20 octobre 2008

L'homme et la ville: l'urbanisme à Liège de 1950 à 1973


Cela fait un moment que je n'ai plus eu l'occasion de poster de billet sur ce blog. C'est probablement déjà l'un des effets collatéraux de Facebook. Je l'avoue volontiers: Facebook me prend l'essentiel du temps libre derrière l'ordinateur que je parviens à dégager.

Ceci étant, je trouvais absolument nécessaire de dire un petit mot ici pour une initiative remarquable de l'asbl "Homme et Ville". C'est le genre de petites perles, dont on éprouve un réel plaisir à la découverte.

C'est une exposition en ligne qui propose de brosser en textes et en images ces années charnières pour la ville de Liège qui sont celles qui vont de 1950 à 1973. Loin de chercher à offrir un bilan ou un essai de synthèse, cette expo est comme un regard jeté dans le rétroviseur. A l'heure, où nous sommes engagés dans une réflexion sur de nouveaux grands chantiers (Médiacité, Droixhe, Esplanade de la Gare des Guillemins, Grand Curtius, Emulation, etc), il n'est pas inutile de mieux comprendre ce que nous plaçons comme identité dans la brique, voire même tout ce que nous plaçons comme brique dans notre identité.

Bonne découverte !

Cliquez ici ou sur le logo en haut

11 septembre 2008

Nouveautés sur mon blog et mon site















Un petit message pour vous signaler quelques mises à jour sur mon site et mon blog. La principale concerne l'agenda. Sous l'onglet Agenda du site www.bousetta.be, vous avez dorénavant la possibilité de consulter le planning de mes activités politiques. Grâce à une fonctionnalité de Gmail, mon agenda est en permanence disponible sur le Net. Vous y trouverez l'ensemble des événements publics auxquels je suis convié en tant que conseiller communal et au cours desquels vous avez une grande chance de me croiser.

Le blog connait également quelques petites améliorations puisque j'y ai installé une radio via Deezer. Vous l'entendez déjà certainement au moment de lire ces quelques lignes. Vous aurez également remarqué que j'ai inséré à la fois sur le blog et le site Bousetta.be les widgets du Soir et celui des actualités du PS. Il s'agit de deux petits programmes graphiquement assez jolis et qui, me semble-t-il, se fondent plutôt bien dans le décor général de mes deux pages. Ils ont surtout l'avantage de donner accès en temps réel aux principaux titres du Soir et aux communiqués et brèves du PS.

Enfin, je signale à ceux qui l'ignorent que je souffre depuis environ un an d'une assuétude qui porte le nom de Facebook. Ceux qui sont frappés par la même "pathologie" savent déjà que j'ai une activité assez régulière à l'intérieur de ce réseau. Avis à ceux qui voudraient nous rejoindre....

N'hésitez pas à me faire part de vos remarques ou suggestions concernant ce blog et le site Bousetta.be.

31 août 2008

Borzée bientôt aan zee, selon RTL

Le JT de 19h de la chaîne RTL de ce samedi 30 août présentait un petit sujet sur les Rencontres d'été du parti Ecolo qui avait lieu comme chaque année à Borzée. Jusque là, on savait que c'était un coin bien planqué, une sorte de camp de vacance perdu au fin fond de la Wallonie. Mais là, RTL se fait fort de nous le retrouver et fait effectivement très fort.

Regardez bien l'illustration graphique qui précède ce sujet du JT. Ça vaut le détour. Borzée y est renseigné dans le Limbourg, à deux pas de Hasselt ! Probablement un effet du dérèglement du climat ... médiatique .... du côté de l'avenue Georgin. A ce rythme là, Borzée sera bientôt en bord de mer. Borzée aan zee quoi!

Pour voir l'image, cliquez ici.

23 août 2008

Joe Biden

Fin du sondage et des pronostics. Barack Obama a cette nuit choisi Joe Biden comme candidat vice-président. Bravo à Philip Herman qui s'est mouillé et avait visé juste (voir son commentaire du billet précédent). Bravo aussi à François Gemenne qui avait shortlisté Biden et qui va au delà en se mouillant un peu plus en anticipant sur ses qualités d'homme de campagne. A voir...

Personnellement, mais j'avoue volontiers être très mauvais pronostiqueur, j'attendais plutôt Evan Bayh, qui aurait eu le mérite de rassurer les partisans du camp Clinton.

Par ce choix, Barack Obama perd en crédibilité mais gagne en réalisme. Joe Biden, sénateur du Delaware, est en effet l'archétype du politicien et de la politique qui se fait à Washington et que Barack dénonce depuis le début de sa campagne. Il a aussi été un partisan de la guerre en Irak, ce qui est aussi en contradiction avec l'un des messages les plus forts de la campagne d'Obama.

Ci-dessous son premier message vidéo en tant que co-listier d'Obama

18 août 2008

Our moment is now !

Dans quelques jours, Barack Obama va naturellement recevoir l'investiture du Parti Démocrate dans la course à l'élection présidentielle américaine. Quelques jours auparavant, probablement dans le courant de cette semaine, le sénateur de l'Illinois devrait procéder à la désignation d'un-e candidat-e vice-président-e. Comme il l'a suffisamment répété lui-même, il s'agit là d'une des décisions les plus importantes que le candidat devra prendre avant l'élection.

Plusieurs candidats sont en lice. D''après tous les observateurs, il faut retenir les noms de Evan Bayh, Joe Biden, Hillary Rodham Clinton, Tim Kayne et Bill Richardson. Pour le plaisir d'accompagner cette élection historique, je vous propose un petit sondage (voir fenêtre en haut à droite). Pour vous aider à faire votre choix, je vous propose ci-dessous une petite présentation de chacun-e de ces candidats potentiels.

Soyez-nombreux à tester vos talents de pronostiqueurs !

Evan Bayh, sénateur de l'Indiana, ancien gouverneur







Joe Biden, sénateur du Delaware







Hillary Rodham Clinton, sénatrice de New York







Tim Kaine, gouverneur de Virginie







Bill Richardson, gouverneur du Nouveau Mexique






Autre ?







11 juin 2008

Groupe de réflexion "Evidence de la gauche"













Avec quelques amis, je suis actif depuis près d'un an au sein d'un collectif liégeois de citoyens engagés qui s'est donné pour nom "Evidence de la gauche".

Le groupe a produit une carte blanche et un texte d'analyse un peu plus long. Ces deux textes sont disponibles et consultables en ligne sur le blog du collectif (cliquez ici)

Je vous invite à lire ces textes et, pourquoi pas, à venir nous rejoindre pour une discussion ouverte autour de l'enjeu de la redynamisation de la gauche ce samedi 14 juin 2008 de 9.30 à 12.30 à la FGTB, Place Saint Paul 9-11, à 4000 Liège.

04 juin 2008

Yes we can !














3h00 précises (GMT+2). CNN l'annonce. Barack Obama sera le candidat du Parti Démocrate à l'élection présidentielle américaine. Il a rassemblé ce soir derrière sa candidature les 2118 délégués nécessaires pour recevoir l'investiture du Parti Démocrate lors de la Convention qui se tiendra du 25 au 28 août prochain à Denver (Colorado).

Ce résultat tout à fait exceptionnel est la victoire de l'éloquence et de l'élégance, du mérite et du talent.

Inutile de dire que cette victoire me touche particulièrement. D'abord et avant tout par sa symbolique; probablement moins par le contenu des propositions précises du programme des deux candidats démocrates.

Deux siècles exactement après l'abolition de la 'traite négrière' par Thomas Jefferson, voir un fils du mouvement des droits civiques émerger dans la dernière ligne droite d'une présidentielle américaine est une idée qui m'a toujours parue invraissemblable. Et pourtant, nous y sommes. Cette nouvelle est porteuse d'espoir pour tous les oubliés de l'Amérique, selon la formule du Professeur William Julius Wilson. Elle est aussi porteuse d'espoir pour tous les minorisés dans le monde. Après avoir symbolisé le contre-exemple de la responsabilité globale pendant huit longues années, l'Amérique nous redonne des raisons d'y croire.

Du 4 juin au 4 novembre, la route est encore longue qui mène à la Maison Blanche. Dès ce soir, le candidat républicain a concentré toutes ses charges contre le Sénateur de l'Illinois tout en saluant la vivacité de sa campagne. Comme toujours, la bagarre s'annonce féroce et impitoyable. Pour les démocrates, la victoire ne pourra passer que par le dépassement des divisions profondes qui se sont crystalisées autour de ses deux candidats durant les primaires.

Dans ce nouveau chapitre qui s'ouvre au cours duquel la question de la guerre en Irak sera omniprésente, on ne pourra pas dénier à Obama la clarté de sa ligne politique sur le sujet. Obama pourra continuer à montrer qu'il est plus avisé de conquérir les coeurs et les esprits que de laisser l'Oncle Sam s'enfoncer pitoyablement dans cette aventure militaire au Moyen Orient qu'il aurait été bien inspiré de ne jamais entamer.

29 avril 2008

Clauses sociales et environnementales dans les marchés publics

A l'occasion du Conseil communal de la ville de Liège d'hier soir (28 avril 2008), j'ai interpellée le collège communal sur l'opportunité d'introduire des clauses sociales et environnementales dans l'exécution des marchés publics. Voici le texte de mon intervention:

Monsieur le bourgmestre,
Madame et Messieurs les membres du collège,

Depuis le début de la législature, le collège a soumis pas loin de 2000 points à l’approbation du conseil communal. Une proportion très appréciable d’entre eux concernait la passation de marchés publics de travaux, de fournitures et de services. Cela témoigne de l’importance de la commande publique dans l’organisation de la vie politique, économique et sociale de la commune.

Comme vous le savez, les évolutions de la législation sur les marchés publics de ces dernières années permettent d’actionner la procédure dite des clauses sociales et environnementales en vue de rencontrer des objectifs d’emploi, de formation professionnelle et de protection de l’environnement. Mieux : elles permettent de faciliter la prise en compte des préoccupations environnementales de manière sociale.

L’Europe, le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux se sont engagés à des degrés divers dans l’application de ces clauses. Au niveau de la Région wallonne, des clauses sociales sont intégrées dans certains marchés publics à titre expérimental depuis 1996 et de façon plus générale depuis 1999. D’autres communes wallonnes se sont avancées également dans la mise en œuvre de ces clauses, notamment pour bénéficier d’une intervention plus favorable de la Région dans le cadre de la réalisation de travaux subsidiés.

L’inclusion d’une clause sociale dans les critères d’exécution d’un marché public peut à titre d’exemple permettre de promouvoir la formation professionnelle de jeunes tout en stimulant le secteur de l’économie sociale. L’efficacité de la mesure semble relativement bonne. Près de 50% des stagiaires qui ont bénéficié d’une formation par le biais des clauses sociales trouveraient in fine un emploi stable en entreprise.

Considérant l’importance des enjeux sociaux et environnementaux auxquels nous faisons face, je souhaite interroger le collège afin qu’il puisse nous communiquer l’état de sa réflexion concernant l’introduction de clauses sociales et environnementales dans les marchés publics.

Monsieur le bourgmestre,
Madame et Messieurs les membres du collège,

  1. Je voudrais savoir si le collège communal a par le passé recouru à cette procédure et dans quelles circonstances ?
  2. Le cas échéant, quelle est l’évaluation qui en a été faite ? Quelles sont les éventuelles difficultés liées à la mise en œuvre d’une telle démarche ?
  3. Le collège communal envisage-t-il de recourir à l’avenir à l’introduction de clauses sociales et environnementales pour certains marchés de travaux, de fournitures ou de services ?
  4. Le collège partage-t-il le point de vue selon lequel cette mesure pourrait contribuer à répondre aux défis de l’emploi, notamment des jeunes des quartiers populaires, de la protection de l’environnement, voire aux deux objectifs simultanément ? En d’autres mots, la généralisation de clauses sociales et environnementales dans les marchés publics de la ville ne pourrait-elle pas contribuer à orienter sa politique de promotion de l’emploi et de la formation auprès de groupes cibles au sein de la population liégeoise ?
Je vous proposerai sous peu un résumé de la réponse du bourgmestre au nom du collège communal.

