04 juin 2008

Yes we can !














3h00 précises (GMT+2). CNN l'annonce. Barack Obama sera le candidat du Parti Démocrate à l'élection présidentielle américaine. Il a rassemblé ce soir derrière sa candidature les 2118 délégués nécessaires pour recevoir l'investiture du Parti Démocrate lors de la Convention qui se tiendra du 25 au 28 août prochain à Denver (Colorado).

Ce résultat tout à fait exceptionnel est la victoire de l'éloquence et de l'élégance, du mérite et du talent.

Inutile de dire que cette victoire me touche particulièrement. D'abord et avant tout par sa symbolique; probablement moins par le contenu des propositions précises du programme des deux candidats démocrates.

Deux siècles exactement après l'abolition de la 'traite négrière' par Thomas Jefferson, voir un fils du mouvement des droits civiques émerger dans la dernière ligne droite d'une présidentielle américaine est une idée qui m'a toujours parue invraissemblable. Et pourtant, nous y sommes. Cette nouvelle est porteuse d'espoir pour tous les oubliés de l'Amérique, selon la formule du Professeur William Julius Wilson. Elle est aussi porteuse d'espoir pour tous les minorisés dans le monde. Après avoir symbolisé le contre-exemple de la responsabilité globale pendant huit longues années, l'Amérique nous redonne des raisons d'y croire.

Du 4 juin au 4 novembre, la route est encore longue qui mène à la Maison Blanche. Dès ce soir, le candidat républicain a concentré toutes ses charges contre le Sénateur de l'Illinois tout en saluant la vivacité de sa campagne. Comme toujours, la bagarre s'annonce féroce et impitoyable. Pour les démocrates, la victoire ne pourra passer que par le dépassement des divisions profondes qui se sont crystalisées autour de ses deux candidats durant les primaires.

Dans ce nouveau chapitre qui s'ouvre au cours duquel la question de la guerre en Irak sera omniprésente, on ne pourra pas dénier à Obama la clarté de sa ligne politique sur le sujet. Obama pourra continuer à montrer qu'il est plus avisé de conquérir les coeurs et les esprits que de laisser l'Oncle Sam s'enfoncer pitoyablement dans cette aventure militaire au Moyen Orient qu'il aurait été bien inspiré de ne jamais entamer.

Aucun commentaire: