauvreté et que certains sont même en voie de quart-mondisation. Au Nord du pays, la situation sociale de l’immigration est également mauvaise, mais la question qui vient immédiatement à l’esprit si on évoque une réforme profonde de l’état est celle de savoir si elle pourrait être de nature à amener
Troisièmement, Bruxelles et sa périphérie restent plus que jamais le nœud de toute discussion sur l’avenir du pays. A elle seule, elle accueille un tiers des non-Belges du pays et plus d’un tiers de la population bruxelloise a des racines familiales non Belges. Il se trouve que la génération actuelle des décideurs politiques francophones prend pour acquis que la population d’origine étrangère est adossée aux intérêts bruxellois francophones. Or, si cela est vrai aujourd’hui, personne ne peut garantir qu’il en sera encore ainsi demain ? Tous les jeunes bruxellois, d’origine étrangère ou non, qui aujourd’hui considèrent que donner la meilleure éducation et les meilleures opportunités à leurs enfants passe par le réseau des écoles flamandes ne préparent-ils pas des ruptures d’équilibres linguistiques pour demain ? L’exemple de Montréal, et notamment de la loi 101 qui impose l’enseignement du français aux enfants de nouveaux arrivants, indique clairement que les équilibres linguistiques des grandes villes ne sont pas des réalités immuables. D’une ville dominée par la langue et la culture des élites anglophones dans les années 70, Montréal est aujourd’hui redevenue une ville majoritairement francophone, tout comme Bruxelles pourrait re-devenir plus flamande si les zinneke que nous produisons aujourd’hui dans les écoles flamandes à Bruxelles y trouvent davantage leur compte. Nous pourrions fort bien nous retrouver face à une génération de personnes qui se positionnerait de manière plus instrumentale qu’identitaire. Si on ajoute à cela, l’investissement flamand à Bruxelles, notamment dans le secteur associatif immigré, et l’émigration vers les communes wallonnes que l’on constate déjà aujourd’hui parmi les Bruxellois les moins armés culturellement et linguistiquement, parmi les paupérisés, les exclus du marché du travail et les mal logés, alors non seulement l’équilibre linguistique pourrait évoluer au détriment des Francophones mais aussi renforcer l’ambition de certains milieux flamands de faire progressivement main basse sur Bruxelles. S’ils veulent éviter ce scénario, les Francophones seraient bien inspirés de développer à Bruxelles une politique de la langue française articulée aux politiques de l’enseignement, de l’emploi et du logement.
La place de Bruxelles dans les scénarios de réforme de l’état évoqués en Flandre depuis 1999 ne pose pas moins de difficultés par rapport à l’immigration. Les résolutions du parlement flamand sur le fédéralisme 2+2 en lieu et place du 3+3 actuel où Bruxelles serait co-gérée par
L’immigration est un phénomène essentiellement urbain. Nos villes n’ont pas encore su digérer cet enjeu majeur que d’autres enjeux plus fondamentaux encore s’annoncent. En effet, vu l’urgence environnementale, de plus en plus de personnes vivront demain dans les villes. Or, la focalisation actuelle de nos débats sur le communautaire occulte ce grand chantier de l’avenir qui est précisément celui d’aménager des villes plurielles et durables. La qualité de vie en ville et la qualité de la coexistence interculturelle dépendra de plus en plus des politiques menées pour répondre aux besoins des grandes villes. Et de ce point de vue, les enjeux ne divergent pas fondamentalement entre Anvers, Gand, Liège et Charleroi. Seule Bruxelles fait exception par l’acuité des contrastes qu’elle abrite et par sa structure de ville Région. Or, la tendance à vouloir tout régionaliser dès lors qu’une difficulté apparaît dans un dossier fédéral amoindrit le poids politique des élites politiques des grandes villes au détriment de celles des villes petites et moyennes. Qui peut penser qu’on va améliorer nos approches politiques des grands centres urbains en Wallonie et en Flandre en dévoluant davantage de compétences ? Régionaliser les éléments de politique de la ville qui sont en place aujourd’hui est une fausse bonne idée. C’est, au contraire, à travers une politique fédérale de la ville renforcée que les grandes villes wallonnes et flamandes devraient pouvoir mieux collaborer entre elles, et avec Bruxelles, tout en faisant mieux valoir leurs spécificités par rapport aux autres échelons de pouvoir. De la sorte, on se donnerait certainement de meilleures chances d'anticiper les enjeux de cohabitation interculturelle de demain et peut-être aussi de faire émerger un point de vue moins crispé sur l'institutionnel.
Hassan Bousetta
Chercheur qualifié FNRS à l’Université de Liège
Conseiller communal PS à Liège
07 décembre 2007
Investir dans le capital humain… sans discrimination… est un choix économiquement rationnel et socialement responsable

Conseiller communal à Liège depuis un an, je constate qu’il ne se passe pas une semaine sans que je sois interpellé par des Liégeois-e-s, et particulièrement par des Liégeois-e-s d’origine étrangère, à la recherche d’un emploi. En un an, j’ai rencontré des secrétaires, des comptables, des employés administratifs, des ouvriers, qualifiés ou non, des travailleurs sociaux, un géomètre, un ingénieur en hydrologie et même un docteur en sciences, tous plus désespérés les uns que les autres de ne pas trouver d’emploi correspondant à leur formation.
En tant que conseiller communal de la ville de Liège, je me réjouis de constater que de nouvelles perspectives économiques s’ouvrent aux entrepreneurs liégeois. Toutefois, je crois qu'il faut attirer l’attention du monde économique sur le sentiment qu’éprouvent un nombre croissant de nos concitoyens d’être tenus à l’écart du marché du travail en raison de leurs origines.
La plaie de la discrimination menace non seulement la cohésion de nos villes mais fragilisera inévitablement le développement équilibré de notre région à long-terme.
Investir dans le capital humain sans discrimination est un choix économiquement rationnel, socialement responsable, et dans tous les cas moins coûteux pour la collectivité que de recourir demain à de nouvelles immigrations d’appoint pour satisfaire des besoins de main d’œuvre conjoncturels.
Hassan BousettaConseiller communal à Liège
Groupe PS
(1) Pour visionner le reportage, cliquez ici.
26 novembre 2007
20 novembre 2007
Immigration et coopération au développement: des liaisons dangereuses? (1/2)
Cliquez ici pour lire le commentaire des organisateurs.
12 novembre 2007
Bravo à Résitances et au Front Anti-fasciste !

J'avais alors promis de revenir sur le sujet et je me permets donc aujourd'hui de procéder à une mise à jour concernant ce dossier.
Avant d'alerter mes amis, les médias, et certains acteurs du monde politique liégeois, ma première réaction avait été de me rendre sur place pour faire un constat de visu. Bilan: aucun doute n'est permis pour qui veut percer l'écran de fumée que cette librairie entretient en se présentant innocemment comme anti-conformiste. Le contenu de la littérature qui est diffusée par la libraire Primatice est clairement positionné à l'extrême-droite. Aucun doute possible non plus sur l'idéologie des promoteurs de cette librairie comme l'a révélé le site Résistances dans un article remarquablement documenté (lire ici).
Pour autant, les initiatives politiques et juridiques qu'il est possible de prendre face à ce genre de situations ne sont pas aussi évidentes qu'il n'y parait. Comme cela s'est passé en France à l'initiative de l'Union des Etudiants Juifs, il s'agirait ici, pour bien faire, de saisir des ouvrages dans l'endroit incriminé et de parvenir à prouver qu'ils tombent sous le coup de la loi sur le racisme ou le négationisme. Or, ce n'est pas si évident que cela.
En tant que nouvel élu communal, je n'ai pas attendu pour faire remonter l'information en direction du collège communal afin d'envisager les actions qu'il était possible d'entreprendre. Je ne vous cache pas que l'un de mes premiers soucis concernait la très grande population scolaire fréquentant le quartier. A la veille de la rentrée scolaire, mon objectif était de protéger les élèves des écoles alentours contre le genre d'idées haineuses propagées sournoisement par cette librairie.
A ma demande, l'échevin de l'instruction publique a immédiatement réagi et a pris l'initiative d'aborder la question en conférence des directeurs d'écoles de la ville pour alerter la communauté éducative. Sur mon intervention, le bourgmestre s'était également engagé à intervenir auprès de la propriétaire des lieux.
Ce 9 novembre, à l'occasion de la commémoration de la nuit de cristal, le Front Antifasciste de Liège a pris l'initiative d'organiser un rassemblement devant la librairie Primatice. Cette action a eu le très grand mérite d'alerter l'opinion de manière plus large encore. Le FAF a également décidé de mener une action en direction du conseil communal.
Je ne puis que me réjouir de ce que la société civile contribue à mettre la pression sur ce lieu borgne situé à l'angle des rues Velbruck et Hors-Château. Mais vu la stratégie de "normalisation par la loi" (voir ici) adoptée par Philippe Randa, le promoteur de ce lieu, j'ignore s'il existe, du point de vue de l'autorité communale, un moyen efficace lui permettant, techniquement, d'empêcher la création de ce genre de commerces dès lors que ceux-ci prennent bien soin de ne pas tomber sous le coup du droit commun d'une part, des lois anti-racisme et anti-négationisme, d'autre part.
J'espère que ce sera l'objet d'un débat utile, entre démocrates, lors du prochain Conseil communal du 19 novembre...
28 octobre 2007
Le projet de ville 2007-2015: un exercice de démocratie participative

La ville de Liège lance un large exercice de consultation de la population. Le projet de ville, annoncé en début de législature, a été lancé le 26 septembre dernier. Tous les ménages de la ville ont reçu une brochure de présentation du projet. Un formulaire est également disponible sur Internet (cliquez ici).
Je fais partie de ceux qui accueilleront cette réforme avec beaucoup d'intérêt et de satisfaction.
30 août 2007
Djamel Boussetta simple flic: ce qu’il nous dit et ce qu'on peut en dire
Je ne sais trop quel crédit accordé aux éléments de fait et d’appréciation avancés par mon homonyme dans son ouvrage et ses interventions dans la presse. A vrai dire, que ses déclarations soient fiables ou non m’importe relativement peu par rapport à ce que j’ai envie de dire dans ce billet. Quand bien même tout ceci ne serait qu’un montage, il n’en reste pas moins vrai qu’en France, comme en Belgique, règne entre les jeunes et la police une sorte de climat de malaise, souvent de méfiance et parfois aussi de défi. Qu’il dise vrai ou non, l’audience que recueille son témoignage n’est avant tout qu’une manifestation de cela. Ce qu’il nous révèle, ce dont il est le révélateur, est pour moi bien plus préoccupant que ce qu’il révèle au sens propre.
En Belgique, un certain nombre de scientifiques (principalement des sociologues et criminologues) se sont penchés sur cette réalité (1). A la demande des services de la politique scientifique fédérale, une équipe interuniversitaire de recherche flamande est d’ailleurs en plein travail d’élaboration d’une enquête sur le « community policing » au cours de laquelle on cherche notamment à établir comment police et allochtones se perçoivent mutuellement. (Lire la présentation du projet ici). Il ne s’agit pas de laisser entendre que la police serait coupable indistinctement de traiter différemment les personnes d’origine étrangère mais le fait est qu’une proportion importante de jeunes qui vivent ce genres de difficultés sont d’origine étrangère.
Si je m’étends ici sur ce sujet, ce n’est pas uniquement par intérêt académique. C’est parce que, pas plus tard que cet été, j’ai été interpellé dans ma commune par une situation extrêmement délicate : une tentative d’interpellation de la police qui se solde par la mort d’un jeune. Les circonstances du drame ont été détaillées dans la presse (2). Inutile d’y revenir par le menu, d’autant que les versions du drame divergent et qu’il appartiendra donc à l’enquête en cours de déterminer l’exact déroulement des faits et les responsabilités éventuelles.
Le soir même de la découverte du corps, je me suis rendu auprès de la famille pour leur faire part de mes condoléances. J’ai rencontré une famille éplorée, on l’imagine aisément, mais qui manifestait aussi beaucoup de détermination. Très vite, les jeunes frères et sœurs de la victime se sont mobilisés pour chercher à comprendre comment au départ d’un soupçon d’arrachage de sac, très vite dissipé depuis lors, on en est arrivé à cette issue extrême. Ils ont rassemblé autour d’eux un comité de soutien et veulent qu’on n'oublie pas. Ils appellent d’ailleurs à manifester ce samedi 1er septembre dans les rues de Liège pour honorer la mémoire de leur frère, dire son innocence et pointer du doigt la méthode avec laquelle il a été interpellé (3).
Sortant d’une année 2006-2007 où je me suis présenté à deux reprises devant l’électeur pour défendre le projet politique d’une société de confiance, tournée vers la jeunesse, je me sens fortement interpellé par cette affaire. Je ne crois pas a priori qu’on puisse réduire le drame de la disparition de Khalid Cherai à un simple accident. Je crains par contre que nous ne soyons ici face à un échec collectif au principe duquel résident la méfiance et la peur. L’avocat de la famille a parlé d’un drame absurde qui aurait du être évité. C’est vrai qu’à réfléchir au scénario à la manière d’un film d’Alain Resnais et que l’on retranche ces deux ingrédients que sont la méfiance et la peur, on se dit que rien n’aurait pu empêcher un happy end. Ce n’est malheureusement pas ce qui s’est passé et c’est pour que cela soit évité à tout prix à l’avenir que je manifesterai ce samedi aux côtés de la famille.
(1) Je ne peux à ce sujet que conseiller la lecture du remarquable ouvrage d’Andrea Rea « Jeunes immigrés dans la cité » paru aux Editions Labor en 2001.
(2) Lire l'article de la DH en cliquant ici
(3) Lire la dépêche Belga en cliquant ici
10 août 2007
Une librairie proche des milieux d’extrême droite français installe un point de vente à Liège
« Se mobiliser pour combattre la banalisation des idées de la droite extrême !»
Sans pratiquement mener de campagne électorale, l’extrême droite a rassemblé plus de 6000 voix lors des dernières élections communales du 8 octobre 2006 à Liège. Alors qu’elle ne disposait plus de représentant au conseil communal sous la législature 2000-2006, l’extrême droite a refait ainsi son apparition à
J’y reviendrai dans un prochain post.
Hassan Bousetta
Conseiller communal à Liège
Groupe PS
(1) « J'ai toujours assumé des idées politiques et des amitiés qui m'ont fait classer à “l'extrême droite” de l'échiquier politique. Je ne m'en suis jamais offusqué comme tant d'autres qui vivent dans la peur d'être “compromis” par une telle étiquette. Cela ne veut pas dire que je la revendique, puisque je refuse de participer au clivage politique “droite/gauche”. Je me définis comme un “nationaliste” européen (c'est-à-dire comme appartenant à une communauté de même “naissance”), fier de la civilisation française à laquelle je me rattache plus particulièrement et partisan d'un certain nombre d'options politiques (rétablissement de la peine de mort pour les criminels, droit du sang et donc préférence identitaire en matière d'emploi, lutte contre la ghettoïsation ethnique de notre continent - la société multiraciale est un leurre, il n'existe que des sociétés multiracistes, comme aux États-Unis d'Amérique par exemple -, etc.) », Pour consulter la source, cliquez ici.
(2) Lire la conclusion de Jamin, J. (2005) Faut-il interdire les partis d’extrême droite ? Démocratie, droit et extrême droite (Bruxelles/Liège : Editions Luc Pire/Les Territoires de la Mémoire). Voir aussi : http://www.parnasse.org/ouvrage3.html
25 juillet 2007
Vues de Liège: un site à visiter absolument

Cette semaine, je vous propose de visiter un site particulièrement bien fait. Il s'agit du projet de fin d'étude d'un étudiant liégeois, Lionel Mirbach, bachelier en techniques infographiques de la Haute Ecole Renquin Sualem.