16 avril 2008

Le nouveau vocabulaire politique en quatre temps

A Lire dans La Meuse et les journaux du groupe Sud Presse, "Bousetta, le presque secrétaire d'état!", Mercredi 16 avril 2008, pg 17

01 avril 2008

Dangers nucléaires: la ville de Liège bouge !

Comme je vous l'indiquais dans mon dernier post, j'ai récemment effectué une mission au Kirgizstan pour étudier l'impact de la pollution nucléaire sur les migrations. A mon retour, je n'ai pas manqué de sensibiliser le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, sur le sujet. Interpellé par les dangers du nucléaire civil et militaire, il a immédiatement décidé d'agir par le biais de la sensibilisation. Avec l'appui de la céllule communication de la ville, un petit film a été réalisé qui propose quelques conseils simples de prévention.

Cliquez sur l'image pour visionner le film

26 mars 2008

Expérience originale au Kirghizstan

Le 5 mars dernier, j'organisais dans le cadre de la campagne des Artisans du Progrès du PS un atelier sur le développement durable intitulé "Planète urbaine, planète humaine". Il fut brillament animé par Jean Cornil et s'inscrivait, par le public qu'il a draîné, dans une démarche proche de celle de l'éducation populaire. Sur un plan plus personnel, ce fut aussi un moment intéressant dans ma démarche politique qui, de plus en plus, me conduit à approfondir une réflexion sur l'enjeu des inégalités environnementales.







Quelques jours plus tard, du 8 au 12 mars dernier, j'ai eu l'occasion de participer, sur un plan professionnel cette fois, à un séminaire à Bishkek, capitale du Kirghizstan, ainsi qu'à une mission de terrain dans la vallée de la Ferghana. Cela me donnait, en quelque sorte, l'occasion de passer sans désemparer de la théorie à la pratique, du politique à l'académique.

Ce déplacement s'inscrivait dans le cadre du projet Each-For, un projet coordonné à l'université de Liège par mon collègue François Gemenne. Sur place, notre mission consistait à étudier les relations entre dégradation de l'environnement et migrations. Pour découvrir quelques images des scènes proprement saisissantes dont nous avons été les témoins, je vous invite à consulter la série de pastilles vidéos réalisées par les deux journalistes-bloggers qui nous accompagnaient dans cette mission, Tristan Mendès-France et Alban Fischer. >> Cliquez ici

Voir aussi ceci sur le site de l'Université de Liège >> Cliquez

13 février 2008

Je ne suis pas raciste, mais...










Je vous signale la parution d'un ouvrage que j'ai co-rédigé avec Malika Madi et intitulé "Je ne suis pas raciste, mais...".

Il est à présent disponible à la vente dans toutes les bonnes librairies pour le prix de 14 Euros (Editions Luc Pire, 2008)

Découvrez cette nouvelle publication et le projet pédagogique qui l'accompagne en visitant le site qui leur est consacré: Cliquez ici

18 janvier 2008

Les nouveaux Belges en balance

Le Vif/L'Express de ce vendredi 18 janvier propose une interview basée sur le texte que j'avais posté ici même le 16 décembre dernier. Pour lire ou relire ce texte, cliquez ici

03 janvier 2008

Heureuse année 2008 et 1429 !

A l'occasion du double nouvel an, grégorien (2008) et hégirien (1429), je vous adresse mes meilleurs voeux ainsi qu'à vos familles et vos proches. Que cette année nouvelle vous apporte ce qu'il y a de plus simple: le meilleur!

En guise de cadeau, je vous livre, en lien Internet, une carte animée de l'histoire du Moyen Orient qui vous fera parcourir 5000 ans d'histoire en 90 secondes.

Cliquez ici ou sur l'image









Traduction
:
Histoire impériale du Moyen Orient
Qui a conquis le Moyen Orien au cours de l'histoire mondiale?
Parcourez 5.000 ans d'histoire en 90 secondes
Play >> Créé par Maps-of-War





16 décembre 2007

Un nouveau point de vue belge ? Le point de vue d’un « nouveau Belge »

Mariage forcé, crispations identitaires, communautarisme, machisme, voilà des qualifications qui, en ces moments incertains que vit le pays, en viennent avec une certaine hardiesse à se détourner de leur destination initiale. Les discussions sur les tensions communautaires autour de la formation du gouvernement ont saturé l’espace médiatique mais on a finalement appris peu de choses sur la manière dont les étrangers et les personnes d’origine étrangère, habituellement visés par les problématiques précitées, vivent cette situation. Les « nouveaux belges » ont-ils un nouveau point de vue belge à faire valoir ? Sont-ils à l’instar de la minorité germanophone les derniers Belges, tel que cela a pu être avancé à l’occasion, ou s’alignent-ils sur les positions des communautés qui les ont historiquement reçus ? Pourquoi sont-ils si peu audibles sur les questions communautaires belges ? Pour intéressantes qu’elles soient, la réponse à ces questions est rendue malaisée par l’hétérogénéité des groupes concernés, les spécificités de leurs trajectoires et la diversité de leur vécu. Elle ne sera pas facilitée non plus par la disparition des visages symbolisant la diversité au sein du gouvernement Verhofstadt III.

Et pourtant, ces 15% de la population qui ont une expérience particulièrement intime des problèmes d’identité, de diversité linguistique et de cohabitation interculturelle, ne sont pas moins concernés que leurs concitoyens par la crise gouvernementale des derniers mois et l’enjeu de l’avenir du pays. On peut même avancer sans grand risque de se tromper que, vu leur poids à Bruxelles et la centralité de cette région dans les débats sur l’avenir du pays, ils seront concernés au premier chef par l’évolution de l’architecture fédérale que pourrait générer de nouvelles réformes institutionnelles. En aucun cas, les scénarios de réformes de l’état qui résulteront du rapport de force entre Francophones et Néerlandophones ne seront neutres pour cette partie de la population.

Trois réflexions particulières peuvent être avancées pour tenter d’articuler immigration et fédéralisme à la belge. Premièrement, il faut rappeler que les nouveaux Belges, comme les nouveaux arrivants, sont sans cesse sommés de s’intégrer. Mais de plus en plus, on est en droit de se poser la question : à quoi ? Quelles sont les contours de notre identité en tant qu’habitants de l’espace Belgique? Et à quelle communauté de citoyens appartenons-nous ? Opter pour la nationalité Belge est un choix que les étrangers sont de plus en plus nombreux à faire. S’identifier à leur ville est une démarche qu’ils pratiquent quotidiennement. Entrer en revanche dans une logique de sous-nationalités sous-tendues par des idéologies nationalistes exclusives n’est pas prêt de les enthousiasmer. Et comment pourrait-il en être autrement ? A l’heure où certains souhaitent la fin de la Belgique, il y a une vérité sur l’histoire de ce pays qu’il est bon de rappeler : être Belge, et être reconnu comme tel par les autres, a été, et reste pour beaucoup, un combat de tous les jours.