Son travail permet de découvrir la ville de Liège sur le net de façon originale. Pour les oublieux, cela offre aussi la possibilité de se raffraîchir la mémoire sur le patrimoine historique et architectural de la ville.
Pour visiter le site, cliquez ici. Ca en vaut le détour. N"hésitez pas aussi à passer signer le livre d'or.
20 juin 2007
La gauche peut-elle encore changer la société?
Il vous est dès maintenant possible de commander ce numéro de 120 pages au prix de 10 euros (frais de port compris) à la rédaction de POLITIQUE (Jérémie Detober, Secrétaire de rédaction, 68, rue Coenraets, 1060 Bruxelles, tel : 02/538.69.96, fax : 02/535.06.93, mail : redaction@politique.eu.org, site : www.politique.eu.orgLa gauche peut-elle encore changer la société ? Mon point de vue en bref
Bien sûr faudrait-il encore s’entendre sur ce que l’on entend par « la » gauche, par pouvoir de changement et par ce quasi nostalgique « encore »? La précision terminologique est en cette circonstance aussi nécessaire que l’explicitation des conditions historiques et politiques qui rendent cette interrogation possible et audible. Poser ce questionnement n’est en effet pas innocent et révèle en son principe l’idée plus fondamentale d’une crise de l’idée du progrès. Les gauches d’Europe occidentale se sont d’une manière ou d’une autre constituées autour de combats collectifs pour l’amélioration constante des conditions sociales des classes populaires. Et ce n’est pas pour rien si cette marche en avant se donne à penser dans l’imaginaire de la gauche comme une histoire de conquêtes. Les victoires engrangées sur le terrain du combat social se sont hissées les unes après les autres au rang d’acquis sociaux que l’Etat providence a su convertir en droits. A cette logique progressiste se substitue aujourd’hui une logique sociétale défensive sous-tendue par la notion de sécurité.
Cette évolution ne manque pas d’affecter le discours politique. Mais plutôt que de « la » gauche faudrait-il probablement parler des gauches. De mon point de vue, on ne peut véritablement en parler au singulier que par convention de langage tant les références doctrinales peuvent être contradictoires. S’identifier politiquement à gauche, comme nous le faisons ici, ne suffit pas, loin s’en faut, à créer une cohérence suffisante avec tous ceux qui en Belgique pratiquent la même démarche. Il suffit pour s’en convaincre de penser à certains enjeux de reconnaissance portés par les descendants de travailleurs immigrés et en particulier à la question brûlante des cultes minoritaires dans un espace public laïcisé. Il serait difficile en la matière d’avancer que le clivage structurant serait simplement celui d’une opposition gauche-droite tant la question divise au sein même des deux camps. Les enjeux contemporains de la reconnaissance semblent donc s’accomoder moins facilement de cette grille de lecture que les questions plus classiques de redistribution.
La problématique principale qui sous-tend mes engagements politiques et intellectuels à gauche consiste précisément à tenter de réconcilier ces deux dimensions que sont les inégalités sociales et culturelles. Pour cela, il m’apparaît nécessaire d’élargir l’échelle de la réflexion. Car qu’on le veuille ou non, changer la société dans l’ordre de notre réflexion sur ce thème, c’est changer la société nationale. L’emprise de l’ordre national sur nos catégories d’analyse est l’un des fardeaux duquel il faut commencer par se débarasser. La capacité de changer la société dépend aussi de notre capacité d’analyser nos interdépendances avec le reste du monde. Si comme l’avance Bourdieu, les démocraties occidentales font face à une vague d’idéologie néo-libérale qui jette les bases d’une révolution conservatrice, la gauche dans ses formations nationales ne peut que subir, se cantonner dans la défensive et le repli sécuritaire. Si par opposition, elle ambitionne de penser ses valeurs d’égalité, de solidarité et de fraternité, au delà des frontières réelles ou imaginaires, de nouveaux champs de luttes de progrès s’ouvrent. Ce combat doit bien entendu être conçu avec les progressistes du monde entier, en dehors de toute volonté hégémonique et donc à travers un dialogue interculturel sincère qui rompe avec le dialogue Nord Sud fondé sur ce que Bourdieu qualifie de chauvinisme de l’universel. Les mouvements altermondialistes ouvrent une des modalités possibles de ce réechellonement du combat de la gauche au sein de la société civile mondiale. Au niveau des partis politiques, tout ou presque est à inventer. Alors, oui je pense que la gauche est capable de changer le monde.