Deuxièmement, on peut anticiper qu’une réforme de l’état qui toucherait par exemple à la sécurité sociale, bien qu’en principe neutre sur le plan de la réalité multiculturelle, pourrait avoir des effets immédiats sur ces groupes. On sait que moins de solidarité interpersonnelle conduirait à des difficultés sociales à Bruxelles et en Wallonie, on ne rappelle pas suffisamment qu’elle est une catastrophe annoncée pour les nouveaux Belges et les migrants compte tenu du fait qu’une partie importante de la population immigrée vit déjà dans la pauvreté et que certains sont même en voie de quart-mondisation. Au Nord du pays, la situation sociale de l’immigration est également mauvaise, mais la question qui vient immédiatement à l’esprit si on évoque une réforme profonde de l’état est celle de savoir si elle pourrait être de nature à amener la Flandre à se montrer plus accueillante par rapport à la diversité culturelle. Dans l’état actuel des choses, rien ne permet de le supposer. L’isolement et la grande solitude des progressistes et autres multiculturalistes flamands que mon ex-collègue, la parlementaire Groen Tinne Vanderstraeten, a symbolisé lors de son abstention en commission de l’intérieur de la Chambre sur le vote de la scission de BHV en est une illustration annonciatrice.

Troisièmement, Bruxelles et sa périphérie restent plus que jamais le nœud de toute discussion sur l’avenir du pays. A elle seule, elle accueille un tiers des non-Belges du pays et plus d’un tiers de la population bruxelloise a des racines familiales non Belges. Il se trouve que la génération actuelle des décideurs politiques francophones prend pour acquis que la population d’origine étrangère est adossée aux intérêts bruxellois francophones. Or, si cela est vrai aujourd’hui, personne ne peut garantir qu’il en sera encore ainsi demain ? Tous les jeunes bruxellois, d’origine étrangère ou non, qui aujourd’hui considèrent que donner la meilleure éducation et les meilleures opportunités à leurs enfants passe par le réseau des écoles flamandes ne préparent-ils pas des ruptures d’équilibres linguistiques pour demain ? L’exemple de Montréal, et notamment de la loi 101 qui impose l’enseignement du français aux enfants de nouveaux arrivants, indique clairement que les équilibres linguistiques des grandes villes ne sont pas des réalités immuables. D’une ville dominée par la langue et la culture des élites anglophones dans les années 70, Montréal est aujourd’hui redevenue une ville majoritairement francophone, tout comme Bruxelles pourrait re-devenir plus flamande si les zinneke que nous produisons aujourd’hui dans les écoles flamandes à Bruxelles y trouvent davantage leur compte. Nous pourrions fort bien nous retrouver face à une génération de personnes qui se positionnerait de manière plus instrumentale qu’identitaire. Si on ajoute à cela, l’investissement flamand à Bruxelles, notamment dans le secteur associatif immigré, et l’émigration vers les communes wallonnes que l’on constate déjà aujourd’hui parmi les Bruxellois les moins armés culturellement et linguistiquement, parmi les paupérisés, les exclus du marché du travail et les mal logés, alors non seulement l’équilibre linguistique pourrait évoluer au détriment des Francophones mais aussi renforcer l’ambition de certains milieux flamands de faire progressivement main basse sur Bruxelles. S’ils veulent éviter ce scénario, les Francophones seraient bien inspirés de développer à Bruxelles une politique de la langue française articulée aux politiques de l’enseignement, de l’emploi et du logement.

La place de Bruxelles dans les scénarios de réforme de l’état évoqués en Flandre depuis 1999 ne pose pas moins de difficultés par rapport à l’immigration. Les résolutions du parlement flamand sur le fédéralisme 2+2 en lieu et place du 3+3 actuel où Bruxelles serait co-gérée par la Flandre et la Wallonie n’ont que très peu de sens pour répondre aux enjeux de coexistence interculturelle à Bruxelles. La création de la Région de Bruxelles Capitale en 1989 a progressivement permis aux Bruxellois de développer des instruments pour répondre à ces réalités. Les institutions bruxelloises ont progressivement appris à gérer ces questions dans la proximité, notamment suite aux émeutes urbaines de 1991, 1993 et 1997. On voit mal des responsables wallons et flamands solutionner demain ces questions depuis Namur ou Lanaken. Qui mieux en effet que les Bruxellois eux-mêmes peuvent gérer ce genre de tensions autour d’une jeunesse qui se sent différente et mal aimée ? L’idée parfois évoquée d’une fusion de 19 communes à une dizaine pose également question. En effet, cette hypothèse réduirait drastiquement le nombre d’élus que ces populations ont fait émerger dans les conseils communaux et qui tentent, vaille que vaille, de relayer les préoccupations de ses mandants. Enfin, et sans que ceci ne soit nécessairement en lien direct avec la réforme de l’état, si on considère que les nouveaux Belges doivent, en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre, être partie prenante à la résolution des problèmes et difficultés de cohabitation, on pourrait aussi ajouter que toute réforme du mode de scrutin qui toucherait au vote préférentiel serait néfaste parce qu’elle amoindrirait leur poids politique à tous les niveaux de pouvoir.