11 juin 2007
Merci aux 7 863 personnes qui m'ont fait confiance !
Les élections législatives viennent de s'achever sur un résultat que peu d'observateurs avaient anticipé. Les titres de la presse du matin donnent la mesure de la recomposition des rapports de force politique qui est en cours. Du côté francophone, le PS réalise un mauvais résultat d'ensemble. Les autres formations démocratiques connaissent des fortunes diverses. Le CDH et le MR progressent légèrement alors qu'Ecolo regagne une partie du terrain qu'il avait perdu en 2003.
A Liège, le PS se défend bien. C'est l'une des bonnes nouvelles de ce dimanche. Une autre bonne nouvelle, c'est que je réalise un résultat très encourageant. Avec 7863 voix de préférence dans la Province et 3330 voix à Liège (soit le double de mon résultat aux communales), mon bilan est positif. Certes, cela ne suffit pas pour être élu mais j'estime néanmoins avoir fait le maximum de ce qu'un candidat d'ouverture, sans notoriété médiatique particulière, peut réaliser dans cette grande circonscription.
Au terme de ce marathon électoral, je tiens à adresser mes plus sincères félicitations à mes six colistiers élus. Bravo à Michel Daerden, Guy Coëme, Marie-Claire Lambert, Alain Mathot, André Frédéric et Linda Musin.
Je tiens enfin à adresser mes plus sincères remerciements à tous ceux qui m'ont permis d'obtenir ce beau résultat. Et je tiens à leur dire qu'ils pourront à nouveau compter sur moi pour les défendre lors de prochains rendez-vous électoraux.
Hassan Bousetta
9e effectif à la Chambre
Liste PS en Province de Liège
07 juin 2007
Un regard mixte et engagé sur l’école, les étudiants, l’enseignement
Lire ça va. Comprendre c’est autre chose !
Réactions de deux candidats socialistes ayant des choses à dire et à vivre.
Madeleine Mairlot a derrière elle une carrière d’enseignante dans le technique secondaire et l’enseignement supérieur - graduat en communication, service social, bibliothécaire.
Hassan Bousetta travaille à l’Université de Liège au CEDEM, centre d’études de l’ethnicité et des migrations ; il est également chercheur au FNRS.