L’immigration est un phénomène essentiellement urbain. Nos villes n’ont pas encore su digérer cet enjeu majeur que d’autres enjeux plus fondamentaux encore s’annoncent. En effet, vu l’urgence environnementale, de plus en plus de personnes vivront demain dans les villes. Or, la focalisation actuelle de nos débats sur le communautaire occulte ce grand chantier de l’avenir qui est précisément celui d’aménager des villes plurielles et durables. La qualité de vie en ville et la qualité de la coexistence interculturelle dépendra de plus en plus des politiques menées pour répondre aux besoins des grandes villes. Et de ce point de vue, les enjeux ne divergent pas fondamentalement entre Anvers, Gand, Liège et Charleroi. Seule Bruxelles fait exception par l’acuité des contrastes qu’elle abrite et par sa structure de ville Région. Or, la tendance à vouloir tout régionaliser dès lors qu’une difficulté apparaît dans un dossier fédéral amoindrit le poids politique des élites politiques des grandes villes au détriment de celles des villes petites et moyennes. Qui peut penser qu’on va améliorer nos approches politiques des grands centres urbains en Wallonie et en Flandre en dévoluant davantage de compétences ? Régionaliser les éléments de politique de la ville qui sont en place aujourd’hui est une fausse bonne idée. C’est, au contraire, à travers une politique fédérale de la ville renforcée que les grandes villes wallonnes et flamandes devraient pouvoir mieux collaborer entre elles, et avec Bruxelles, tout en faisant mieux valoir leurs spécificités par rapport aux autres échelons de pouvoir. De la sorte, on se donnerait certainement de meilleures chances d'anticiper les enjeux de cohabitation interculturelle de demain et peut-être aussi de faire émerger un point de vue moins crispé sur l'institutionnel.

Hassan Bousetta
Chercheur qualifié FNRS à l’Université de Liège
Conseiller communal PS à Liège

07 décembre 2007

Investir dans le capital humain… sans discrimination… est un choix économiquement rationnel et socialement responsable

La Télévision locale RTC a diffusé ce jeudi 6 décembre un reportage intitulé « Patrons liégeois : la conjoncture est bonne !» (1)

La Fédération européenne des chambres de commerce et d’industrie y exprime sa satisfaction concernant le climat de confiance qui règne au sein des entreprises de la région. Elle exprime également ses difficultés à recruter des travailleurs qualifiés et annonce même des pénuries de main d’œuvre.

Conseiller communal à Liège depuis un an, je constate qu’il ne se passe pas une semaine sans que je sois interpellé par des Liégeois-e-s, et particulièrement par des Liégeois-e-s d’origine étrangère, à la recherche d’un emploi. En un an, j’ai rencontré des secrétaires, des comptables, des employés administratifs, des ouvriers, qualifiés ou non, des travailleurs sociaux, un géomètre, un ingénieur en hydrologie et même un docteur en sciences, tous plus désespérés les uns que les autres de ne pas trouver d’emploi correspondant à leur formation.

En tant que conseiller communal de la ville de Liège, je me réjouis de constater que de nouvelles perspectives économiques s’ouvrent aux entrepreneurs liégeois. Toutefois, je crois qu'il faut attirer l’attention du monde économique sur le sentiment qu’éprouvent un nombre croissant de nos concitoyens d’être tenus à l’écart du marché du travail en raison de leurs origines.