Madeleine Mairlot : « J’ai eu la chance d’accéder à l’université dans les années 1960, et de devenir prof de français au début des années 1970, la belle époque de la démocratisation de l’enseignement. Ce n’est pas un hasard si l’échec le plus évident à l’université, toutes facultés confondues, vient de ce que les étudiants ne comprennent pas des textes complexes. » « Lorsque j’enseignais dans le secondaire technique que l’on dévalorise à tort, mes étudiantes, je leur faisais lire dix bouquins par an. Nous pouvions aborder Camus, Sartre, la poésie surréaliste, la littérature italienne… Même si l’orthographe était souvent défaillante, on travaillait sur le sens, il y avait du fond »
Hassan Bousetta : « J’ai eu une scolarité sans problèmes. Dans un milieu rural où mon père et quelques autres ouvriers immigrés avaient atterri. Nous étions quatre frères et tous nous faisions des primaires impeccables. Ce qui « étonnait » certains parents… Je dois souligner que si nous avons eu des « beaux points » c’est aussi grâce à des enseignants qui nous donnaient le goût de l’école. L’école est soumise aux tensions sociales, la différence se marque toujours par ce que peut apporter le milieu familial. Il y a des parents qui ne connaissent pas l’école, ne savent pas faire passer cette confiance en l’école que généralement des parents intellectuels font passer. Quand il faut surmonter un handicap linguistique ou socio-culturel, c’est dur, et il faut inculquer une confiance en lui à l’enfant, à l’étudiant. C’est ce que j’appelle le degré de confiance avec l’institution scolaire. »
Madeleine Mairlot : « Je me refuse à cautionner un tel retour en arrière. Bien entendu il y a une différence d’appréhension de la scolarité. Les garçons ont besoin d’être en bande, de s’affirmer, je l’ai ressenti très fort quand j’enseignais à l’école technique. Les filles s’adaptent beaucoup plus vite à la réalité du moment, elles intègrent qu’une bonne scolarité est une promotion dans la société. Mais garçons et filles se stimulent, se découvrent, s’enrichissent de leurs différences. »
Hassan Bousetta : « J’ai lu cela aussi, cela me paraît un courant tout à fait marginal. « Question plus fondamentale, c’est le port du voile dans les écoles publiques. Je suis un adepte de cette notion d’école publique. L’école doit permettre aux étudiants de vivre et les laisser vivre. C’est leur apprentissage qui leur forge une personnalité. La dérive serait de précipiter les jeunes filles qui portent le voile par choix, conviction, même par révolte identitaire, dans des écoles religieuses éloignées du reste de la société. « L’interdiction du port du voile dans certaines écoles n’est pas la solution et ne favorisera pas la dynamique d’intégration. Je suis persuadé, quand je dis cela, que cela peut se faire sans toucher à la nécessaire séparation du champ politique et du champ religieux. »
Madeleine : « Dans le supérieur, je constate que le projet Bologne favorise des écoles mammouths. L’étudiant a des bâtiments fonctionnels, de beaux amphis, la province de Liège a fait un travail remarquable sur ce plan-là, mais une part de la relation humaine disparaît entre les profs et les étudiants. »
Hassan : « Effectivement, comme le souligne Madeleine l’enseignement fait face à des réformes lourdes. Nos universités doivent former en 5 ans au lieu de 4 ans mais sans moyens correspondants en investissements pédagogiques et humains. L’université d’aujourd’hui n’est plus celle d’il y a 15 ans, et on constate, en matière de recherche, qu’elle est soumise à la concurrence des labos, des centres de recherche et des lobby privés. « J’en reviens aussi à une notion fondamentale, « celle du 19ème siècle et de « l’Instruction Publique ». Ce n’est pas un combat d’hier c’est un combat d’aujourd’hui et de demain. « En Afrique il n’y a plus d’Instruction Publique, les écoles qui forment correctement sont privées. En Belgique le phénomène des « écoles européennes » très chères et performantes qu’affectionne un certain nombre d’entreprises, c’est déjà un révélateur. »
Des idées politiques concrètes ?
Madeleine Mairlot
« Il faut renforcer l’étude du français et des langues dès le plus jeune âge. Parce que c’est déjà entre 6 et 8 ans que les différences se marquent, parfois pour toute la vie… Il est tout aussi primordial de réintroduire la culture et l’art dans les cours dès l’école primaire. La musique, le théâtre, toutes les activités qui développent une créativité doivent se faire dès le départ. Ce serait aussi une manière de réintroduire les artistes dans une fonction pédagogique où ils sont trop peu présent. »
Hassan Bousetta
« Je trouve primordial dans le cadre de l’enseignement de répondre aux crises identitaires de manière sociale. Il y a des « écoles ghettos » que des élèves eux-mêmes qualifient d’ « écoles poubelles ». Or, pour s’identifier à l’école il faut s’y trouver dans des conditions positives. L’intégration scolaire comme je le soulignais est aussi une question de confiance, non seulement pour les parents mais pour les étudiants. Se sentir dans une école de « seconde zone » cela na favorise pas la confiance en soi et l’épanouissement. Concrètement je suis favorable à la création de classes de 15 élèves maximum. »
Hassan Bousetta 9e effectif à la Chambre
29 mai 2007
Oeuvrer pour le rapprocherment interculturel
Fort présent sur le terrain pour ma campagne électorale, je ne compte plus le nombre de personnes qui m'ont interpellé sur le sujet. Beaucoup de Belgo-Marocains y ont vu le signe annonciateur d'une reconnaissance par le nombre. Un peu comme s'ils venaient de remporter une victoire en demi-fond. A tort ! Les choses ne fonctionnent malheureusement pas tout à fait de la sorte. La reconnaissance et le respect mutuels ne se conquièrent pas par un quelconque effet de masse, mais bien plutôt par une action politique structurée.