En 1997, le Bureau International du Travail avait démontré que la Wallonie affichait un taux de discrimination à l’embauche de 27%. Dix ans plus tard, rien ne permet d’affirmer que les choses se soient améliorées.

La plaie de la discrimination menace non seulement la cohésion de nos villes mais fragilisera inévitablement le développement équilibré de notre région à long-terme.

Investir dans le capital humain sans discrimination est un choix économiquement rationnel, socialement responsable, et dans tous les cas moins coûteux pour la collectivité que de recourir demain à de nouvelles immigrations d’appoint pour satisfaire des besoins de main d’œuvre conjoncturels.

Hassan Bousetta
Conseiller communal à Liège
Groupe PS

(1) Pour visionner le reportage, cliquez ici.

12 novembre 2007

Bravo à Résitances et au Front Anti-fasciste !










Le 10 août dernier, j'étais l'un des premiers à alerter sur ce blog de l'ouverture à Liège d'une librairie proche des milieux d'extrême-droite.

J'avais alors promis de revenir sur le sujet et je me permets donc aujourd'hui de procéder à une mise à jour concernant ce dossier.

Avant d'alerter mes amis, les médias, et certains acteurs du monde politique liégeois, ma première réaction avait été de me rendre sur place pour faire un constat de visu. Bilan: aucun doute n'est permis pour qui veut percer l'écran de fumée que cette librairie entretient en se présentant innocemment comme anti-conformiste. Le contenu de la littérature qui est diffusée par la libraire Primatice est clairement positionné à l'extrême-droite. Aucun doute possible non plus sur l'idéologie des promoteurs de cette librairie comme l'a révélé le site Résistances dans un article remarquablement documenté (lire ici).

Pour autant, les initiatives politiques et juridiques qu'il est possible de prendre face à ce genre de situations ne sont pas aussi évidentes qu'il n'y parait. Comme cela s'est passé en France à l'initiative de l'Union des Etudiants Juifs, il s'agirait ici, pour bien faire, de saisir des ouvrages dans l'endroit incriminé et de parvenir à prouver qu'ils tombent sous le coup de la loi sur le racisme ou le négationisme. Or, ce n'est pas si évident que cela.

En tant que nouvel élu communal, je n'ai pas attendu pour faire remonter l'information en direction du collège communal afin d'envisager les actions qu'il était possible d'entreprendre. Je ne vous cache pas que l'un de mes premiers soucis concernait la très grande population scolaire fréquentant le quartier. A la veille de la rentrée scolaire, mon objectif était de protéger les élèves des écoles alentours contre le genre d'idées haineuses propagées sournoisement par cette librairie.

A ma demande, l'échevin de l'instruction publique a immédiatement réagi et a pris l'initiative d'aborder la question en conférence des directeurs d'écoles de la ville pour alerter la communauté éducative. Sur mon intervention, le bourgmestre s'était également engagé à intervenir auprès de la propriétaire des lieux.

Ce 9 novembre, à l'occasion de la commémoration de la nuit de cristal, le Front Antifasciste de Liège a pris l'initiative d'organiser un rassemblement devant la librairie Primatice. Cette action a eu le très grand mérite d'alerter l'opinion de manière plus large encore. Le FAF a également décidé de mener une action en direction du conseil communal.

Je ne puis que me réjouir de ce que la société civile contribue à mettre la pression sur ce lieu borgne situé à l'angle des rues Velbruck et Hors-Château. Mais vu la stratégie de "normalisation par la loi" (voir ici) adoptée par Philippe Randa, le promoteur de ce lieu, j'ignore s'il existe, du point de vue de l'autorité communale, un moyen efficace lui permettant, techniquement, d'empêcher la création de ce genre de commerces dès lors que ceux-ci prennent bien soin de ne pas tomber sous le coup du droit commun d'une part, des lois anti-racisme et anti-négationisme, d'autre part.

J'espère que ce sera l'objet d'un débat utile, entre démocrates, lors du prochain Conseil communal du 19 novembre...