Pour moi qui suis biographiquement ancré dans l'immigration marocaine, ce moment singulier où se croisent les courbes statistiques des populations d'origine italienne et marocaine me fait surtout penser que ces deux 'communautés' ont partagé bien des choses dans leur histoire. C'est une belle occasion pour moi de dire combien ont été importantes les rencontres entre Belges, Italiens et Marocains à Liège et en Wallonie. On pourrait en parler longuement en ce qui concerne le combat syndical. Les Italiens étant les premiers à qui la Belgique a fait appel après-guerre, ils ont ouvert de nombreuses portes aux travailleurs étrangers qui leur ont succédé.
J'ai personnellement un souvenir fort précis de mes contacts avec l'immigration italienne. J'ai eu la chance de pronconcer l'an dernier un discours d'hommage à l'immigration italienne lors d'une séance thématique du Conseil provincial de Liège à l'occasion des 60 ans de l'accord bilatéral belgo-italien de 1946. Pas plus tard que dimanche passé sur le marché de la Batte, j'ai été chaleureusement interpellé en italien par un militant qui croyait reconnaître en moi un Buscetta napolitain.
En réalité, dès mon plus jeune âge, dès l'école communale, j'ai été bercé dans ce creuset interculturel liégeois où les Italiens étaient fort nombreux. Du fonds des années septante, je garde en mémoire l'image de la maman de mon camarade de classe Vito expliquant à ma mère un mercredi après-midi après l'école, et dans un sabir auquel seul les immigrés peuvent donner sens, le secret de la confection artisanale des pâtes. De mes humanités, je garde une amitié intacte pour mon ami Gianni. Je me suis retrouvé plus tard à la tête d'un club de volley-ball après avoir été initié par mon ami Ignazio (dit Noutcho) à toutes les subtilités du rôle de responsable d'un club sportif. Et je n'en dirai pas plus sur le rôle importantissime de mon actuel patron et ami Marco qui, dès 1993, a contribué décisivement à ce que j'embrasse la carrière de chercheur à l'université.
Engagé aujourd'hui en politique, j'ai l'immense bonheur de figurer sur une liste qui compte des candidats Belges dont les parents italiens furent un jour accueilli à 'bras ouverts' par la Belgique. C'est le cas notamment de Christie Morreale et de Marc Tarabella. J'ai une sympathie profonde pour le travail qu'ils effectuent et j'espère qu'ils réaliseront un beau résultat le 10 juin prochain. Ceci dit, comme le montre cette photo que je viens de recevoir dans ma boîte email, il est des circonstances où les rapprochements interculturels peuvent être fort surprenants... (2)

(1) Ces données sont présentées sur son site Internet: www.npdata.be
(2) Vous reconnaîtrez à l'image mon ami Alain Declerck, un artiste liégeois qui oeuvre non seulement au rapprochement interculturel mais à la paix dans le monde. Son oeuvre d'art 'La Porte de la Paix' en faveur de la paix entre Israéliens et Palestiniens sera inaugurée au Rond Point Schuman le 4 juin prochain. Soyez nombreux à soutenir son appel en cliquant ici
